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obsessions

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Déterritorialisation incessante comme mode de vie créatif, défis permanents, tout en étant incapable de quitter ses obsessions. Mes obsessions : le corps, les miroirs, les illusions, le progrès, les images, les mots, l’enfance, où on va et où on est. Qui on est et dans quel monde. D’où l’on vient et d’où l’on part. Et par-dessus tout cela, en priorité : l’exclusion sous toutes ses formes et ce que cela renvoie, cette violence (que le mot « inclusion » soit une gourmandise politique ces temps-ci me révolte, tant c’est l’exclusion qui prime, actuellement, partout…). Chacune de ces images ci-dessous illustre parfaitement chacune de mes parutions à venir qui vont s’étaler sur toute l’année prochaine, et dont je suis heureuse bien que je ne puisse présumer de leur qualité, mauvaise juge que je suis de moi-même, mais parce que dans tout leur éclectisme elles forment un portrait fidèle de ces obsessions-là. Ciseler ses obsessions, les creuser, les faire exploser ou les polir, c’est peut-être ce que fait incessamment tout·e écrivain·e. A la fin, elles ne seront peut-être plus qu’une petite pierre toute noire et lisse.

 

intime-extime

féminisme

 

tropisme

 

transhumanisme

 

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mes dernières lectures #105

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Me revoici, avec mes 3 dernières (bonnes) lectures !

D’abord merci à Vincent Villeminot pour m’avoir offert son roman Fais de moi la colère, qui est une véritable réussite.

J’aime les romans qui prennent des allures de fables et celui-ci réussit l’exercice à merveille, sans perdre pied avec le réel, et ce dans un style ciselé et envoutant. C’est tout autant politique que poétique et très sensuel. Bien sûr, quand on a co-écrit U4 avec l’auteur en question, on ne peut pas s’empêcher d’y voir des similitudes. Stéphane serait une petite soeur d’Ismaëlle (ou l’inverse, peu importe), et j’ai trouvé cela très touchant, d’autant plus touchant que Vincent est allé là aussi loin qu’il en avait envie, puisque son public pouvait aller plus loin avec lui. Aussi, bien sûr, j’ai adoré Ismaëlle et son réalisme tout sensuel. Elle est d’une importance capitale dans ce récit, en y apportant la part terrienne et viscérale qui lui aurait manqué. Ezechiel est, lui, à la fois vaporeux, liquide et donc insaisissable ; il est le fils de trop d’atrocités pour admettre d’exister. Les mots sont son défouloir, dans des monologues d’un lyrisme brut, et seule la capture du monstre, métaphore du mal qui multiplie les cadavres dans le lac et ronge le monde, lui offrirait une rédemption ou au moins une consolation (en tout cas tout ceci est ma lecture). Je m’arrête là pour ne pas spoiler, j’ai juste envie de demander comme tous les fans d’U4 l’ont demandé pour Stéphane : mais bon sang de bonsoir, que va devenir Ismaëlle ? (oui, j’ai eu une lecture à la fois jeunesse et vieillesse de ce roman !). En tout cas, bravo et merci Vincent.

Juste avant, j’avais lu La Tresse de Laetitia Colombani.

 

Pendant tout le roman je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Trois femmes puissantes de Marie N’Diaye que j’avais beaucoup aimé. La tresse est un très bon roman que j’ai lu avec grand plaisir et intérêt mais j’ai sans doute été gênée par la comparaison avec cet autre roman que j’avais trouvé si puissant, si musical et d’une noirceur qui laisse filtrer la lumière comme un éclat de diamant. Comparer n’est sans doute pas une bonne chose. Lire La tresse, tout comme lire Trois femmes puissantes, c’est de toute façon ne pas perdre son temps.

En jeunesse, je suis (très) en retard mais j’ai enfin commencé Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, en tout cas le tome 1.

J’adore ! C’est stylé, ingénieux, inventif, malin. Rien à dire. A mettre entre toutes les mains ! (en revanche pourquoi, mais pourquoi les enfants héros sont-ils si moches sur cette couverture ?… Ca passe peut-être mieux avec la couverture d’origine :

)

A très vite, pour d’autres romans de la rentrée littéraire (et des plus vieux, aussi, puisque les livres vivent longtemps).

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Le Grand Saut, c’est maintenant !

Voilà, vous y êtes, c’était cette semaine ou ce sera la semaine prochaine, mais ça y est, pour beaucoup d’entre vous, après le bac, après les vacances, c’est LE Grand Saut loin de chez vos parents pour vivre le début de votre vie d’adulte, comme dans le tome 3 de ma trilogie !

Alors à qui ressemblez-vous le plus ?

A Iris, qui rêve de devenir écrivaine et qui entre en licence de lettres à la Sorbonne (enfin, au Centre Malesherbes plus exactement) ? (Iris va rencontrer un véritable écrivain célèbre, d’ailleurs ! Lequel ? Ahah, lisez pour savoir !)

A Marion, qui elle entre en maths sup à Paris, où l’intégration promet d’être difficile ? Mais peut-être y trouvera-t-elle aussi la confirmation de sa vocation ?

A Sam, qui entre en fac de droit à Assas, Paris, où il vivra un véritable éveil politique ?

A Rébecca, en licence arts et spectacle, également à Paris, mais aussi au Conservatoire du 11e arrondissement pour y apprendre la comédie ? Réalisera-t-elle son rêve de devenir comédienne ?

A Alex, qui se bat pour vivre normalement malgré son handicap, et qui lui entre en fac de maths à Marseille ?

Ou bien à Paul qui est aussi resté dans le sud et a choisi une voie différente des études, et plutôt surprenante ? Mais chut, pas de spoil !

Les quatre premiers vont aussi vivre l’expérience de la colocation, pas toujours facile, et l’adaptation à la vie dans la capitale, pas facile non plus quand on vient d’une petite ville.

Je pense à vous qui vivez des choses semblables chaque jour en ce mois de septembre (bon, certainement aussi parce que ma fille, ses amies, ses amis, ma nièce le vivent aussi en ce moment, Le Grand Saut – pour tous pour l’instant ça se passe très bien, merci !), mais je pense aussi à mes personnages exactement comme s’ils étaient en train de revivre ce que j’ai imaginé pour eux. Ils existent, et je vibre et frémis avec eux/avec vous.

Extrait, par les yeux d’Iris : «  Ici, tout était dense, bruyant, mouvant. Excitant. Les battements de son coeur accéléraient toujours lorsqu’elle déchiffrait les panneaux de signalisation. Elle avait encore du mal à maîtriser les lignes de métro : laquelle prendre, jusqu’où, avec quel ticket – ces histoires de zones voulaient certaiement dire quelque chose ! -, quand composter, où, et fallait-il garder son ticket avec soi ? La semaine précédente, elle était restée coincée devant un portillon qui ne s’ouvrait qu’avec un ticket. A Marseille, on n’en avait besoin qu’en cas de contrôle, mais pas pour sortir du métro ! Faustin venait de lui expliquer qu’avec un passe Navigo tout serait plus simple, mais tous autour d’elle semblaient savoir cela de façon innée, et se déplaçaient sans une hésitation.

Bientôt, je serai comme eux. »

 

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« Toute photographie est cette catastrophe »

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Fascination pour l’image, amour des photos… Depuis longtemps, je tourne autour…

Je lis ce genre d’ouvrages :

La chambre claire de Roland Barthes est l’un de mes essais préférés. Jugez plutôt, par l’exemple :

Quoi de plus bouleversant ? Le studium et le punctum, qui crée l’émotion…

J’ai souvent fait référence à cet ouvrage l’air de rien dans mes romans jeunesse. La référence la plus explicite se trouve dans Quatre filles et quatre garçons, et concerne une photo de Kertesz, photographe que j’adule, pour le dire simplement.

Ou bien ce genre d’ouvrage-là :

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L’image fantôme… Hervé Guibert y explora toutes les facettes de son rapport aux photographies, en lien ténu avec son histoire familiale et amoureuse, au fil de tout petits textes très beaux. Le côté passionnant de l’exercice pour le lecteur d’aujourd’hui est que ces textes ont été écrits avant l’ère Internet. Il y aurait beaucoup à ajouter. Mais rien à retirer.

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Et enfin, un jour, LE cadeau. J’ai la possibilité d’écrire à partir de photographies. Et quelles photographies ! Mais chut, je n’en parlerai qu’en temps voulu. En tout cas le projet est excitant, pour le moins.

Mais écrire et réfléchir à partir de photographies d’ailleurs, d’inconnu et d’étrangers, je ne le réalisais pas encore, implique une forme de tranquillité avec les siennes propres. J’ai dû, auparavant, m’occuper des miennes. De celles de mes enfants mais aussi de celles de mon enfance. Sous le prétexte de scanner les vieilles photos dont les couleurs commencent à passer, ce fut une plongée photographique dans mon enfance et mon adolescence, cet été, en compagnie de ma soeur. Et ce fut une découverte extraordinaire : des négatifs dont je connaissais l’existence sans en connaître le contenu. Et voilà comment l’on découvre sur le tard des photos de soi et de ses frère et soeurs que nous ne connaissions pas. Un récit parallèle, quasiment. Ou bien un palimpseste.

Et puis il y a ce type de photos :

Rien, ou presque. Il y a eu une intention, qui nous échappe aujourd’hui.

Le punctum est mystérieux, mais pas totalement pour moi.

Est-ce ce mystère qui bouleverse ? Ou au contraire cette part que je connais ?

« Toute photographie est cette catastrophe »…

 

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