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un Soma très efficace

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Mon coup de gueule du jour provient d’une vidéo, dans une version tronquée, qui se met à tourner abondamment sur Facebook de façon systématique dès qu’une polémique sur le sexisme ordinaire est mis en lumière. Elle a été exhumée d’archives télévisées datant de 1981. Marguerite Yourcenar y parlait de la condition féminine…

Ceci est l’extrait, dans sa version non tronquée. On en trouve toutes sortes de versions avec morceaux choisis, sur fb…

 

La suite de ce mouvement d’humeur est ici, sur le site de La Mare aux mots. Vous pouvez partager et partager encore ce lien, pour réduire les effets du Soma…

(Je fais en effet partie des invités du mercredi sur Le site de La Mare aux mots, avec une interview d’Emmanuel Trédez, suivie de mes coups de gueule et de coeur. Merci à La Mare aux mots de donner ainsi la parole aux auteurs.)

Précision : Dans le roman Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, le Soma est une drogue légale.

Tout le monde dans l’État mondial utilise du « Soma », substance apparemment sans danger qui peut, à forte dose, plonger celui qui en prend dans un sommeil paradisiaque. Le Soma n’a aucun des inconvénients des drogues que nous connaissons aujourd’hui. Il se consomme sous forme de comprimés distribués au travail en fin de journée. Cette substance est le secret de la cohésion de cette société : grâce à elle, chaque élément de la société est heureux et ne revendique rien. Les individus de toutes les castes se satisfont de leur statut par le double usage du conditionnement hypnopédique et du Soma.

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les dernières nouvelles

Plein de choses à vous dire !

D’abord, la table ronde de la semaine prochaine sera sous le signe de la musique. « Jeune public, jeune musique : quelle création musicale pour les enfants ? ». Une vraie bonne idée qui m’intrigue : confronter l’écriture musicale pour jeune public, représentée par la compositrice Coralie Fayolle, avec l’écriture littéraire pour la jeunesse, représentée par… moi. Ce sera jeudi, de 10 à 12h, au théâtre des Bernardines à Marseille. Tous les renseignements ici.

 

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Au rayon des prix…. Vous ai-je dit que #Bleue avait reçu son 13e prix ? Il s’agit du prix Vendée Lire. Hélas, je n’ai pas pu être présente lors de la remise des prix, mais on m’a envoyé les articles de presse qui en parlent. Et en plus, il semblerait que je vais recevoir un trophée par la poste ! Comblée, je suis…

 

Quant à Traces, toujours aux éditions Syros, il est sélectionné une 6e fois, cette fois pour le prix des Dévoreurs.

 

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Au rayon des chroniques…

Le Grand Saut poursuit son chemin de lecture chez vous, autant le tome 1 que le tome 2. Plein de nouvelles chroniques, recensées ici pour le tome 2.

 

L’une des images choisie par la blogueuse La Tête en Claire pour illustrer Le Grand Saut 

Petit aperçu des dernières chroniques parues, en plus de celles que j’ai déjà partagées sur fb :

La caverne aux livres de Laety : Ce que j’adore dans cette série, c’est qu’elle est hyper réaliste. En la lisant, j’ai replongé dans mes souvenirs de mes années lycée. On se reconnait forcément dans les personnages et les situations auxquelles ils sont confrontés, on les a toutes vécues pour la plupart à un moment ou un autre. De plus, je trouve que les thèmes abordés sont hyper importants, notamment en ce qui concerne le handicap et l’homophobie…

Les chroniques de Madoka : Un deuxième opus très réussi et addictif !!… Nous reprenons donc la suite des aventures du groupe d’amis mais qui semble ne plus être aussi uni qu’avant… Nos héros vont devoir affronter leurs problèmes pour espérer s’en sortir au mieux… Bien écrit, on suit les aventures de ces lycéens avec beaucoup de curiosité et de plaisir. A découvrir sans attendre !

Les enfants à la page : Florence Hinckel signe un nouveau tome touchant… Une histoire qui dresse des portraits d’adolescents confrontés à des difficultés diverses : handicap, séparation des parents, amitié toxique… Des personnages, en quête de leur identité, en plein questionnement sur leur futur (avec l’épreuve du bac qui approche…). Les lecteurs pourront facilement se reconnaître en eux et dévoreront ce roman…

Culturevsnews : Notamment grâce à la qualité de son écriture et à la justesse des profils des personnages ce second tome nous emporte à travers les sentiments et réactions de ces protagonistes, les adultes peuvent être mieux à même de comprendre les adolescents d’aujourd’hui. Ces préoccupations sont en partie les mêmes que celles de leurs parents au même âge, mais le contexte sociologique et technologique est bien différent (place des échanges virtuels…).
Cette lecture est très agréable et on prend rendez vous en mai 2018 pour le tome 3.

Sous le feuillageToujours autant d’émotions et de personnages touchants, de bons ingrédients d’un roman dit Young Adult qui mise surtout sur le réalisme et l’émotionnel plus que le sensationnel. On sent une pointe de nostalgie à la fin lors de la séparation avec le lycée qui était une sorte de cocon. Qu’adviendra-t-il de chacun et de leur avenir dans le tome 3 ?

Ombeline sur Goodreads : Un tome deux tout aussi bien que le premier. L’attente va être longue jusqu’en mai... J’ai aimé être dans la tête des trois autres personnages, maintenant j’en sais autant sur chacun d’eux. J’ai hâte de savoir comment chacun va évoluer maintenant que le lycée est fini !

Les lectures de Mylène :  J’ai aimé une nouvelle fois être dans la tête de ces six lycéens qui doivent traverser des tempêtes. Il y a ceux qui demandent de l’aide, ceux qui veulent se débrouiller par eux mêmes, ceux qui nient les problèmes et on ne peut que se reconnaitre dans certains traits de caractère… j’ai adoré le rythme de ce second tome qui ne nous laisse jamais souffler. La fin apporte des réponses mais relance aussi l’intrigue pour le dernier tome !
Kymati : Des jeunes qui se cherchent , qui s’interrogent sur leur avenir. Un milieu, des caractères et des personnalités différentes qui n’affectent en rien leur amitié. Un récit qui touchera tant les plus jeunes que les fans de Young Adult.

VDBook : Notamment grâce à la qualité de son écriture et à la justesse des profils des personnages ce second tome nous emporte à travers les sentiments et réactions de ces protagonistes, les adultes peuvent être mieux à même de comprendre les adolescents d’aujourd’hui. Nos héros vont devoir affronter leurs problèmes pour espérer s’en sortir au mieux… Cette lecture est très agréable et on prend rendez-vous en mai 2018 pour le tome 3.

Merci à toutes et tous ! ❤️❤️ (petit coucou spécial à celles et ceux qui m’écrivent en privé pour des messages bouleversants suite à leur lecture du Grand Saut… Ca, ça vaut tous les prix, toutes les récompenses…)

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Au rayon de l’écriture…

Je suis au beau milieu de l’écriture du tome 4 de ma série Mona, chez Rageot. Eh oui, Mona est en 3ième désormais, et ce tome va clore le cycle du collège. Il va se passer bien des bouleversements, vous verrez…

Ensuite, les projets ne manquent pas et je piaffe en attendant de les réaliser. Le prochain sur la liste sera un nouveau roman d’anticipation auquel je pense depuis de longs mois…

Bonne fin de week-end à vous, profitez-en bien !

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Lire en Poche ce week-end

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Je serai à Lire En Poche à Gradignan en fin de semaine, avec plein d’autres auteurs. Après une journée de rencontres dans des classes, je rejoindrai le salon du livre.

Retrouvez-moi sur le stand de Libellule :
le vendredi 6 octobre de 17h à 18h
le samedi 7 octobre de 14h30 à 16h30
le dimanche 8 octobre de 10h à 12h, de 14h à 17h, de 18h à 19h

Et je participerai à une table ronde (au titre amplement provocateur ;-)) avec Florence Thinard, et Fred Ricou pour la modération :
« Réalisme » rime-t-il avec « pauvreté de l’imagination »?
le 7 octobre de 11h00 à 11h50 – Médiathèque salle 1

A bientôt !

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Le royaume de Kensuke

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Mon fils de 13 ans devait le lire pour le collège. Au départ, comme pour toute lecture scolaire, alors que c’est un grand lecteur par ailleurs, il trainait la patte, puis finalement après un début poussif il l’a dévoré à toute vitesse, avant de me dire très sérieusement : « maman, il faut que tu le lises ». Moi aussi je trainais un peu la patte, je ne suis vraiment pas fan des histoires d’île déserte (il faudra que je raconte un jour une anecdote-mésaventure-traumatisme quand j’étais enfant, avec l’un de ces romans-île-déserte), mais j’ai été attirée par les illustrations de François Place, dont pour le coup je suis archi-fan sans réserve.

Voilà comment je suis tombée dans Le royaume de Kensuke de Michael Morpurgo.

Au début, je ne fus pas très rassurée. OK, voyage, escales, naufrage, solitude, difficulté à survivre, j’avoue ne pas avoir été passionnée et je craignais l’ennui jusqu’à la fin. Encore une fois ce furent les illustrations qui sauvèrent ma lecture et lui donnèrent du relief. Au début la mère du héros, si peu stéréotypée, m’accrocha tout de même un peu. Peut-être aussi le fait que le héros me faisait penser à mon propre fils !

Puis arrive Kensuke.

Dès ce moment, les choses deviennent passionnantes. D’un seul coup, j’ai été immergée. Alors seulement j’ai réussi à m’identifier et à me rappeler ma propre vie sur une île (j’adore les îles, mais quand elles sont peuplées), et peu à peu je me suis attachée à ce couple improbable d’amis qui s’apprivoisent, et à l’histoire pas si incroyable de Kensuke, mais tellement humaine. Ce roman est riche en émotions, en réflexion, en humanité et en mémoire historique. Le jeune héros est dépeint avec amour et respect. J’aime quand on sent l’amour de l’écrivain pour son héros. C’est pour moi un premier indice d’un excellent roman jeunesse. Et c’en est un, indubitablement.

Et puis un matin, mon fils posa son regard sur notre étagère de livres et pour la première fois il remarqua : « tiens, on a un livre sur Hokusaï ? ». Rien que pour cela, et parce qu’ensemble nous allons pour la première fois contempler les 100 vues du Mont Fuji (que je compte parmi les plus grands chefs d’oeuvre, en tout cas de mes préférés), j’ai envie de remercier Monsieur Morpurgo. Aussi, c’est ce que je fais : merci.

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Notre vie dans les forêts – et dans le monde d’ici et maintenant

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C’est ma formidable libraire Chloé (de la non moins formidable librairie Poivre d’âne de La Ciotat) qui m’a conseillé ce roman de Marie Darrieussecq, sachant pertinemment, la filoute, que j’y trouverais des échos avec mes propres questionnements.

C’est précisément pour cette raison que ce fut une lecture déroutante. Marie Darrieussecq s’immerge dans un univers d’anticipation, de façon personnelle et audacieuse. Elle le fait  très différemment d’un Boualem Sansal ou d’un Houellebecq, que je cite parce que ce sont eux aussi des auteurs issus de la littérature générale contemporaine « traditionnelle », et qui ont commis des incursions dans ce genre littéraire. Incursions qui, grâce à leur réputation d’auteurs « sérieux » ont été publiées en littérature générale et non dans des collections spécifiques (vite considérées comme des sous-genres, malheureusement). J’en profite pour saluer cette toute nouvelle diversité rafraichissante qui rejoint peu à peu, ainsi, la diversité traditionnelle que l’on connaît en littérature jeunesse. C’est une ouverture et un appel d’air bienvenus ! (il est difficile de ne pas voir que la littérature générale est en pleine mutation, et s’inspire de plus en plus des usages très vivants et diversifiés de la littérature jeunesse).

Dans le genre de l’anticipation, l’univers futuriste imaginé est souvent expliqué dans tous ses aspects, ce qui je l’avoue m’ennuie parfois. Les visions que l’on a ou que l’on lit se suffisent parfois à elles-mêmes. Des intuitions… (Philippe K.Dick savait très bien faire cela : mettre en scène ses visions sans rien expliquer ou presque). Marie Darrieussecq contourne ce qui, peut-être, l’ennuyait aussi, par une pirouette narrative assez maline : sa narratrice ignore tout de ce qui lui arrive. Même la fin n’explique pas réellement chaque pan de sa vie et de son monde. En tout cas cette fin m’aura laissé de nombreuses interrogations sur l’univers que je découvrais peu à peu sous la plume de Viviane, la narratrice.

Dans cette narration balbutiante, hésitante, impertinente, urgente, très peu descriptive, aucunement explicative, beaucoup de thèmes sont abordés, implants, cliquage permanent sur le Net, inégalités sociales, trafic d’organes, surveillance généralisée, endormissement des esprits, présence d’androïdes, thèmes qui révèlent une vision futuriste uchronique globale hélas possible, et déjà beaucoup imaginée ailleurs. Ce qui est nouveau (pour moi, via mes lectures), et qui a peut-être donné les premières visions de Marie Darrieussecq qui l’ont amenée à l’écriture de ce roman, c’est la présence des Moitiés. Ce qui se joue, avec ces Moitiés qui ressemblent en tout point à l’humain d’origine, gardées à l’état de légumes dans des centres, c’est le trouble du miroir, ne plus savoir qui est qui, qui l’on est vraiment, c’est l’attachement à ce qui a peu de vie, c’est se raccrocher, au sein de vies ternes et dématérialisées, à ce qui nous ressemble en terme d’humanité. C’est se leurrer sur ce que cela nous apporte, ou nous prend. C’est d’autant plus troublant que la Moitié de la narratrice s’appelle Marie comme l’écrivaine. Qui est le double de qui ? Mon interprétation personnelle : les Moitiés, c’est l’autre côté de l’écran, sur le Net, d’où qu’on se trouve, du point de vue de celui qui est derrière, ou de celui qui est dedans.

Ce roman est aussi un roman de la destruction lente, d’une décomposition de plus en plus visible, alarmante et terrifiante, puisque justement pas expliquée. Un thriller, parfois. C’est le roman d’une tendance psychologisante sauvage et absurde, qui n’est là que pour atténuer la douleur psychique de ce qui est inguérissable physiquement ou moralement. Le mal est fait, il est en cours, les psys ne sont là que pour rassurer, voire endormir, et annuler toute tentative philosophique.  Et c’est, comme en écho à l’un de mes derniers grands coups de coeur, Dans la forêt de Jen Hegland, une tentative de retour à la nature, et ici surtout à la déconnexion totale. Ce qui signe le retour à la vérité, partielle, et… je cherche un mot qui ne divulagacherait rien, mais je ne trouve pas. Il faut lire. J’étais à la fois déçue et surprise par cette fin. L’important, c’est qu’elle ne laisse pas indifférent. Et – je veux croire qu’il n’est pas trop tard – qu’elle nous fasse réfléchir.

 

 

Juste avant, parce que l’écclectisme m’amuse, j’ai aussi lu les trois premiers tomes de la série Ruby Oliver (merci à Casterman !). Au départ, cette série ressemble à une série sentimentale un peu bêtifiante. Il faut dire que l’héroïne de 15 puis 16 ans, au début, ne pense quasiment, tout simplement, qu’aux garçons. Cela m’a agacée à divers endroits, mais 1. Cette obsession est expliquée psychologiquement, 2. À 15-16 ans, on est quand même souvent obsédés par l’autre sexe, il faut bien le dire (si l’on est hétéro), 3. à chaque fois c’était rattrapé par un épisode d’une grande finesse, très touchant, et on assiste ainsi à l’ouverture de Ruby, la fille sexy sans le savoir, victime de ses appats et des jalousies conséquentes. Sa vie s’en trouve vite compliquée, gravement, même, jusqu’à l’exclusion par ses pairs, violente et douloureuse. C’est pourtant toujours raconté de façon drôle et enlevée. Ce fut au final un très grand plaisir que cette lecture, presque coupable, je l’avoue ! Mais je suis très attachée à ces romans jeunesse humoristiques et intelligents sans en avoir l’air, sans prétention autre qu’accompagner les jeunes lecteurs dans la découverte d’eux-mêmes et du monde pas toujours bienveillant qui les entoure. Selon moi c’est toujours de la littérature, quand la subtilité et la finesse sont de mise. Même moi, j’ai appris certaines choses grâce à Ruby Oliver, sur comment être au monde, avec humour qui plus est ! Sur le courage d’être soi et de l’affirmer, avec respect et bienveillance envers tous ceux qui nous entourent. Cette série montre combien les bons romans appelés « feel good » sont mal compris : j’ai aussi souvent eu envie de pleurer que de rire, j’ai réfléchi sur moi-même, sur les ados d’aujourd’hui et sur le monde, je me suis sentie moins seule, et c’est un peu comme si j’avais gagné une amie. Je ne me suis pas abêtie, mais j’ai gagné de la force et de la compréhension. Et cela m’a donné le très grand courage de lire ensuite le roman très peu « feel good » de Marie Darrieussecq. N’a-t-on pas tous besoin de cette balance entre « trouver le courage de survivre au présent », et « garder un regard acéré sur celui-ci » ?

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