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Tous les articles deFH

Dernière lecture #107

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Livre tout corné, livre adoré !

Un seul roman pour ce #107 de mes lectures, mais il est assez épais et dense pour être tout seul !

Vif plaisir de lecture en compagnie de la clique de jeunes gens de Brexit Romance, croquée sur le vif avec autant d’acuité que d’humour et de tendresse par Clémentine Beauvais. Clémentine a réussi à dresser un portrait autant politique qu’acidulé d’une génération, avec humour et amour pour ses personnages, sans oublier une plongée parmi celles et ceux qui ont la vie plus difficile (je l’attendais, avec la crainte que ça n’arrive pas mais ouf). Personne n’est oublié – et c’est un leitmotiv des personnages féminins, qui analysent sans cesse leurs propos de peur de blesser, mais qui en retour entendent ne pas se laisser écrabouiller. Un juste appel à la douceur, droit de chacun, simple et bienvenu… J’ai adoré le choc culturel franco-anglais et ces traductions littérales à mourir de rire. J’ai adoré que ce soit un homme qui soit dans la position de l’amoureux transi dans l’attente perpétuelle d’un signe, et non son aimée, fuyante à souhait, trop occupée par son business pour prendre l’amour au sérieux -d’autant que son business c’est de ne pas prendre l’amour au sérieux. Génération pragmatique et futée, qui explose les stéréotypes dans lesquels on essaie encore de les enfermer (c’est joussif !). J’ai adoré la description très juste et très drôle de nos pratiques des réseaux, rarement aussi bien rendue qu’ici, et qui nous invite à une autodérision libératrice. Bon, j’arrête de lister tout ce qui m’a plu, mais encore, quand même : ah ce petit frisson de bonheur au détour d’un accord de proximité (c’est si élégant !) ou de quelques points médians savamment dosés ! Ce roman estampillé romance et en plus humoristique sera très certainement méprisé par les gens sérieux (du genre de Kamenev, au début du bouquin ;-)), et pourtant il est beaucoup plus réussi, plus politique, bien vu et sociologiquement juste que bien des romans sérieux et applaudis par l’intelligentsia dominante que j’ai pu lire jusqu’ici.

Donc lisez sans attendre Brexit Romance aux Éditions Sarbacane (et en plus, Clémentine Beauvais remercie les Pépettes à la fin, donc smack ❤️)

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Venez me voir à Montreuil

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Ca file dites-moi, bientôt Le Salon du livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil
Je sais qu’il y a des lecteurs et lectrices passionnées qui préparent leur planning depuis déjà plusieurs jours, alors hop hop, voici où vous pourrez venir me voir en dédicaces : 

Vendredi 30/11 de 19h00 à 20h30 – stand Nathan

Dimanche 02/12 de 15h00 à 16h30 – stand Nathan

(Bien sûr comme chaque année j’aurai aussi mes ouvrages de chez Syros sur ma table Nathan, et comme ils sont hyper gentils chez Nathan, vous pourrez même venir avec mes livres achetés chez Rageot, Gallimard ou Talents Hauts, vous serez très bien accueillis, vous verrez, admirablement même).

En tout cas, n’hésitez pas à venir me voir, ça me fera plaisir 😊
A tout bientôt !

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Revue de presse de cette semaine

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Nouvelle rubrique de ce blog, mais je ne m’engage pas à une régularité de métronome ! 

Misère à Marseille

Ces derniers jours, c’est d’abord l’effondrement de 3 immeubles dans le quartier de Noailles, à Marseille, qui m’a bouleversée, d’autant plus que la maman d’un élève d’une excellente amie à moi y a péri.

Elle a fait appel aux réseaux sociaux et… un petit miracle

A lire aussi ce dossier dans Libé, triste et le plus souvent assez juste, sur Marseille. 
J’y ai vécu et enseigné pendant 10 ans, ce qui m’a valu un apprentissage accéléré de la misère, la corruption, le parcours du combattant pour promener la poussette de mes enfants, le mépris des édiles, le manque d’Atsem et de moyens, la détresse et la dignité des familles de nos plus pauvres élèves, habillés en hiver comme en été. Les noms que je vois passer, notamment de la chargée des écoles, sont les mêmes qu’il y a 15 ans, et cela a un côté désespérant. Dans ces écoles, en revanche j’y ai connu les meilleurs (à vrai dire en totalité meilleurEs) instits rencontrées au cours de ma carrière, les plus militantes, les plus généreuses et les plus courageuses. Alors que moi j’ai quitté le bateau, épuisée par l’impuissance et le mépris, elles sont toujours là, droites, dignes, fortes, dans des écoles aux murs fissurés, décrépis, à porter secours aux plus démunis, oubliés par leur propre ville. C’était grâce à de telles personnes, et uniquement grâce à elles, que Marseille tenait debout tant bien que mal depuis des années. Aujourd’hui, on voit bien que leur courage ne suffit plus, et que ce qu’on leur laissait porter tout en les méprisouillant gentiment (il fallait voir l’infantilisation et le paternalisme avec lequel on nous parlait) est bien trop lourd.
Après la tristesse vient la colère. Et du coup la seule faiblesse de ce dossier de Libé prend une importance impardonnable : brandir la verve pagnolesque de Gaudin, qui dans les écoles n’a jamais amusé aucune instit, aucune directrice, alors que le journaliste en parle comme d’une carte postale qui aurait eu valeur d’excuse jusque-là ; laisser dire à un sociologue-anthropologue visiblement et prioritairement très soucieux de l’image de la ville où il prend le soleil quelques mois par an que la situation des logements sociaux n’est pas pire qu’ailleurs, que l’aspect République bananière n’est qu’un cliché, que dans les autres grandes villes c’est pareil (avec force chiffres quand on sait comment et combien ils sont déformés à Marseille), le laisser occulter la situation des écoles alors que dans toutes les écoles de France que j’ai arpentées jamais je n’en ai vu dans un état aussi pitoyable et dangereux qu’à Marseille, c’est plus qu’énervant. Marseille serait surtout victime de son image exotique ? Non mais… Sérieusement ?? Est-ce que les journalistes et intellos parisiens pourraient enfin s’extraire de la séduction méditerranéenne pour parler vrai et taper fort sans atténuation, surtout après un tel drame ?…

Suggestion aux journalistes : lisez et interrogez plutôt dans vos colonnes Philippe Pujol, auteur de La fabrique du monstre, qui dresse le constat alarmant de la corruption à Marseille.

Le système, c’est le vent, on ne le voit jamais. On voit les branches qui remuent, les tourbillons de feuilles, mais on ne voit pas le vent. 

Des prix littéraires très… uniformes

Ce qui m’a aussi fait bondir c’est le manque criant d’autrices cette année dans les grands prix littéraires, encore moins que les années précédentes, ce qui sonne comme un ressac revanchard suite à la prise de conscience féministe post-Weinstein… Mais peut-être que je me trompe, comme d’hab, hein, et que cette année les écrivaines ont vraiment été nulles. Puisque ce n’est pas mesurable et que c’est l’écueil perpétuel contre quoi on ne peut pas grand-chose, ne pourrait-on pas commencer par instaurer une parité au sein des jurys ? Les rajeunir, aussi ? Ca changerait déjà bien des choses. Je me vois obligée, comme à chaque fois, d’ajouter que ça ne signifie pas que les bouquins des hommes sélectionnés ou primés ne sont pas super bons, excellents, et ne méritent pas ce qui leur arrive. Et d’ailleurs je les lis et j’en parle. Mais je l’ajoute pour être claire et franchement, c’est énervant de devoir le faire.
Les articles qui font écho à tout ça : 
France Culture : https://www.franceculture.fr/…/prix-litteraires-cest-le-mal…
Le Monde : https://www.lemonde.fr/…/prix-litteraires-toujours-aussi-pe…

Si vous n’avez pas de pain, mangez de la brioche

J’ai aussi un tout petit peu bondi quand même suite à l’intervention d’une éditrice connue sur France Inter, quand on l’interroge sur la situation des auteurs et autrices et sur #payetonauteur, qui, comment dire, manque singulièrement d’empathie, de mise en perspective et de réflexion sur la surproduction et ce qui fait mal à toute la chaîne du livre. Nous sommes nombreux parmi les auteurs et autrices à avoir dit ces derniers mois qu’on comprenait bien la précarité des moyens et petits éditeurs, mais elle brandit cette réalité comme un argument choc qui devrait nous réduire au silence. Nous sommes nombreux à avoir analysé la surproduction qui fait mal à tout le monde mais elle accuse les auteurs et autrices de « moins vendre de livres qu’avant », donc on ne va pas se plaindre de ce dont on serait responsables, n’est-ce pas ? La ligue des auteurs et autrices, heureusement, a réagi. Plus personne dans la chaîne du livre ne peut afficher une telle méconnaissance de ce qui nous nuit à tous, c’est une légèreté mortifère pour la chaîne entière, et pour la survie de la culture. C’est vraiment dommage au moment où le dialogue s’ouvre entre éditeurs, éditrices et auteurs, autrices. Bon, passons, et discutons avec et écoutons plutôt les éditeurs et éditrices respectueux et à l’écoute, il y en a heureusement.
https://www.livreshebdo.fr/…/la-ligue-des-auteurs-professio…

Lanceuse d’alerte

Je découvre Cathy O’Neil, mathématicienne, data scientist et lanceuse d’alertes. Je suis d’accord avec tout ce qu’elle dit ici : https://www.lemonde.fr/…/cathy-o-neil-les-algorithmes-exace…

Voilà, bon week-end !

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mes dernières lectures #106

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Quelques mots sur mes dernières lectures :
D’abord, énorme coup de coeur pour A son image de Jérome Ferrari que j’ai dévoré en 2 jours, dans un plaisir de lecture que je n’avais pas rencontré depuis un petit moment.

J’aime quand je suis face à de la profondeur, de l’intelligence et de la beauté, non exempts de lucidité sur la noirceur du monde. Jérôme Ferrari nous offre là une magnifique relation d’amour pur entre un homme d’église et sa nièce. Les deux personnages sont racontés avec un véritable respect (un amour) de la part de l’auteur, et c’est cela qui a fait toute la différence, je crois, sans oublier le fil rouge d’une homélie longue, intense, bégayante de chagrin et de beauté. Et puis il y a les images. Une histoire de la photographie, un portrait du monde tout autant qu’un portrait de cette jeune femme, par ce qu’elle voit, par ce qu’elle est (et on échappe, enfin, à la question du paraître et/ou du sentimentalisme et/ou de la proie, dans un portrait de femme, et ce fut un bol d’oxygène inégalable : oui on peut être femme et vivre et voir et être aimée pour son âme même imparfaite, et oui logiquement il existe donc des hommes pour aimer ainsi une telle femme. J’eus à la fin le désir de baiser les pieds de l’auteur pour nous donner à voir cette évidence si peu montrée ces derniers temps, même si ce ne fut sans doute même pas son intention, ce qui est encore mieux). En résumé Jérome Ferrari a réussi le tour de force de raconter le beau et le laid tout ensemble, enchevêtrés, sans que l’un prenne le pas sur l’autre, mais le beau, tout de même, est vraiment beau, et tellement digne… Comme je n’ai aucune illusion sur le laid, ce beau me fit un bien fou. Tellement besoin de dignité…

Puis j’ai lu Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu, que je ne pouvais pas ne pas lire.

Pourquoi ? Parce que je suis née en Lorraine, et que j’ai passé mes trois premières années au pied du haut-fourneau d’Uckange désormais classé au patrimoine de l’humanité. Parce que mon grand-père a passé sa vie dans cette usine, et mon père commença à y travailler avant l’appel du sud et du soleil. Aurais-je vécu une telle adolescence si je n’avais pas quitté la vallée à 3 ans ? Difficile à dire bien entendu. Mais je sais à peu près la surface de ce qui y est raconté. Le chômage, le travail au Luxembourg, la grisaille, l’âpreté et tout le reste. J’ai trouvé chaque analyse de la situation très juste et pointue mais… j’aurais aimé être surprise, qu’une lumière passe quelque part dans ce déterminisme bourdieusien et me cueille – peut-être que je cherche trop, toujours, la beauté, la résilience, la pureté, l’innocence, cette force capable de s’extraire du marasme et d’éviter de faire toujours les conneries qu’il ne faut surtout pas faire. 
J’ai lu cette chronique adolescente heureuse du style et de la narration parfaitement maitrisée, admirative de la façon dont sont racontés les élans les émois les désirs et cet appel de la chair, cette façon qu’ils ont de s’attraper comme à des bouées, mais j’ai été en équilibre précaire, incapable d’installer la distance nécessaire entre cette fiction et ce que je connais du réel. Dérangée, sans doute, triste certainement. Il est dit dans le roman que les personnages ont tous envie de quitter cet endroit pour ne pas y revenir. Même si je n’en ai rien connu, qu’avant mes 3 ans je ne me souviens pas de grand-chose, ce fut tout de même comme si j’y revenais, sans y rencontrer ma propre histoire. Et dans ce retour ce fut comme si une main me retenait en arrière pour me plaquer au sol. 
J’ai fini le roman asphyxiée. Mais c’est sans doute la preuve qu’il est bon. C’est l’oeuvre d’un très grand écrivain, sans aucun doute, qui méritait le Goncourt, certainement.

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merci 😊

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Vos petits mots…

Ils sont de plus en plus nombreux, mes chères lectrices et chers lecteurs, depuis la parution de la trilogie du Grand Saut, chez Nathan. Et je suis constamment ébahie par votre gentillesse, votre générosité, votre bienveillance. Après tout, rien ne vous oblige à me faire savoir combien vous avez aimé mes livres ! Mais vous me le dites, et en privé, ce qui prouve à quel point c’est gratuit. Et avec des mots très émouvants, pour exprimer votre propre émotion. MERCI.

Ce qui me pousse à écrire ce petit mot, au risque de passer pour une horrible prétentieuse-qui-met-en-avant-son-petit-succès (très relatif, je vous rassure, puisque je ne suis pas en tête des ventes en ce moment), c’est Allan, qui m’a écrit une lettre manuscrite comme on n’en fait plus, oui oui en papier, et le geste de mettre sous enveloppe, trouver l’adresse de la maison d’édition, poster, m’a encore plus touchée qu’à l’ordinaire, lorsque je reçois des mails. Merci pour tes mots si gentils, Allan ! J’avais déjà pu constater ta passion de la lecture lorsque je t’avais rencontré, mais là, tu la confirmes de façon très éloquente.

Et ce matin, c’est Becky, via Instagram, qui me confie que mes livres l’accompagnent depuis qu’elle est petite : ça a commencé par Confidences entre filles, puis la série Mona, puis #Bleue, et maintenant Le Grand Saut ! C’est vraiment très touchant pour une écrivaine de lire une telle chose, d’imaginer mes livres entre les mains d’une petite fille qui grandit, grandit, et devient jeune fille. Cela me renvoie à une forme de responsabilité, très grande, immense, phénoménale.

Et chaque semaine c’est un ou deux messages au moins que je reçois ainsi. Bien sûr, si c’est envoyé en privé c’est que ces mots contiennent des confidences non partageables, et que je reçois avec humilité. Merci pour votre confiance.

Voilà, je commence ma journée d’écriture portée par vos jolis mots, votre passion, vos coeurs qui battent, et je me dis qu’écrire pour la jeunesse, décidément, est ce qu’il y a certainement de plus valorisant dans le monde de l’édition. De plus en plus je me fiche bien du mépris d’une certaine élite ou de celles et ceux qui se croient l’élite – il ne m’énerve que parce qu’en souterrain c’est un mépris de la jeunesse qui s’exprime, mais pour moi-même je m’en fiche -, puisque vous êtes là, mes jeunes lecteurs et mes jeunes lectrices, et que tout ça c’est pour vous, rien que pour vous 😊.

Allez hop, au boulot !

Photo d’un jeune garçon qui ne peut pas s’empêcher de plonger dans le roman qu’il vient d’acheter au Salon du livre francophone de Beyrouth, en plein pique-nique, vendredi dernier.


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