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Vous regardez art

Courir, s’émouvoir, mais se faire plaisir aussi

Je n’ai vraiment le temps de rien ces temps-ci, et moins encore de publier mes articles rêveries/réflexions/inspirations/influences/bonnes lectures que j’affectionne car ils donnent de l’air à ma création.
Il se trouve en effet qu’en dehors de mon travail d’écriture j’ai été happée par des discussions passionnées et duels à l’épée à propos de la fiscalité des auteurs et autrices (ô combien floue – au fait mon outil TS ou BNC qui contenait des erreurs a été mis à jour), mais aussi par la participation à une tribune qu’on pourrait résumer par oh-hé-respect-for-the-actors-of-la-littérature jeunesse-non-mais, ajoutons-y deux journées de rencontres scolaires, 3 jours de vacances à la neige merveilleux mais bien peu reposants, un aller-retour éclair à Paris pour raison pro ainsi que la vie, quoi, et vous aurez une idée du retard que j’ai accumulé pour ce que je dois accomplir dans un délai qui se rapproche dangereusement. Mais quand même envie de vous parler vite-vite de ce qui m’a profondément touchée et plu dernièrement (en dehors de mes lectures parce que je veux bien le faire en prenant plus de temps).
D’abord, le décès de Tomi Ungerer. Parce que j’adore Les 3 brigands, mais aussi parce que le personnage était fascinant. J’avais vu un documentaire sur lui et avais découvert ses dessins de presse, satiriques, érotiques. Foisonnant, inventif, provocateur, plein de charme..

Tomi Ungerer, dessinateur, portrait a Strasbourg


Ensuite, à l’occasion de mon voyage éclair à Paris j’ai quand même eu le temps de voir Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman à la Comédie Française. Fabuleux, frappant, sur le fil constant entre fiction et réalité, du théâtre pur, et une mise en scène de Julie Deliquet d’une maîtrise et d’une intelligence saisissantes. Je me souviendrai longtemps de cette richesse et de cette profondeur. Pas fini d’en sonder les tenants et aboutissants.


Et enfin, eu le temps aussi d’aller au Jeu de Paume voir l’exposition de Luigi Ghirri, Carte et territoire (quand on a lu le roman de Houellebecq on se demande s’il ne s’est pas inspiré de ce photographe pour son personnage). Ancien géomètre, ses clichés datent des années 70 et interrogent les cartes, les lignes des paysages ainsi que notre regard anesthésié par les affichages publicitaires.

J’ai aimé d’autant plus que ces photographies m’ont souvent fait penser à celles d’une collection dans laquelle j’ai la chance de baigner ces temps-ci, mais je vous expliquerai cela plus tard. D’ailleurs c’est pour ce projet-là que j’ai pris du retard, hum, donc bon j’y retourne.
Et n’oubliez pas, allez au théâtre, au cinéma, dans les musées, et lisez des livres (de littérature jeunesse, aussi, bien sûr ;-)), c’est tellement bien !

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sculpture du texte

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Aveu : j’adore retravailler mes romans, d’après les remarques de mes éditrices ou éditeurs. Je n’ai connu qu’un seul cas où ce fut difficile, c’était pour Nos éclats de miroir, qui pour moi était une matière brute déjà polie, où tout tenait en si fragile équilibre que je me suis rendue compte peu à peu qu’il n’y fallait quasiment rien toucher. Mais pour des romans moins dentelés, le regard extérieur est précieux.
La période est belle en ce moment d’ailleurs parce qu’à peine après avoir fini le retravail de l’un, je dois me lancer dans le retravail d’un autre. Cette étape est confortable car la matière est déjà là, et je la vois comme un pain d’argile à remodeler pour qu’il prenne des contours plus fermes et cohérents. Moi je vois tout encore de trop près, et l’éditrice prend du recul, tourne autour du buste. « Là, regarde, le nez est trop droit, pas assez affirmé, il ne correspond pas encore assez à la personnalité de son propriétaire »…

C’est l’étape où on revit, comme au moment de finir le roman, la hantise de son récit, où il ressurgit la nuit, où les personnages reviennent sous la forme d’ombres de plus en plus précises.
Et donc après avoir livré hier un texte loufoque (quoique ponctué de vérités historiques – cette incapacité pathologique à la légèreté totale…), je me lance dès maintenant dans le retravail de mon texte d’anticipation, une dystopie comme je l’entends (et non comme on nomme actuellement des tas de romans qui n’en sont pas), où se mêlent, comme dans #bleue ou Théa pour l’éternité, des problématiques éthiques, sociologiques, politiques, pour résumer transhumanistes, qui fondent les relations humaines, et donnent vie à mon petit peuple, assez tourmenté il faut bien le dire. 
Et vous, comment verrez-vous ces reflets ? Hâte de le savoir. En attendant je retourne à mon modelage.

(Sculptures de Camille Claudel)


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quitter son chez-soi pour le lointain Salon du Livre de Montreuil…

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Portrait de Johanna Staude, Klimt

… C’est se sentir un peu comme la Johanna Staude de Klimt. 
La chaleur de chez soi encore sur les joues, les lèvres, dans les tons chauds du manteau. 
C’est porter un tour de cou douillet pour le confort ou pour la défense – c’est s’armer ou s’ouvrir on ne sait pas – c’est s’éloigner des flammes dansantes de la cheminée, c’est braver l’extérieur, c’est quitter les cercles tournoyants de l’écriture, c’est se sentir mi-joyeuse mi-résignée. 
C’est aussi retenir quelque chose, que soi-même ignore encore, qui restera lui en-dedans, au chaud. Un mot, une formule ou un mantra pour les métamorphoses inéluctables, un mot pour les rencontres, un mot pour la dissémination de soi, telles les cendres abandonnées qu’on laisse derrière soi, avec les chats.

A demain !

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hop ! (4e épisode)

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L’artiste conceptuel néerlandais Bas Jan Ader a beaucoup interrogé la chute, dans les années 70. La pesanteur représentant des émotions. S’accrocher à une branche jusqu’à ce qu’elle se brise, plier sous le vent jusqu’à tomber, basculer d’une chaise sur un toit, chuter dans l’eau à vélo… Le plus fou de l’histoire est que l’artiste disparaît en mer en 1975 entre la Côte Est des États-Unis et l’Angleterre, lors d’une dernière action intitulée In The Search of The Miraculous.

On ne peut qu’imaginer son ultime chute, dans la mer.

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hop ! (3e épisode)

Série « hop », épisode 3 (ou comment faire la promo du Grand Saut avec art 😜). Aujourd’hui, la magnifique série intitulée La Chute, du photographe Denis Darzacq. La chute, ou bien l’hypothèse de la chute ? On tombe d’où, dans quelle direction, et pour atterrir comment ? Vertige de l’instant des seules questions.

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hop ! (2e épisode)

Comme une envie de légèreté, là ! Je poursuis ma frise de grands et petits sauts, ici, après Yves Klein, cette fois avec Buster Keaton en 1923, dans le film Les trois âges. Les grand sauts, souvent, sont suivis de chutes. Alors, légèreté ou pas ? De là à y voir une métaphore existentielle, il n’y a qu’un pas… ou un saut.

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