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Vous regardez art

Klimt mania

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Non contente d’aimer sa peinture, je trouve tout à fait savoureux ce qui transparait de la vie de Gustav Klimt sur les clichés faits de lui.

Avec Egon Schiele

 

Avec minou

Avec sa compagne Emilie Flöge, créatrice de mode et femme d’affaires

 

 

 

Petit retour fascinant sur Emilie Flöge :

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contrastes

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Francisco de Zurbaran (1598–1664) aimait peindre Saint-François en extase, dans un noir des plus profonds, dans des ténèbres des plus fascinantes.

Mais il peignait aussi le faste des étoffes avec un délice évident. Les étoffes de couleur rouge, surtout. Un rouge chatoyant et insolent, sous des visages austères.

Revenons à Saint-François, voulez-vous ?

Rien que pour le contraste…

(Ces temps-ci, désirs de baroque…)

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ces facettes du travail

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Les déplacements reprennent petit à petit. Lundi et mardi, c’était Brunoy, en région parisienne. L’accueil à l’établissement Saint-Pierre fut parfait, et c’est un réel bonheur quand le feu de questions est loin de s’éteindre au bout d’1h30 passée avec des élèves de 5e. Traces vous a inspiré !

Merci à vous tous, c’était une reprise de rencontres très agréable, qui va se poursuivre très vite, avec Saint-Paul Trois Châteaux, la semaine prochaine.
J’ai plein de petites et grandes nouvelles sur mon actualité à vous apprendre, des voyages et des projets, mais j’attends que tout cela se précise, et en attendant, je travaille, un peu loin pour un temps des combats du monde et de la société, ce qui me paraît nécessaire pour y participer mieux, apporter sa pierre, moins à chaud mais j’espère plus efficacement. Ce retrait tout relatif me procure un grand plaisir. Travailler, avec coeur et profondeur, aussi.

Et puis être à côté, ce n’est pas forcément être loin (photo de Elen Levitt).

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De la vitesse

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Facebook va mourir. Mourir de sa belle mort dont on ne parlera guère sur Instagram ou Twitter. On y dansera sur sa tombe. Mon analyse est sans faille. Tout est la faute du logiciel. Après 15 jours de faible utilisation, voilà le truc même pas dingue et tout à fait anodin au fond qui va vous arriver : sur vos 5000 amis vous ne recevrez désormais le fil d’actualité que d’à peu près 5 personnes. Vous serez assez content·e d’avoir de leurs nouvelles mais il vous suffirait de leur passer un coup de fil : vous les connaissez assez bien. Quand vous posterez quelque chose, il n’y a plus que ces 5 là qui verront votre article. Certains s’agitent. Cela ressemble aux soubresauts avant l’agonie. Ils postent des articles déchirants. Ils supplient : pour ne pas sombrer, englouti par l’IA, s’il vous plaît, je vous en supplie, commentez-moi, likez-moi, et ainsi je remonterai dans les lignes de code (ou un truc du genre – ils n’y connaissent rien, ils nagent dans une ignorance encore plus engloutissante, ils se débattent dans un océan d’opacité bien entretenu, ils se nourrissent de leur seul pathétisme… et lui-même nourrit le monstre, il grandit et grossit avec notre désarroi). D’autres s’y prennent autrement, ils souhaitent garder leur dignité, ils le croient en tout cas, en ne suppliant personne, en ne gémissant pas, mais en postant des articles à gros caractères ou à idées courtes, les plus polémiques et provocateurs possibles, dans l’espoir que ça buzze, que ce soit partagé, que ce soit commenté, disputé, vilipendé, porté aux nues. Outrer ou rallier, choisissez mais surtout réagissez, et donnez-moi de la visibilité. Mais rien ne fonctionne. Rien à part y passer ses journées entières. Passez-y 24 heures sur 24, réagissez, commentez, likez, suppliez, gémissez, provoquez, et ainsi vous existerez au yeux du logiciel. Vous mourrez heureux. Vous serez le fantôme du web le moins vite oublié : comptez trois jours, environ.

(Si cette image vous parle, c’est que vous êtes déjà un peu sensibilisé·e·s à ce que je vous raconte. Ou si vous avez lu #Bleue, aussi.)

Facebook va mourir parce qu’Instagram est plus efficace. C’est moins fatigant d’exister sur Instagram. Faites une belle photo de votre cappucino et votre chat, cela prend une seconde et ensuite, attendez. On vous aimera. Mais moins longtemps. Fb meurt de sa lenteur – si relative pourtant. Instagram prospère sur sa vitesse. Voir une image et la liker prend un dixième de seconde, avant de passer à la suivante. On peut donc en voir plus. Les voir toutes. Mais il vous faut aussi en faire beaucoup, et beaucoup de stories. Songez à en faire à tout moment de votre vie.

En attendant la mort de facebook ou la vôtre ou les deux, comme vous voudrez, et tant que notre notoriété réseaux-socialesque ne détermine pas encore tous nos droits de citoyen, je vous propose une alternative : allez dans les musées, tout y est plus vivant (tableaux postés ici d’Egon Schiele). Et oh, j’oubliais : lisez des livres. Vous verrez combien on y existe bien davantage. Et plus longtemps. Et vous ferez la découverte d’une chose vertigineuse : la profondeur.

Mais aller dans les musées ou lire des livres, et cotoyer ainsi la profondeur qui remplit l’âme, cela prend encore plus de temps que de lire un article entier sur Facebook. Choisissez votre vitesse.

 

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montrer et regarder autrement les écrivain(e)s…

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Peut-être faut-il y réfléchir… Heureusement, de gros progrès ont été faits et ce que je vais montrer là sont  des photos souvent anciennes, évidemment choisies pour ma démonstration, mais ces photographies ont été si faciles à trouver et sont si nombreuses qu’elles ne me semblent pas là comme illustrations anecdotiques mais bien comme propos général à interroger. D’autre part on se rend compte combien ces images sont si prégnantes en nous qu’on a tendance, hommes ou femmes écrivains contemporains, à les reproduire inconsciemment. Cela peut être bien de prendre conscience de tout cela pour casser les codes, ou bien pour jouer sciemment avec eux…

Observons d’abord ces photographies d’hommes écrivains au travail :

Boris Vian

André Breton

Nicolas Bouvier

Brendan Behan

H.G. Wells

Stephen King

 

William Faulkner

 

Ernest Hemingway

John Irving

Philippe Roth

 

Notez leur sérieux, leur air pénétré. La posture désinvolte est autorisée (Stephen King, Faulkner), seulement si l’on voit bien à quel point l’écrivain est concentré. Notons l’effet de vitesse (Brendan Behan), et la nécessité de tenir l’endurance grâce à la nicotine (Bouvier), ou le café (Brendan Behan, encore)… à moins que ce ne soit du whisky ?

Si ces auteurs hommes bénéficient d’emblée d’un sérieux appréciable, ils manquent singulièrement de capital sympathie. Ils ont l’air quand même vraiment pas commodes, bougons, hautains et peu accessibles.

Qu’en est-il des femmes ?

Mary Shelley (ou l’art d’écrire en regardant devant soi)

Elles ont presque toutes un air sage voire compassé. J’entends presque à chaque fois le photographe (ou le portraitiste comme ci-dessus) dire ou penser : regardez-moi (qu’on voie votre doux visage). Vous ne voulez pas ? Bon alors au moins un sourire ? Il faut qu’on voie à quel point vous êtes sympathique – malgré le choix de cette activité si sérieuse que vous vous imposez sans raison. Il faut qu’on voie que vous prenez du plaisir à écrire ! A quel point les romans que vous  écrivez, vous les femmes, ne sont sans doute pas aussi profonds et difficiles que ceux des hommes...

 

Toni Morrison

(Certes certes, mais tout de même, c’est agréable de voir enfin un sourire, merci Mme Morrison !)

 

Noël Streatfeild

 

Anne Sexton, souriante sur toutes les photos d’elle, choisit de mettre fin à sa vie, à 45 ans.

Enfin de la vitesse dans les mains sur cette photo… Mais pourquoi a-t-on l’impression qu’Anne Sexton recopie au lieu de créer ?

Une femme devant un clavier souffre de toute façon toujours des stéréotypes. Comment ne pas voir de simples secrétaires, le plus souvent ? Comment les prendre au sérieux avec leurs coiffures compliquées, leurs bijoux ou leur mise endimanchée ? Quel temps perdu, quand les hommes semblent souvent s’être mis au travail dès le saut du lit, voire encore dans leur lit (voir plus bas)…

Agatha Christie

 

Edith Warton

Lorsqu’on leur autorise une pose moins académique, le manque de naturel est confondant :

Sylvia Plath, à qui la vie semble si douce et sereine sur cette photo, se suicida elle aussi – dépression qu’elle raconta dans un récit autobiographique – ; son malaise de vivre n’est décelable sur aucune des photos d’elle. Nombre d’écrivains mirent fin à leur vie, mais chez les femmes il n’était pas décent de faire la tête avant.

 

Il n’est pas interdit de noter que les écrivaines sont souvent en équilibre instable, jambes croisées ou alors bien serrées, comme prêtes à s’évaporer ou au contraire à se recroqueviller, alors que les écrivains sont toujours bien campés sur leurs deux pieds, arrimés au sol et à ses réalités, tout en étant prêts à bondir à la moindre alerte.

Parlons félins, justement. Prêts à bondir, certes, mais si Céline, Capote, ou Jean Cocteau ne répugnaient pas d’être pris en photo avec leur chat, c’était surtout pour montrer à quel point sa propension à la paresse les empêchait de travailler :

Céline et Bébert

… alors que si on montre un chat sur la photo d’une femme écrivain (plutôt qu’un chien comme Stephen King), c’est sans doute pour contrebalancer par son aspect mignon l’usage subversif de la cigarette, par exemple :

Françoise Sagan

 

Par ailleurs, souvent, on ne manque pas d’associer la langueur féline à la langueur supposée de l’écriture féminine. Les poses allongées chez les femmes écrivains sont courantes. Alors que les hommes écrivains sont plus souvent représentés en train d’écrire debout (Victor Hugo, Roth…). On ne voit jamais de femme écrivant debout, bizarrement. Une question de dynamisme sans doute. Hum.

Seulement attention, écrivaines allongées, certes, mais pas dans un lit ! Nabokov, lui, il a le droit… De toute façon, il a même eu le droit d’écrire Lolita, alors (un chef d’oeuvre incontestable, mais une histoire similaire écrite par une femme aurait été impensable à la même époque… aujourd’hui non plus quand j’y pense…).

Seules Bridget Jones ou Carry Bradshaw sont montrées en train d’écrire dans leur lit, mais ce sont des personnages fictifs plus diaristes ou journalistes qu’écrivaines, et qui écrivent exclusivement sur leurs frasques sexuelles… Aurait-on peur d’un brouillage de symboles en représentant une vraie femme vraiment écrivaine en train d’écrire dans son lit ?

 

François Sagan, jeune fille sage… qui brûla la vie par les deux bouts.

Pas de draps en désordre. Non, mieux vaut représenter l’écrivaine sur le sol. Et tant pis si ça a l’air peu naturel, encore une fois. Essayez donc de taper sur un clavier allongé(e) sur le ventre ! Tendinite ou torticolis assurés en moins de dix minutes.

 

Siri Hustvedt et son mari Paul Auster, l’une allongée, l’autre assis. L’une souriante, l’autre circonspect.

Le canapé, sinon, c’est une valeur sûre, plus naturelle et moins compromettante.

Il y a des contre-exemples, oui, et notoires. Des femmes écrivaines qui sans doute ont osé dire au photographe : non je n’ai pas envie d’avoir un air artificiel sur cette photo. Non, je ne souris jamais quand je travaille. Ou alors furtivement, de satisfaction après avoir cherché pendant trois jours la bonne formulation. Ou si j’écris un passage humoristique, peut-être. Et je ne regarde jamais un objectif, non plus. Et d’ailleurs, je peux fumer sans chat. Notons que les femmes qui ont osé cela sont celles qui ont déjà réussi à accéder à la notoriété au moment de la photo. Elles ont acquis la chance de n’avoir plus à convaincre, plus à plaire, plus à veiller de ne pas déranger. Une chance acquise au fil des ans, de leur travail, de haute lutte. Une chance acquise d’emblée à tous leurs confrères, aussi jeunes soient-ils.

 

Marguerite Yourcenar

 

Harper Lee

 

Simone de Beauvoir

Bon, du coup, elles ont l’air aussi peu amènes que leurs confrères, certes…

Mais on n’a rien sans rien.

(Bien sûr ces constatations ne s’appliquent pas aux auteurs de littérature jeunesse qui, hommes ou femmes, ne bénéficiant que d’un assez faible capital sérieux de départ, misent pas mal sur leur capital sympathie… comme pendant longtemps et encore pas mal aujourd’hui les femmes en littérature générale. Cependant, voyons le bon côté des choses, comme ils ne sont pas accusés de langueur, ils ont souvent peu à s’allonger sur les photos).

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de l’autoportrait

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Walker Evans est surtout connu pour son travail sur la Grande Dépression. Il a su saisir une Amérique en crise, avec délicatesse.

Sadie Tingle, Alabama, 1936.

On connaît moins ses autoportraits, nombreux.

Ce n’est pas un cas unique, loin de là. Nombre de photographes, mais aussi de peintres ont ressenti le besoin de saisir leur image changeante (Rembrandt étant fameux aussi pour cela…

),  à la manière d’un Monet avec ses meules de foin ou ses parlements de Londres ; ou comme Auggie/Harvey Keitel dans le Smoke de Paul Auster, qui prend en photo le coin de sa rue, toutes les heures.

Revenons à Mister Evans.

Qui a  l’air de s’étonner à chaque fois d’avoir l’air si différent de lui-même.

Il en joue.

Il se regarde vieillir ou tout simplement changer suivant l’heure de la journée, de la nuit, ou bien suivant les événements heureux ou malheureux de sa vie.

Comme varie l’eau de la Tamise d’heure en heure.

Il y a bien sûr une recherche d’humanité là-dedans.

D’identification, de charme, de séduction, de déconstruction.

Walker Evans avait une vocation littéraire… Peut-être écrivait-il aussi bien qu’il photographiait.

Vient la question : comment les écrivains s’autoportraitisent-ils ?

Autobiographie ? Autofiction ?

Trop de transformations.

Le diarisme, peut-être…

Le diarisme, sûrement.

Le monde prodigieux que j’ai dans la tête. Mais comment me libérer et le libérer sans me déchirer. Et plutôt mille fois être déchiré que le retenir en moi ou l’enterrer. 21 juin 1913.

Je suis allé au cinéma. Pleuré. Avant, un film triste, L’accident du dock, après un comique, Enfin seul. Je suis absolument vide et insensible. Le tramway qui passe a plus de signification vivante que moi. 20 novembre 1913.

J’étais assis chez Weltsch dans un fauteuil à bascule, nous parlions du désordre de notre vie, lui malgré tout avec une certaine confiance. « Il faut vouloir l’impossible ! ». Moi, sans même avoir cela, dans le sentiment d’être le délégué de mon vide intérieur, qui est exclusif et pas même exagérément grand. 16 décembre 1913.
 
Violente averse. Mets-toi face à la pluie, laisse ses rayons de fer te pénétrer, glisse dans l’eau qui veut t’emporter, mais ne bouge pas, reste droit et attends le soleil qui va couler à flots, subitement et sans fin. 27 mai 1914.

Journal de Franz Kafka

(Francis Bacon, autoportrait)

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