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Vous regardez le monde

Pendant ce temps, dans le monde de Renversante…

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ACTUALITE dans le monde de *Renversante* (lu dans L’EXPRESSE) :


L’ACADEMIE FRANCAISE VA MASCULINISER LES NOMS DE METIERS


« Les académiciennes s’apprêtent à reconnaitre officiellement la masculinisation des noms de métier, après des années de réticences. Les Immortelles devraient donc reconnaitre la validité des versions masculinisées de nombreux termes comme préfet, procureur ou ambassadeur, utilisés dans le langage courant mais exclus des dictionnaires sémantiques. La masculinisation des noms de métiers s’inscrit en réalité dans l’histoire de la langue française, rappelle L’Expresse, puisqu’on retrouve la trace de versions masculinisées jusqu’au XVIIe siècle, date à laquelle les hommes « ont été exclus d’un certain nombre de professions ». »


Une bien belle victoire pour nos amis les hommes !

(Illustration de Clothilde Delacroix)


Et dans notre monde c’est là.

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Courir, s’émouvoir, mais se faire plaisir aussi

Je n’ai vraiment le temps de rien ces temps-ci, et moins encore de publier mes articles rêveries/réflexions/inspirations/influences/bonnes lectures que j’affectionne car ils donnent de l’air à ma création.
Il se trouve en effet qu’en dehors de mon travail d’écriture j’ai été happée par des discussions passionnées et duels à l’épée à propos de la fiscalité des auteurs et autrices (ô combien floue – au fait mon outil TS ou BNC qui contenait des erreurs a été mis à jour), mais aussi par la participation à une tribune qu’on pourrait résumer par oh-hé-respect-for-the-actors-of-la-littérature jeunesse-non-mais, ajoutons-y deux journées de rencontres scolaires, 3 jours de vacances à la neige merveilleux mais bien peu reposants, un aller-retour éclair à Paris pour raison pro ainsi que la vie, quoi, et vous aurez une idée du retard que j’ai accumulé pour ce que je dois accomplir dans un délai qui se rapproche dangereusement. Mais quand même envie de vous parler vite-vite de ce qui m’a profondément touchée et plu dernièrement (en dehors de mes lectures parce que je veux bien le faire en prenant plus de temps).
D’abord, le décès de Tomi Ungerer. Parce que j’adore Les 3 brigands, mais aussi parce que le personnage était fascinant. J’avais vu un documentaire sur lui et avais découvert ses dessins de presse, satiriques, érotiques. Foisonnant, inventif, provocateur, plein de charme..

Tomi Ungerer, dessinateur, portrait a Strasbourg


Ensuite, à l’occasion de mon voyage éclair à Paris j’ai quand même eu le temps de voir Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman à la Comédie Française. Fabuleux, frappant, sur le fil constant entre fiction et réalité, du théâtre pur, et une mise en scène de Julie Deliquet d’une maîtrise et d’une intelligence saisissantes. Je me souviendrai longtemps de cette richesse et de cette profondeur. Pas fini d’en sonder les tenants et aboutissants.


Et enfin, eu le temps aussi d’aller au Jeu de Paume voir l’exposition de Luigi Ghirri, Carte et territoire (quand on a lu le roman de Houellebecq on se demande s’il ne s’est pas inspiré de ce photographe pour son personnage). Ancien géomètre, ses clichés datent des années 70 et interrogent les cartes, les lignes des paysages ainsi que notre regard anesthésié par les affichages publicitaires.

J’ai aimé d’autant plus que ces photographies m’ont souvent fait penser à celles d’une collection dans laquelle j’ai la chance de baigner ces temps-ci, mais je vous expliquerai cela plus tard. D’ailleurs c’est pour ce projet-là que j’ai pris du retard, hum, donc bon j’y retourne.
Et n’oubliez pas, allez au théâtre, au cinéma, dans les musées, et lisez des livres (de littérature jeunesse, aussi, bien sûr ;-)), c’est tellement bien !

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Outils pour auteurs et autrices

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Entre deux sessions d’écriture de romans et deux lectures, j’ai souvent un besoin étrange et irrépressible : me reposer du monde des idées et de la création avec des activités rassurantes, à savoir manipuler des chiffres ou du code. C’est le moment que je vais choisir pour faire des mises à jour compliquées sur mon blog, ou bien pour plonger avec délectation dans la confection de tableaux excel qui rendent le monde simple, clair et tangible.

L’utilité immédiate et concrète de ces outils me raccroche à la réalité matérielle du monde. La Vie Matérielle, c’est aussi cela, aussi bien que cuisiner, faire les courses, aider les enfants à faire leurs devoirs… Et partager ces outils a du sens, comme partager les fiches de ses meilleures recettes de cuisine. A quoi sert la vie matérielle si ce n’est pour vivre mieux ensemble ?

C’est ce que je choisis d’appeler la Boîte à outils, qui sera toujours disponible ici, sur mon blog. J’ai confectionné 2 outils, où j’ai injecté des années de tentative de compréhension juridique et fiscale des droits d’auteur et d’autrice. C’est d’une telle complexité que mettre tout cela en tableaux m’apaise un peu.

Le premier outil permet de calculer ses droits d’auteur ou d’autrice en brut ou en net en fonction des ventes, et de connaitre ce que vous rapporte un livre vendu suivant les paliers… Les zones en bleu sont celles que vous devez renseigner. Des résultats de cet outil-là je suis à peu près sûre, même si je ne suis évidemment pas à l’abri d’une erreur. Il est très, très utile au moment de négocier un contrat, parce que longtemps j’ai accepté des conditions dont je ne me rendais absolument pas compte des conséquences futures, en monnaie sonnante et trébuchante. Je le conseille également à tout autre membre de la chaîne du livre, pour se rendre compte du gain réel (net) des auteurs et autrices suivant les ventes d’un ouvrage. Personnellement j’adorerais bénéficier d’un tableau similaire concernant chaque maillon de la chaîne, pour la transparence.

(Bon cet outil intègre aussi un peu de science-fiction, comme un 4e palier rarement proposé, car les tableurs excel, sachez-le, comprennent une part de rêve et c’est en cela qu’ils sont beaux).

Le second outil c’est Mon outil magique perso pour calculer son revenu imposable et/ou comparer les différents statuts fiscaux possibles pour un auteur ou une autrice (il y en a 4 : Traitements et Salaires au forfait, Traitements et salaires aux frais réels, micro-BNC, BNC déclaration contrôlée). La situation fiscale des auteurs et autrices baignant dans un flou artistique (ah ah) assez scandaleux il me semble, et même les comptables les plus au fait ne sachant s’avancer de façon sûre sur très peu de choses, prenez cette interprétation chiffrée que je vous livre avec de grosses pincettes. Ce flou montre à quel point on a besoin d’un véritable statut aux contours mieux définis. Enfin cet outil peut quand même servir à comparer les différents statuts. Suivant son cas propre, on préfèrera l’un ou l’autre… Et attention pour faire son choix il faut prendre en compte beaucoup d’autres données, pour la CAF, les assurances, les aides sociales etc (il semblerait qu’une bonne âme de La charte des auteurs et autrices jeunesse soit en train de vous concocter un comparatif complet : may the force be with him).

En tout cas je crois que cet outil magique a le mérite de défricher les choses pour des auteurs et autrices qui pataugent, débutent, baignent en pleine phobie administrative (à ce que je constate : la majorité). A vous tous et toutes, je dis : Courage ! Et puissent mes humbles outils vous aider un peu.

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quitter son chez-soi pour le lointain Salon du Livre de Montreuil…

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Portrait de Johanna Staude, Klimt

… C’est se sentir un peu comme la Johanna Staude de Klimt. 
La chaleur de chez soi encore sur les joues, les lèvres, dans les tons chauds du manteau. 
C’est porter un tour de cou douillet pour le confort ou pour la défense – c’est s’armer ou s’ouvrir on ne sait pas – c’est s’éloigner des flammes dansantes de la cheminée, c’est braver l’extérieur, c’est quitter les cercles tournoyants de l’écriture, c’est se sentir mi-joyeuse mi-résignée. 
C’est aussi retenir quelque chose, que soi-même ignore encore, qui restera lui en-dedans, au chaud. Un mot, une formule ou un mantra pour les métamorphoses inéluctables, un mot pour les rencontres, un mot pour la dissémination de soi, telles les cendres abandonnées qu’on laisse derrière soi, avec les chats.

A demain !

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CE BEAU FUTUR DEJA LA (un peu d’optimisme bien mérité)

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Je tiens à saluer le 34e Salon du livre et de la presse jeunesse pour l’utilisation du mot AUTRICE dans toute sa communication ! Rappelons tout de même qu’il s’agit du plus grand rendez-vous européen dédié à la littérature jeunesse, et que ce n’est pas rien.
On y parlera de FUTURS, or ce souci paritaire et linguistique féministe bien présent et revendiqué cette année de la part du SLPJ est un bel exemple de ce qui l’an passé ne ressemblait qu’à un futur balbutiant. Ce futur devenu présent et assumé arrive sans tambour ni trompettes, je n’ai vu l’annonce d’aucune table ronde sur le sujet, et pourtant c’est bien là le plus beau symbole d’un futur qui ne peut advenir que quand on commence à l’appliquer pour soi-même, puis à insister pour que les autres l’appliquent pour soi-même, avant d’informer autour de soi avec patience et pédagogie mais aussi ferme persévérance qu’on aurait tout intérêt à en étendre l’application à toutes.
C’est pourquoi je me permets ce tout petit roulement de tambour ;-). Et UN GRAND MERCI et UN GRAND BRAVO aux organisateurs et organisatrices du salon.

Dans le même temps je me réjouis de voir le mot AUTRICE utilisé ENFIN dans la communication de La Charte des auteurs et des illustrateurs pour la jeunesse, – il ne manque plus qu’à l’appliquer dans le titre ! – ce qui ne pouvait pas ne pas arriver après le travail de la commission sexisme et le dialogue fructueux entamé avec… le SLPJ, notamment.

La montée en puissance de ce mot (rappelons-le, le seul qui ait une légitimité historique, grammaticale et étymologique pour désigner un auteur au féminin) arrive après la belle et courageuse appropriation du mot par des maisons d’édition jeunesse soucieuses de leurs auteurs ET de leurs autrices (coucou Éditions Syros et Aimer lire avec Nathan ! Mais pas qu’eux).

Cela arrive après une belle édition du Prix Vendredi dont la sélection paritaire a fait cette année un joli pied de nez à ses homologues « pour adultes », aux jurys dinosaures qui n’ont encore rien compris au(x) futur(s). Sincèrement, là aussi je dis bravo.

Voilà le beau futur déjà là dans lequel nous arpenterons cette année les allées du salon.

Je suis bien désolée de ne pas être là ce soir pour l’inauguration, puisque je n’arrive de ma province que vendredi, mais croyez bien que j’aurais entrechoqué avec plaisir ma coupe de champagne contre les vôtres, rien qu’en l’honneur de ce monde de la littérature jeunesse toujours en mouvement, toujours précurseur, toujours ouvert, et en l’honneur de ce mot AUTRICE que j’aime d’amour depuis des mois, et qui se pare d’une beauté doucement et tendrement révolutionnaire ces temps-ci.

A nos futurs, les ami·es.

(Je remercie vivement le gang des Pépettes, ainsi que toutes celles et ceux qui ont lutté et luttent encore pour la parité et la linguistique)

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