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dernière lecture #108

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Il m’a fallu plusieurs jours après l’avoir fini pour réussir à me dire : c’est bon, je peux en parler. My absolute darling de Gabriel Tallent aux éditions Gallmeister est un vrai coup de poing dans l’estomac. J’ai été non seulement frappée par le style, impeccable troisième personne dense, intensément vivante, avec toujours la bonne distance, variable suivant les passages, que par l’histoire saisissante et disons-le, choquante. 

Il m’est déjà arrivé de lire des romans qui parlaient de violences, perpétrées sur de jeunes gens, mais c’était généralement annoncé comme du vécu, avec une narration qui n’allait pas au-delà de la confession (je crois important de dire les choses comme elles sont dans ce roman, car la crainte de spoiler ne peut pas être prioritaire, et il ne faut pas les dissimuler sous le terme facile d' »abus », comme j’ai pu le lire ici ou là : ici il est question de viols et de maltraitance globale). Il y a toujours eu sur ce sujet une pudeur et un tabou qui empêchaient de s’en emparer pour en créer un thriller « efficace » comme celui-ci. A la fin de ma lecture, qui fut addictive, emportée et véritablement enthousiaste malgré les passages les plus durs, j’ai balancé pendant plusieurs jours entre l’indignation et l’admiration. Indignation qu’un tel sujet soit le prétexte à créer une fiction aux ressorts si travaillés, admiration que ce soit si bien fait, avec une telle finesse psychologique et un tel talent pour faire exister les personnages.

Je me suis finalement dit au bout de plusieurs jours : n’est-ce pas une bonne chose que le tabou tombe et qu’enfin on ose porter ce sujet sur des terrains moins intimistes ? Je crois que oui, d’autant plus que Gabriel Tallent fait une démonstration magistrale de ce qu’est l’emprise psychologique, que peu de gens comprennent. On entend souvent à propos d’une femme battue par exemple : mais pourquoi n’est-elle pas partie plus tôt ? Avec la jeune Turtle, on comprend. L’auteur a travaillé son sujet, c’est évident, et la façon dont la jeune Turtle se parle à elle-même, agit, s’isole, et communique est je crois très juste. La figure du père est terrifiante dans son ambiguïté, dans son alternance d’amour et de violence, dans son intelligence et sa perversité. Personnage monstre dans tous les sens du terme, il existe, tout simplement, et on est malgré nous fasciné, autant que Turtle.

Ce qui est très réussi et qui chez moi a créé un vif plaisir de lecture, ce sont tous ces moments où Turtle réussit à communiquer avec des personnes bienveillantes. Ah, le personnage du jeune Jacob ! Il est une véritable goulée d’air frais, et l’un des passages peut-être les plus réussis est une sorte de robinsonade vécue par Turtle et Jacob sur le mode survie en milieu extrême. Magnifique. J’ai vraiment adoré toute la première moitié du roman avec ces interactions-là, belles, fines et souvent pleines d’humour, jusqu’à la survenue du personnage de Cayenne, où l’auteur a voulu faire monter le récit en puissance, et à partir de là j’ai beaucoup moins aimé.
L’honnêteté me pousse à dire que j’ai néanmoins beaucoup aimé les passages ébouriffants voire tarantinesques… dont je ne dirai rien même si je brûle de le faire !
Et quoi qu’il en soit, je garderai longtemps le personnage de Turtle en mémoire, positif, fort, en interaction constante avec la nature, je garderai l’idée d’un foisonnement de plantes, de fleurs, d’air humé et d’horizons à atteindre. Et je crois, malgré tout, que c’est un coup de coeur.

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Dernière lecture #107

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Livre tout corné, livre adoré !

Un seul roman pour ce #107 de mes lectures, mais il est assez épais et dense pour être tout seul !

Vif plaisir de lecture en compagnie de la clique de jeunes gens de Brexit Romance, croquée sur le vif avec autant d’acuité que d’humour et de tendresse par Clémentine Beauvais. Clémentine a réussi à dresser un portrait autant politique qu’acidulé d’une génération, avec humour et amour pour ses personnages, sans oublier une plongée parmi celles et ceux qui ont la vie plus difficile (je l’attendais, avec la crainte que ça n’arrive pas mais ouf). Personne n’est oublié – et c’est un leitmotiv des personnages féminins, qui analysent sans cesse leurs propos de peur de blesser, mais qui en retour entendent ne pas se laisser écrabouiller. Un juste appel à la douceur, droit de chacun, simple et bienvenu… J’ai adoré le choc culturel franco-anglais et ces traductions littérales à mourir de rire. J’ai adoré que ce soit un homme qui soit dans la position de l’amoureux transi dans l’attente perpétuelle d’un signe, et non son aimée, fuyante à souhait, trop occupée par son business pour prendre l’amour au sérieux -d’autant que son business c’est de ne pas prendre l’amour au sérieux. Génération pragmatique et futée, qui explose les stéréotypes dans lesquels on essaie encore de les enfermer (c’est joussif !). J’ai adoré la description très juste et très drôle de nos pratiques des réseaux, rarement aussi bien rendue qu’ici, et qui nous invite à une autodérision libératrice. Bon, j’arrête de lister tout ce qui m’a plu, mais encore, quand même : ah ce petit frisson de bonheur au détour d’un accord de proximité (c’est si élégant !) ou de quelques points médians savamment dosés ! Ce roman estampillé romance et en plus humoristique sera très certainement méprisé par les gens sérieux (du genre de Kamenev, au début du bouquin ;-)), et pourtant il est beaucoup plus réussi, plus politique, bien vu et sociologiquement juste que bien des romans sérieux et applaudis par l’intelligentsia dominante que j’ai pu lire jusqu’ici.

Donc lisez sans attendre Brexit Romance aux Éditions Sarbacane (et en plus, Clémentine Beauvais remercie les Pépettes à la fin, donc smack ❤️)

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mes dernières lectures #106

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Quelques mots sur mes dernières lectures :
D’abord, énorme coup de coeur pour A son image de Jérome Ferrari que j’ai dévoré en 2 jours, dans un plaisir de lecture que je n’avais pas rencontré depuis un petit moment.

J’aime quand je suis face à de la profondeur, de l’intelligence et de la beauté, non exempts de lucidité sur la noirceur du monde. Jérôme Ferrari nous offre là une magnifique relation d’amour pur entre un homme d’église et sa nièce. Les deux personnages sont racontés avec un véritable respect (un amour) de la part de l’auteur, et c’est cela qui a fait toute la différence, je crois, sans oublier le fil rouge d’une homélie longue, intense, bégayante de chagrin et de beauté. Et puis il y a les images. Une histoire de la photographie, un portrait du monde tout autant qu’un portrait de cette jeune femme, par ce qu’elle voit, par ce qu’elle est (et on échappe, enfin, à la question du paraître et/ou du sentimentalisme et/ou de la proie, dans un portrait de femme, et ce fut un bol d’oxygène inégalable : oui on peut être femme et vivre et voir et être aimée pour son âme même imparfaite, et oui logiquement il existe donc des hommes pour aimer ainsi une telle femme. J’eus à la fin le désir de baiser les pieds de l’auteur pour nous donner à voir cette évidence si peu montrée ces derniers temps, même si ce ne fut sans doute même pas son intention, ce qui est encore mieux). En résumé Jérome Ferrari a réussi le tour de force de raconter le beau et le laid tout ensemble, enchevêtrés, sans que l’un prenne le pas sur l’autre, mais le beau, tout de même, est vraiment beau, et tellement digne… Comme je n’ai aucune illusion sur le laid, ce beau me fit un bien fou. Tellement besoin de dignité…

Puis j’ai lu Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu, que je ne pouvais pas ne pas lire.

Pourquoi ? Parce que je suis née en Lorraine, et que j’ai passé mes trois premières années au pied du haut-fourneau d’Uckange désormais classé au patrimoine de l’humanité. Parce que mon grand-père a passé sa vie dans cette usine, et mon père commença à y travailler avant l’appel du sud et du soleil. Aurais-je vécu une telle adolescence si je n’avais pas quitté la vallée à 3 ans ? Difficile à dire bien entendu. Mais je sais à peu près la surface de ce qui y est raconté. Le chômage, le travail au Luxembourg, la grisaille, l’âpreté et tout le reste. J’ai trouvé chaque analyse de la situation très juste et pointue mais… j’aurais aimé être surprise, qu’une lumière passe quelque part dans ce déterminisme bourdieusien et me cueille – peut-être que je cherche trop, toujours, la beauté, la résilience, la pureté, l’innocence, cette force capable de s’extraire du marasme et d’éviter de faire toujours les conneries qu’il ne faut surtout pas faire. 
J’ai lu cette chronique adolescente heureuse du style et de la narration parfaitement maitrisée, admirative de la façon dont sont racontés les élans les émois les désirs et cet appel de la chair, cette façon qu’ils ont de s’attraper comme à des bouées, mais j’ai été en équilibre précaire, incapable d’installer la distance nécessaire entre cette fiction et ce que je connais du réel. Dérangée, sans doute, triste certainement. Il est dit dans le roman que les personnages ont tous envie de quitter cet endroit pour ne pas y revenir. Même si je n’en ai rien connu, qu’avant mes 3 ans je ne me souviens pas de grand-chose, ce fut tout de même comme si j’y revenais, sans y rencontrer ma propre histoire. Et dans ce retour ce fut comme si une main me retenait en arrière pour me plaquer au sol. 
J’ai fini le roman asphyxiée. Mais c’est sans doute la preuve qu’il est bon. C’est l’oeuvre d’un très grand écrivain, sans aucun doute, qui méritait le Goncourt, certainement.

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mes dernières lectures #105

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Me revoici, avec mes 3 dernières (bonnes) lectures !

D’abord merci à Vincent Villeminot pour m’avoir offert son roman Fais de moi la colère, qui est une véritable réussite.

J’aime les romans qui prennent des allures de fables et celui-ci réussit l’exercice à merveille, sans perdre pied avec le réel, et ce dans un style ciselé et envoutant. C’est tout autant politique que poétique et très sensuel. Bien sûr, quand on a co-écrit U4 avec l’auteur en question, on ne peut pas s’empêcher d’y voir des similitudes. Stéphane serait une petite soeur d’Ismaëlle (ou l’inverse, peu importe), et j’ai trouvé cela très touchant, d’autant plus touchant que Vincent est allé là aussi loin qu’il en avait envie, puisque son public pouvait aller plus loin avec lui. Aussi, bien sûr, j’ai adoré Ismaëlle et son réalisme tout sensuel. Elle est d’une importance capitale dans ce récit, en y apportant la part terrienne et viscérale qui lui aurait manqué. Ezechiel est, lui, à la fois vaporeux, liquide et donc insaisissable ; il est le fils de trop d’atrocités pour admettre d’exister. Les mots sont son défouloir, dans des monologues d’un lyrisme brut, et seule la capture du monstre, métaphore du mal qui multiplie les cadavres dans le lac et ronge le monde, lui offrirait une rédemption ou au moins une consolation (en tout cas tout ceci est ma lecture). Je m’arrête là pour ne pas spoiler, j’ai juste envie de demander comme tous les fans d’U4 l’ont demandé pour Stéphane : mais bon sang de bonsoir, que va devenir Ismaëlle ? (oui, j’ai eu une lecture à la fois jeunesse et vieillesse de ce roman !). En tout cas, bravo et merci Vincent.

Juste avant, j’avais lu La Tresse de Laetitia Colombani.

 

Pendant tout le roman je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Trois femmes puissantes de Marie N’Diaye que j’avais beaucoup aimé. La tresse est un très bon roman que j’ai lu avec grand plaisir et intérêt mais j’ai sans doute été gênée par la comparaison avec cet autre roman que j’avais trouvé si puissant, si musical et d’une noirceur qui laisse filtrer la lumière comme un éclat de diamant. Comparer n’est sans doute pas une bonne chose. Lire La tresse, tout comme lire Trois femmes puissantes, c’est de toute façon ne pas perdre son temps.

En jeunesse, je suis (très) en retard mais j’ai enfin commencé Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, en tout cas le tome 1.

J’adore ! C’est stylé, ingénieux, inventif, malin. Rien à dire. A mettre entre toutes les mains ! (en revanche pourquoi, mais pourquoi les enfants héros sont-ils si moches sur cette couverture ?… Ca passe peut-être mieux avec la couverture d’origine :

)

A très vite, pour d’autres romans de la rentrée littéraire (et des plus vieux, aussi, puisque les livres vivent longtemps).

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Mes dernières lectures #104

L’été je lis toujours encore davantage qu’en d’autres saisons, et cet été-ci ce fut un très grand plaisir, car j’ai eu la chance de tomber sur d’excellents romans.

Comme par exemple Martin Eden de Jack London, véritable chef d’oeuvre (l’idée de le lire m’a été donnée par une discussion fb, merci Anne Poiré !).

Je n’avais jamais lu Jack London, non non même pas Croc-Blanc, et j’ignorais quel grand écrivain il fut. Lacune enfin comblée. L’histoire de Martin Eden prend une dimension particulière quand on est écrivain·e. Impossible de ne pas se reconnaître dans ses affres et ses joies de création. Dans ses lassitudes face au culte des valeurs établies de la bourgeoisie qui tire les ficelles du monde de l’édition et de la critique, face à l’esprit moutonnier du public. Dimension encore autrement particulière pour ceux et celles d’entres nous, auteurs et autrices qui, comme Martin Eden, ne sont pas nés au sein de cette bourgeoisie. Fascination, apprentissage, mimétisme, travail encore plus forcené puis déception teintée de mépris, quand ce que l’on a admiré se révèle médiocre. Car la dimension politique est très présente. S’opposent individualisme nietzschéen et socialisme, constamment, et je crois que de nombreux·ses écrivain·e·s se débattent encore aujourd’hui dans cette contradiction, nous sommes forcés de croire en l’un et en l’autre, de vivre dans sa chair l’un et l’autre. C’est cette contradiction qui nous écartèle et nous écrase… Mais je n’en dis pas plus, lisez Martin Eden, grande oeuvre que toute personne travaillant dans le monde de l’édition devrait lire.

Extrait ô combien actuel : Elle avait une de ces mentalités comme il y en a tant, qui sont persuadées que leurs croyances, leurs sentiments et leurs opinions sont les seuls bons et que les gens qui pensent différemment ne sont que des malheureux dignes de pitié. C’est cette même mentalité qui de nos jours produit le missionnaire qui s’en va au bout du monde pour substituer son propre Dieu aux autre dieux. A Ruth, elle donnait le désir de former cet homme d’une essence différente, à l’image des banalités qui l’entouraient et lui ressemblaient. 

Pour ma part, encore éblouie par ces éclairs d’intelligence et de talent, j’ai déjà commencé Talon de Fer.

 

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Sinon la rentrée littéraire de septembre est déjà là, à laquelle je ne joue pas cette année et c’est très confortable et reposant il faut bien le dire (l’année 2017 fut vécue en creux à cause d’un deuil lancinant et de débats épuisants – féminisme, droits des auteurs et autrices – et la moindre parcelle de mon énergie créatrice a été injectée dans Le Grand Saut, uniquement, qui je crois bénéficie de cette lumière forte qui avait envie de percer). J’ai tout de même une parution en ce mois de septembre : le 4e et dernier tome de ma série Mona (texte pour pré-ado sans prétention mais que j’aime bien, hélas un peu gâché par une couverture que j’essaie de trouver proche de mon texte avec la plus grande bienveillance dont je sois capable, hélas c’est difficile, et ce n’est pas faute d’avoir essayé d’en changer l’orientation et la tonalité des couleurs. Ce n’est pas l’illustratrice qui a fait du mauvais travail, c’est juste un autre choix qu’il eut fallu faire. Bref.)

Mais je sens depuis quelques mois revenir une forme éblouissante, comme une pure clarté après l’orage, et des projets auxquels je tiens beaucoup verront le jour en 2019, d’autres sont en germe et trépignent et tournent dans ma tête. Des résolutions aussi : finis les débats stériles sur fb où seule triomphe la bêtise, qui pompe et anéantit la moindre sève d’intelligence, finies les discussions avec des personnes dont l’arrogance le dispute à la platitude des idées, et ne dépenser mon énergie que dans une exigeance encore plus grande dans ma création littéraire. Un peu envie de mettre mes tripes sur la table de travail et de ne répondre qu’à l’urgence et la nécessité, pas nécessairement grave ou violente, précisons-le. Revenir à cette écriture qui fut la mienne quand j’étais petite et ado, déconnectée des attentes d’un monde éditorial pas toujours clairvoyant (vous aurez un aperçu de cette écriture dans un roman à paraître en janvier chez Nathan). En attendant, bonne rentrée littéraire à vous, belles découvertes, et pour moi cette rentrée rime avec Morges, où je serai en fin de semaine prochaine, avec ô joie quelques ami·e·s auteurs·rices que j’aurai plaisir à revoir.

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Mes dernières lectures #103

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C’est parti pour mon 103ème article de ce blog contenant mes derniers coups de coeur de lecture !

J’ai déjà parlé de mes coups de coeur pour Esprit d’hiver de Laura Kasischke et pour Amours de Léonor de Récondo sur mes réseaux, mais j’en laisse une trace ici sur mon blog pour mémoire pour moi-même (oui ce blog, c’est aussi un peu comme un carnet de bord, très utile pour laisser des traces). En résumé : lisez-les, styles et histoires à couper le souffle, vraiment.

Avant ces deux-là, j’avais lu L’été circulaire acheté au salon de Paris en mars, suite à une table ronde avec son autrice Marion Brunet. J’étais sortie de ce roman sûre d’avoir lu un excellent roman au style recherché, dense, qui emporte, mais aux sentiments très mélangés concernant l’histoire. Cela m’a fait le même effet que pour Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal : j’aurais bien gardé uniquement l’histoire des ados et me serais bien passée de l’intrigue policière ou noire. Car l’histoire de ces deux soeurs est magistrale, surtout pour quelqu’un comme moi qui a vécu son adolescence dans le même sud exactement et en connait l’atmosphère poisseuse et joyeuse à la fois. J’ai les mêmes souvenirs très marquants de fête foraine (début époustouflant), et pour moi c’est toujours très particulier les fêtes foraines… Marion a réussi à rendre tout cela à la perfection, cette langueur, ces vides, ces joies, cette sensualité, ces désirs, cette intensité brève et cette violence diffuse avec grand talent. Mais dès qu’il s’agissait des adultes je m’éloignais du texte, de façon indéfinissable.  Il faut sans doute préciser que les romans noirs ou policiers ne sont pas du tout ma tasse de thé, c’est peut-être le pourquoi du comment. A cause de cette petite gêne j’ai longtemps hésité à parler de ce roman ici, mais en cet été caniculaire certaines scènes ou plutôt atmosphères de L’été circulaire me reviennent souvent. Je me dis alors que oui, c’est un excellent roman, à lire assurément.

Puis j’ai plongé dans La petite dernière de Susie Morgenstern. Je suis une fan inconditionnelle de Susie, et c’est fou comme sa prose m’emporte à tous les coups, quoi qu’elle raconte ! Je m’y retrouve toujours, c’est un flux qui me rencontre immédiatement. Cette fois Susie raconte son enfance, romancée ou pas on s’en moque, en tout cas c’est passionnant, touchant, généreux. C’est Susie, quoi !

Ensuite ce fut Anima de Wajdi Mouhawad, dont j’ai aussi déjà parlé sur mes réseaux. L’un des meilleurs romans que j’aie jamais lus. Réellement. Mais l’un des plus traumatisants aussi. Réellement aussi. Récit atroce et beau. A lire… quoi qu’il en soit.

Et enfin je viens de terminer l’excellent The Hate U give de Angie Thomas. Le pendant parfait, sous forme de roman, de l’essai Une colère noire de Ta Nehisi-Coates. On en ressort bouleversé, avec la même colère que l’héroïne. Et comme pendant ma lecture de Une colère noire, je n’ai pu que me rendre compte combien tous les mécanismes de domination se ressemblent… hélas. Lisez et offrez ce livre (Une colère noire, aussi, vraiment éclairant et qui se lit comme un roman), pour que chacun s’en rende (enfin) compte.

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Et sinon pas des lectures, mais je conseille à ceux qui sont sur Paris de voir (c’est les derniers jours en plus) l’expo sur Kupka au Grand Palais. Magnifique, et parfaite pour comprendre pourquoi et comment un artiste passe du figuratif à l’abstraction.

Quand même ce que je préfère ce sont ses portraits – ici Gigolette en rouge.

Pendant mon petit séjour parisien j’ai eu un coup de coeur aussi pour le marché aux puces de Saint-Ouen. Particulièrement pour le marché Vernaison et le marché Dauphine. Très belle découverte.

Marché Dauphine

Et puis j’ai enfin découvert le marché d’Aligre dont mes copines parisiennes me parlent depuis un moment : en effet, c’est à ne pas rater, surtout le dimanche. Un vrai bonheur… (merci Jean-Marie pour la visite guidée !).

(A part cela pour moi expérience ratée à l’atelier des lumières dont j’attendais beaucoup. Hundertwasser et Poetic A.I., c’était vraiment pas mal, mais pour Klimt, peut-etre parce que je l’aime trop, je suis passée à côté, je ne voyais en somme qu’un hangar éclairé. Je n’avais pas le temps de m’attarder sur les tableaux que j’aime, c’était une vraie frustration…).

A bientôt et bel été à vous !

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