Sign up with your email address to be the first to know about new products, VIP offers, blog features & more.

Vous regardez lecture

Dernières lectures

Par Posted on 0 Aucun tag 0

Voici un petit compte rendu de mes dernières lectures.
D’abord, le jeu de mot est facile mais réel : j’ai été captivée par Captive de Margaret Atwood. Après avoir lu la dystopie La servante écarlate, j’étais curieuse de voir comment l’autrice s’en sortait dans un récit situé dans le passé, cette fois. Vraiment très bien. C’est même pour moi le pendant de La servante écarlate, on sent les mêmes révoltes et les mêmes préoccupations. L’occasion de s’en rendre compte, si on en doutait encore, qu’une bonne dystopie s’appuie toujours sur ce qui fut, ou sur ce qui est. Et puis le personnage de Grace est très attachant. J’ai juste regretté que l’autrice se soit forcée à la fin à rester fidèle à cette histoire réelle. Elle a été tentée par une piste fantastique qui eut été sans doute beaucoup mieux exploitée (et donc jouissive pour le lecteur) si elle n’avait pas été limitée par le réel. Il n’en reste pas moins un sentiment de trouble et de frisson très agréable qui fait encore, et toujours, réfléchir à la condition des femmes.

 

Après une histoire aussi sombre, j’ai eu besoin de légèreté, et quoi de mieux que de partir dans l’espace, qui plus est avec Marion Montaigne ? (bon certes, surtout avec Thomas Pesquet, mais pour moi c’est surtout le ton de Marion Montaigne qui m’a emportée !).

La force de cette BD c’est qu’elle est à la fois hyper bien documentée et pleine de dérision. On rêve, on s’informe et on rit ! Merci et bravo à l’autrice et dessinatrice.

Je termine par une petite déception, à savoir le tome 4 de l’Amie prodigieuse, que j’ai peut-être trop attendu…

L’histoire et la narration de Léna m’ont paru hélas très plates. Lila quant à elle a passablement perdu de son côté prodigieux. Si les désillusions ressemblent à la vie réelle, en tant que lectrice j’aurais aimé être davantage surprise. Même la chute finale ne m’a pas satisfaite et m’a paru un peu téléphonée. De toute façon même si cette saga fut très additctive, je n’ai retrouvé dans aucun des autres tomes la force évocatrice du premier, un véritable chef d’oeuvre d’après moi. Une rupture de style et de narration si forte que je me demande si derrière Elena Ferrante ne se cachent pas en vérité deux auteurs….

partager

De la vitesse

Par Posted on 2 Aucun tag 3

Facebook va mourir. Mourir de sa belle mort dont on ne parlera guère sur Instagram ou Twitter. On y dansera sur sa tombe. Mon analyse est sans faille. Tout est la faute du logiciel. Après 15 jours de faible utilisation, voilà le truc même pas dingue et tout à fait anodin au fond qui va vous arriver : sur vos 5000 amis vous ne recevrez désormais le fil d’actualité que d’à peu près 5 personnes. Vous serez assez content·e d’avoir de leurs nouvelles mais il vous suffirait de leur passer un coup de fil : vous les connaissez assez bien. Quand vous posterez quelque chose, il n’y a plus que ces 5 là qui verront votre article. Certains s’agitent. Cela ressemble aux soubresauts avant l’agonie. Ils postent des articles déchirants. Ils supplient : pour ne pas sombrer, englouti par l’IA, s’il vous plaît, je vous en supplie, commentez-moi, likez-moi, et ainsi je remonterai dans les lignes de code (ou un truc du genre – ils n’y connaissent rien, ils nagent dans une ignorance encore plus engloutissante, ils se débattent dans un océan d’opacité bien entretenu, ils se nourrissent de leur seul pathétisme… et lui-même nourrit le monstre, il grandit et grossit avec notre désarroi). D’autres s’y prennent autrement, ils souhaitent garder leur dignité, ils le croient en tout cas, en ne suppliant personne, en ne gémissant pas, mais en postant des articles à gros caractères ou à idées courtes, les plus polémiques et provocateurs possibles, dans l’espoir que ça buzze, que ce soit partagé, que ce soit commenté, disputé, vilipendé, porté aux nues. Outrer ou rallier, choisissez mais surtout réagissez, et donnez-moi de la visibilité. Mais rien ne fonctionne. Rien à part y passer ses journées entières. Passez-y 24 heures sur 24, réagissez, commentez, likez, suppliez, gémissez, provoquez, et ainsi vous existerez au yeux du logiciel. Vous mourrez heureux. Vous serez le fantôme du web le moins vite oublié : comptez trois jours, environ.

(Si cette image vous parle, c’est que vous êtes déjà un peu sensibilisé·e·s à ce que je vous raconte. Ou si vous avez lu #Bleue, aussi.)

Facebook va mourir parce qu’Instagram est plus efficace. C’est moins fatigant d’exister sur Instagram. Faites une belle photo de votre cappucino et votre chat, cela prend une seconde et ensuite, attendez. On vous aimera. Mais moins longtemps. Fb meurt de sa lenteur – si relative pourtant. Instagram prospère sur sa vitesse. Voir une image et la liker prend un dixième de seconde, avant de passer à la suivante. On peut donc en voir plus. Les voir toutes. Mais il vous faut aussi en faire beaucoup, et beaucoup de stories. Songez à en faire à tout moment de votre vie.

En attendant la mort de facebook ou la vôtre ou les deux, comme vous voudrez, et tant que notre notoriété réseaux-socialesque ne détermine pas encore tous nos droits de citoyen, je vous propose une alternative : allez dans les musées, tout y est plus vivant (tableaux postés ici d’Egon Schiele). Et oh, j’oubliais : lisez des livres. Vous verrez combien on y existe bien davantage. Et plus longtemps. Et vous ferez la découverte d’une chose vertigineuse : la profondeur.

Mais aller dans les musées ou lire des livres, et cotoyer ainsi la profondeur qui remplit l’âme, cela prend encore plus de temps que de lire un article entier sur Facebook. Choisissez votre vitesse.

 

partager

« Une colère noire » + « Flora Banks »

Par Posted on 0 Aucun tag 1

J’aime quand écrire me plonge dans des gouffres dont j’ai du mal à m’extirper ensuite (je suis en pleine remontée), et j’aime quand la lecture me plonge dans d’autres couloirs de ces gouffres, habités par d’autres esprits.

Cela peut arriver aussi bien avec des essais qu’avec des romans. Un bon essai peut m’emporter aussi bien qu’un roman, et ce fut le cas avec la magistrale Colère noire de Ta-Nehisi Coates.

«  Quand j’y repense, je me rends compte que je recevais le même message de partout. En ce temps-là parmi mes amis, il y avait beaucoup de gens en lien avec des mondes différents. « Fais de ta race une fierté », disaient les anciens. A l’époque, j’avais très bien compris que je ne faisais pas tant partie d’une « race » biologique que d’un ensemble de gens, et que ces gens n’étaient pas noirs à cause d’une couleur ou d’une caractéristique physique. Ils étaient liés parce que tous subissaient le fardeau du Rêve, ils étaient liés par toutes ces belles choses, une langue et des manières de parler, une nourriture et une musique, une littérature et une philosophie, une expression commune, en somme, qu’ils façonnaient comme des joyaux sous le poids du Rêve. »

Le Rêve, tel que défini par l’auteur est un peu le fil rouge de l’ouvrage, et ce qui m’a le plus frappée. Le Rêve américain certes mais aussi le Rêve blanc. Les humains dominants aiment tant rêver au détriment des dominés… Cet essai est magistral autant par son propos que par son style, l’écriture est belle, ciselée, métaphorique et précise aux bons moments. Il est à noter que la profonde humanité de l’auteur n’en oublie pas la moitié féminine, la prenant toujours en compte, avec l’honnêteté d’admettre qu’il ne peut se rendre tout à fait compte de ce que vivent les femmes noires. C’est exactement là qu’est le drame : l’impossibilité de l’être humain de se rendre compte de ce que vit précisément un autre être humain, surtout dans ses difficultés. Un essai tel que celui-ci permet de pallier à cette limite humaine. Il nous ouvre un monde de compréhension et d’empathie, avec une intelligence et une finesse hors du commun.

Puis j’ai lu enfin un roman jeunesse qui m’a scotchée (ça faisait longtemps, et j’en lis beaucoup comme vous savez). Il s’agit de Flora Banks, d’Emily Barr (merci à Casterman pour le cadeau !).

Pourtant, au début, je n’étais pas du tout acquise, à cause de la pauvreté du langage et du style, et le début très fleur bleue. Mais tous ces éléments, du langage assez enfantin à la fixette amoureuse, se justifient par la suite, et se démontent au fur et à mesure au fil de twists réjouissants et percutants. J’ai surtout été bluffée par la capacité de l’autrice de s’emparer de et de transformer avec brio une idée très casse-gueule, disons-le : le handicap de la narratrice consiste à n’avoir une mémoire immédiate que de 2 heures. Imaginez donc un roman où on est dans la tête d’une héroïne qui oublie systématiquement ce qu’elle vient de vous raconter trois pages avant ! Eh bien n’imaginez plus, lisez Flora Banks, et vous serez très étonné·e·s de constater à quel point ce n’est pas répétitif, et au contraire prenant et passionnant. Mention spéciale pour les lieux choisis, que je ne nomme pas pour ne pas divulgâcher l’histoire, mais personnellement je rêve encore de ces paysages… Comment l’autrice a-t-elle réussi, avec un style si simple, à m’emporter, me faire rêver, me faire réfléchir autant ? C’est tout le talent de ces auteurs·trices jeunesse, qui à la fois se penchent vers leurs lecteurs et lectrices, entrent là où ils sont (ce qui n’est pas possible en voulant écrire comme certains auteurs et autrices pour adultes), et leur saisit la main pour les emporter bien plus haut, bien plus loin, avec le seul support de la narration et de la structure de l’histoire. Ce roman si peu stylé, et pourtant si bien mené, au propos si profond, confirme mon intuition qu’on ne peut et qu’on ne doit pas juger un roman jeunesse avec les mêmes critères qu’un roman de littérature générale. En tout cas, pas toujours.

« A l’intérieur de ma tête, c’est le chaos. C’est un incendie. C’est une tempête de neige. C’est la jungle. C’est le désert arctique. C’est à la fois tout ce qui s’est produit et tout ce qui ne se produira jamais. Le temps est un élément aléatoire. C’est la chose qui nous fait vieillir. Les humains s’en servent pour organiser le monde. Ils ont inventé un système pour essayer de mettre en ordre le hasard. Tous les êtres humains, tous sauf moi, vivent leur vie découpée en heures, en minutes, en jours et en secondes, mais choses ne sont rien. L’univers rigolerait bien de nos tentatives pour l’organiser, si seulement il daignait s’y intéresser. Le temps est ce qui fait flétrit et pourrir nos corps. Voilà pourquoi ils ont peur de lui. Mais moi, ça ne m’atteint pas : je sais que je ne vieillirais jamais. »

Voilà c’était le 102e article de ce blog rapportant mes bonnes lectures ! Je retourne quant à moi au retravail fin du tome 3 de mon Grand Saut, dont j’appelle une fois de plus la poignée de lecteurs et lectrices qui a trouvé le tome 1 trop fleur bleue ou trop convenu (exactement comme le début de Flora Banks, tiens !), à lire le tome 2 pour se rendre compte à quel point ce début était voulu, correspondant à une réalité de cet âge, pour mieux la retourner ensuite. Dans le tome 3, certains personnages m’étonnent moi-même, c’est dire ! (Ah, sacré Paul… Vous verrez…)

partager

« il doit y avoir quelque chose dans les livres… »

Par Posted on 2 Aucun tag 0

Très chère lectrices et très chers lecteurs, je vous souhaite d’excellentes fêtes de Noël et de jour de l’an. J’espère que vous trouvez le temps de cuisiner des petits sablés et de parfaire la déco du réveillon, enfin si c’est pour vous un grand plaisir ; et s’il vous manque encore quelques cadeaux à faire, quoi de plus simple que de vous rendre dans votre librairie préférée ? Offrez des livres, offrez-vous des livres… Ce ne sera alors pas qu’un livre que vous offrirez, mais ce « quelque chose » que découvre Montag dans le Fahrenheit 451 de Bradbury.

« Il doit y avoir quelque chose dans les livres, des choses que nous ne pouvons pas imaginer, pour amener une femme à rester dans une maison en flammes oui, il doit y avoir quelque chose. »

partager

Mes dernières lectures, numéro 101 !

Par Posted on 0 Aucun tag 1

C’est le 101 ème article de ce blog qui parle de mes dernières lectures ! (pour les trouver toutes, allez dans Catégories, dans la barre latérale droite, puis cliquer sur Lecture).

Voici ma dernière moisson enthousiasmante.

D’abord un roman offert par Chloé, ma libraire préférée-adorée qui hélas est partie travailler plus loin de chez moi que jusqu’ici (quelle perte !). La finaude savait que La peau dure de Raymond Guérin (éditions Finitude) me plairait.

Ce texte, écrit en 1948, est d’un réalisme social frappant. L’auteur se met dans la peau de trois femmes, trois soeurs issues du « petit peuple », et qui en bavent. La langue, à l’instar d’un Céline, à la première personne, est âpre, elle bute, elle est sincère, elle comprend et ne comprend pas. Cette forme de lucidité, de mots et de pensées crues, et de déni obligatoire sous peine de sombrer encore plus bas, cela me fascine et me bouleverse. Cette dignité, bordel… Et puis ce sont de vrais portraits de femmes, qui n’évacuent en rien leur réalité de femme. Car non, la femme n’est pas un homme comme les autres, et c’est du féminisme que d’en être conscient, et consciente. C’est donc une immersion totale à la fois dans une époque et dans trois corps féminins. Une expérience à tenter, que je vous recommande chaudement, surtout parce que, hélas… quelles résonances avec aujourd’hui… De pareils textes doivent encore être écrits, pour mettre à jour cette actualité-là…

Pour la petite histoire, Truffaut, qui aimait beaucoup cet écrivain, a intitulé son film La peau douce, en référence à cette peau dure-là.

 

Puis j’ai lu ce roman d’Emmanuel Carrère, La moustache (oui j’ai été très épidermique ces derniers temps), éditions Folio.

 

Il y a juste eu un moment où les tergiversations morales du héros m’ont lassée, peut-être ce texte aurait-il dû être plus court, il a de toute façon la force d’une nouvelle, et j’ai bien fait de persister. J’ai beaucoup aimé être baladée par l’auteur entre le vrai, le faux, la lucidité, la schizophrénie, et on tourne les pages pour avoir le fin mot de tout ça : qu’est-ce que c’est vraiment, au fond ? On est aussi angoissée que le personnage, qui ne sait pas ce qui lui arrive, qui ne sait même pas si c’est à lui que cela arrive, ou aux autres. Est-ce une blague, une vue de l’esprit ? Il faut du courage pour aller jusqu’au bout de ce qui finalement advient comme une évidence, uniquement dans les dernières pages. Une réflexion abyssale sur l’image que nous renvoyons aux autres, et celle que nous voyons dans le miroir. Nous ne pouvons exister que dans ces deux aspects, et si l’un s’effrite, l’autre aussi, c’est magistralement démontré.

Voilà c’est tout pour cette fois car hélas j’ai eu beaucoup de lectures un peu décevantes, notamment en jeunesse dont certaines où je n’ai même pas pu dépasser les 50 pages, mais il y a des périodes où je suis plus difficile que d’autres et c’en était une. Il y a des périodes où la litté jeunesse n’est pas pour soi, tout simplement, où on a besoin d’histoires qui parlent de gens de son âge, voilà tout.

Je vous souhaite d’excellentes lectures à vous aussi !

partager

Le royaume de Kensuke

Par Posted on 1 Aucun tag 0

Mon fils de 13 ans devait le lire pour le collège. Au départ, comme pour toute lecture scolaire, alors que c’est un grand lecteur par ailleurs, il trainait la patte, puis finalement après un début poussif il l’a dévoré à toute vitesse, avant de me dire très sérieusement : « maman, il faut que tu le lises ». Moi aussi je trainais un peu la patte, je ne suis vraiment pas fan des histoires d’île déserte (il faudra que je raconte un jour une anecdote-mésaventure-traumatisme quand j’étais enfant, avec l’un de ces romans-île-déserte), mais j’ai été attirée par les illustrations de François Place, dont pour le coup je suis archi-fan sans réserve.

Voilà comment je suis tombée dans Le royaume de Kensuke de Michael Morpurgo.

Au début, je ne fus pas très rassurée. OK, voyage, escales, naufrage, solitude, difficulté à survivre, j’avoue ne pas avoir été passionnée et je craignais l’ennui jusqu’à la fin. Encore une fois ce furent les illustrations qui sauvèrent ma lecture et lui donnèrent du relief. Au début la mère du héros, si peu stéréotypée, m’accrocha tout de même un peu. Peut-être aussi le fait que le héros me faisait penser à mon propre fils !

Puis arrive Kensuke.

Dès ce moment, les choses deviennent passionnantes. D’un seul coup, j’ai été immergée. Alors seulement j’ai réussi à m’identifier et à me rappeler ma propre vie sur une île (j’adore les îles, mais quand elles sont peuplées), et peu à peu je me suis attachée à ce couple improbable d’amis qui s’apprivoisent, et à l’histoire pas si incroyable de Kensuke, mais tellement humaine. Ce roman est riche en émotions, en réflexion, en humanité et en mémoire historique. Le jeune héros est dépeint avec amour et respect. J’aime quand on sent l’amour de l’écrivain pour son héros. C’est pour moi un premier indice d’un excellent roman jeunesse. Et c’en est un, indubitablement.

Et puis un matin, mon fils posa son regard sur notre étagère de livres et pour la première fois il remarqua : « tiens, on a un livre sur Hokusaï ? ». Rien que pour cela, et parce qu’ensemble nous allons pour la première fois contempler les 100 vues du Mont Fuji (que je compte parmi les plus grands chefs d’oeuvre, en tout cas de mes préférés), j’ai envie de remercier Monsieur Morpurgo. Aussi, c’est ce que je fais : merci.

partager