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les traces où s’inscrit Traces

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A l’occasion du prix des écoliers des Imaginales décerné à Traces, je me permets quelques mots à propos de ce récit.

Les Imaginales 2017

Ce roman très court paru il y a presque un an, peut-être de par son petit format, trouve jusqu’ici peu d’échos dans la presse ou dans la blogosphère : peu d’articles lui ont été consacrés, alors que son sujet est d’aussi grande importance que celui de #Bleue, et tout aussi actuel, voire davantage. Il y est question cette fois de logiciels prédictifs et toujours de surveillance généralisée. Un mélange de Snowden, de Minority report et de Person of Interest, avec un zeste de 1984, comme d’habitude, mâtiné d’un soupçon d’ambiance à la Fred Vargas (avec un Adamsberg au féminin), sous les ombres de Jean-Claude Izzo ainsi que du Fugitif qui planent quelque part, dans une structure de tragédie en 24h, ponctuée de coupures de presse presque vraies, le tout adapté pour les enfants de 10 ans et plus… cela peut paraître un peu ambitieux, et ça en a peut-être dérouté plus d’un. En tout cas j’ai pu avoir cette crainte. Voilà pourquoi je suis si heureuse quand le public visé, des petits gamins de dix ans à peine, comme les écoliers d’Epinal qui ont plébiscité Traces, ont l’air de tout comprendre simplement et d’apprécier l’histoire comme elle vient. Quel bonheur !

Et qui sait, ce court roman qui ne paie pas de mine creusera peut-être sa place peu à peu, tout doucement mais sûrement.

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désordre et nuit

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Dans l’ordre, voici mes deux dernières lectures, peu nombreuses par manque de temps :

D’abord, après mon coup de coeur sur D’après une histoire vraie, j’ai eu très envie de lire le roman dont Delphine de Vigan parle beaucoup dans D’après… : Rien ne s’oppose à la nuit.

Le talent de Delphine de Vigan ne se dément pas, dans ce roman où elle choisit, exercice périlleux, de raconter sa mère. Elle y parvient avec force et émotion. Elle sait nous capter et nous fait aimer à la fois le sujet et la narratrice, aux intranquillités si humaines. J’ai cependant beaucoup moins aimé que D’après une histoire vraie qui manipule le lecteur avec une virtuosité jouissive, et qui joue avec le genre de l’autofiction qui, ici, est brut et pur, et en ayant beaucoup lu d’autofiction à une période, j’avoue en avoir fait un peu le tour et en avoir éprouvé les limites… tout comme Delphine de Vigan je suppose, qui a eu besoin de jouer avec le genre après ce roman-ci.

Puis je me suis lancée dans Dans le désordre, de Marion Brunet.

Je n’avais encore jamais lu Marion, que je connais un petit peu, et je ne regrette pas de m’y être mise ! J’ai beaucoup aimé ce roman qui dépeint des jeunes gens aux idéaux forts voire absolus, et qui en éprouvent douloureusement les limites. Ce qui est beau c’est qu’aucun jugement n’est porté sur personne, aucun stéréotype n’émerge, et il n’y a pas les méchants et les purs qui s’opposent de façon manichéenne. Bien qu’écrit à la troisième personne, on reste à hauteur de la jeunesse comme si nous étions ces jeunes, et c’est une bouffée d’air frais, puisque c’est juste. La relation amoureuse en particulier est admirablement dépeinte, dans toutes ses dimensions, et le beau Basile existe tellement ! Marion n’évacue pas les incohérences de Jeanne, notamment dans une scène sans concession avec une SDF, qui rattrape tous les agacements que j’ai pu avoir concernant ce personnage issu de milieu favorisé. Bref, c’est subtil, fin, beau, cela prend enfin les jeunes gens pour de vrais êtres humains qui existent et en ont le droit, et qui le réclament avec force sans trouver la légitimité pour le faire. C’est une tragédie contemporaine telle qu’on en lit peu : eh oui, il existe encore de vraies histoires en ce monde, et autant de romans à écrire pour les faire connaître.

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lectures amies

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Bien que débordée, je prends le temps de vous parler de mes dernières lectures – le rendez-vous de ce blog que je trouve incontournable, et je veux m’y tenir. Partage oblige !

D’abord parlons des amies. De celles qui, par exemple, alors que vraiment à l’ouest je n’avais même pas capté que le salon, situé à l’est, d’ailleurs, où j’étais en dédicaces, se trouvait à 20 minutes de chez elle, ELLE l’avait capté, en suivant le cours de mes déplacements via Facebook. Et en plus, ELLE est venue me voir par surprise (belle surprise), et a même passé toute la matinée avec moi. Par un hasard fou j’avais son bouquin dans mon sac (j’ai l’air de toujours vous raconter des choses incroyables, des coïncidences proches du paranormal, et pourtant… Toute vie est un roman si l’on sait voir et accueillir les signes qu’elle offre). J’étais donc en train de le lire, et l’ai fini dans le train juste après l’avoir vue, elle. Ca a donné une saveur particulière à ma lecture. Quel livre ? Celui-ci :

L’intranquillité de Marion Muller-Colard, est un essai proche de l’auto-fiction, comme sait si bien le faire Marion (L’autre Dieu était une véritable réussite dans le genre). Celui-ci est plus court, mais tout aussi fulgurant, avec des phrases du style : « On ne peut que consentir et espérer qu’on s’en tire », qui me réjouissent diablement – oups pardon, car ici il est question de Dieu, d’Evangile parfois, de religion en tout cas, c’est de là que part sa réflexion de croyante, mais cette réflexion parle à tout le monde, même les mécréants comme moi. De plus en plus, moi, je ne vois pas où est la différence entre un croyant et un non-croyant ; on est juste névrosés autrement !… Mais intranquilles de la même façon. Et si on ne se reconnait pas forcément entre athées ou croyants, je crois bien qu’on se reconnait assez vite entre intranquilles – de cette belle intranquillité dont parle Marion.

Et puis il y a cette autre amie que je ne connaissais pas seulement deux jours auparavant. J’espère qu’elle ne s’offusquera pas que je l’appelle déjà « amie », mais je ne saurais l’appeler autrement après avoir discuté avec elle, et surtout après avoir eu l’idée de lire son tout petit roman Lettres d’un mauvais élève, sur le lieu du salon du livre où nous étions toutes les deux.

Bon, eh bien, Gaïa Guasti, en quelques pages, m’a cueillie par surprise. J’ai commencé à avoir les larmes aux yeux page 35, pour pleurer pour de bon en dernière page. Oui oui, en plein salon du livre ! Bon bon je me suis vite ressaisie. Mais ensuite je suis allée lui en parler. Et là bam, on s’est toutes les deux mises à pleurer en même temps. Mais oui mais oui, en plein salon du livre ! N’est-ce pas là une belle rencontre d’intranquilles ? Amie, donc.

Ces deux lectures-là sont venues juste après ma lecture des 3 premiers tomes d’Elena Ferrante, qui nous narre l’histoire de deux amies, justement, et pour ce qui est de l’intranquillité, on est servis là aussi ! L’amie prodigieuse, qu’en ce moment je recommande à tout le monde, même si ce best-seller est loin d’en avoir besoin.

Le premier tome est une véritable pépite. L’enfance et l’adolescence dans le Naples des années 40-50 sont évoquées avec une beauté, une pureté et une cruauté très très réussies. Les deux autres tomes sont plus inégaux, mais c’est peut-être personnel : le long séjour à la plage du tome 2 a fini par m’ennuyer, et l’amour pour le très inconstant Nino a fini par m’agacer. Mais c’est secondaire. Ce qui est passionnant, c’est l’évolution de ces deux femmes brillantes, à l’intelligence aiguisée, mais au parcours si différent, qui tentent de s’en sortir dans une Italie largement sexiste, chacune à leur manière. Le troisième tome est plus politique, notamment concernant le féminisme. Les freins de toutes sortes opposés à ces deux amies sont décrits de manière très subtile. De plafonds de verre en plafonds de verre, elles s’y cognent, s’endorment en-dessous quelques temps, avant d’y créer des brèches pour s’y faufiler. C’est passionnant. J’espère que de nombreux hommes ont lu ou liront ces romans… Car ces récits d’initiation aux héros masculins que nous, lectrices femmes, nous avons avalés en quantité astronomique dès le lycée, sont peu connus dans leur versant féminin… parce que les hommes les jugent souvent inintéressants. Comme si cette moitié d’humanité n’était pas eux. Ce qui est profondément injuste, et triste. Certains hommes traversent ainsi leur vie en disant qu’ils ne comprendront jamais les femmes. Les pauvres.

Et comme tous les fans, j’attends la traduction du tome 4 avec impatience, même si je m’en défends en prenant des airs détachés…

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dernières lectures

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Retour du salon du livre de La Ferté-Bernard ! Classes très bien préparées et intéressées, enseignants passionnés et logistique impeccable de la part des organisateurs. Merci beaucoup à Loïc, Sylvia, Stéphane, Gaëlle et tous les autres. J’ai été très contente de revoir, comme à chaque fois, Carl Norac et Gilles Bachelet, et ce fut avec plaisir que j’ai revu ou fait connaissance avec d’autres belles personnes créatives : auteurs, illustrateurs ou bédéistes. Merci également pour les messages sous forme de tweets des élèves, pour leurs exposés, leurs saynètes, et pour leurs sourires et regards pétillants.

(Jolie boîte à tweets, autour de mon roman L’été où je suis né)

Mais je l’avoue (dois-je en avoir honte ?), malgré tous ces bons moments ponctués de délicieux toasts aux rillettes du Mans, je n’avais qu’une hâte : pouvoir me retrouver au calme pour finir de lire mon roman en cours. C’est tout le pouvoir des livres !

J’ai donc terminé avec avidité un gros pavé : Purity de Jonathan Franzen.

 

J’ai voulu le lire car j’avais lu quelque part qu’il parlait de transhumanisme, thème qui m’intéresse, mais en réalité il n’en a été question que de la page 640 à la 643. J’ai alors pensé à Mon Grand Saut et à cette chose bizarre : certains ont dit que j’avais voulu y parler de djihadisme… alors que mon roman ne contient en tout et pour tout qu’une réplique provocatrice à ce sujet… Purity, ainsi, ne parle pas du tout de transhumanisme, mais  de la lutte entre journalisme classique et lanceurs d’alertes sur des plateformes du genre de wikileaks, il parle de mères folles et de pères absents, d’émancipation familiale et historique, d’argent et de choix radicaux, de meurtre et de pureté criminelle, de mensonges et de Vérité. Et simplement il prend la liberté de raconter une histoire, juste une histoire, qui gravite pour beaucoup à Berlin,  se baladant sur le fil du temps et sur la crête du Mur (étrange que je me sois retrouvée à Berlin en vacances improvisées, pile quand j’ai compris que ce roman s’y situait). Il est d’une densité qui est celle de la vie. Ce roman m’a plu aussi parce que Franzen se met dans la peau de plusieurs personnages qui chacun raconte sa version, et j’adore les récits choraux ou polyphoniques. Le style est d’une extrème simplicité, sans esbroufe (à part quand c’est un aspirant écrivain qui raconte sa partie, et le changement de style, presque ampoulé, est très bien vu). Et surtout, c’est un véritable page-turner, qui m’a tenue en haleine, avec ce vrai plaisir de lecture qui fait juste espérer un moment de libre pour le retrouver. Je n’oublierai pas de sitôt Purity (dite Pip comme dans Les Grandes Espérances), ni Andreas Wolf en double troublant de Julian Assange.

 

Juste avant, j’ai lu un autre excellent roman, qui m’a aussi tenue en haleine, peut-être même davantage. Il s’agit de D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan.

 

De Vigan connaît ses classiques, et ne vous y trompez pas, dans ce roman-ci il s’agit des oeuvres de Stephen King ou de Chuck Palahniuk, même si les romans cités, ceux que lit l’héroïne, sont issus du mainstream français. C’est ce mélange et cette absence de frontière élitiste que j’ai beaucoup aimés. Avec audace, elle n’hésite pas à jouer la carte de l’autofiction à la Christine Angot, pour mieux le tordre et l’interroger. C’est une réflexion passionnante sur ce qu’est un écrivain, ce que c’est d’écrire, ce que c’est de s’exposer. Mais aussi ce que c’est de jouer avec son lecteur, aussi bien et même mieux que ne se trouve (ou ne se croie) manipulée la narratrice. C’est tout le génie de ce livre : le trouble qu’il inspire, les frontières entre le réel et la fiction qui bougent, s’effondrent, se reconstruisent, dansent et explosent. Quand on est écrivain soi-même, c’est encore plus fascinant. On peut tous connaître, dès qu’on a un tout petit succès, ces personnalités à l’abord amical à première vue, mais très inquiétant par la suite – mais l’inquiétude ne vient-elle pas du doute que nous avons alors d’être apprécié simplement pour soi-même ? On ne peut alors qu’interroger la réalité. C’est donc un roman passionnant, d’une maîtrise bluffante, doublé d’un immense plaisir de lecture. Un coup de maître.

Encore avant j’avais lu Petit Pays de Gaël Faye.

 

 

Je dois avouer une légère déception après tous les éloges que j’en avais lus. Le style en est très simple et j’en attendais peut-être quelque chose de plus « écrit », en tout cas un style qui m’aurait davantage emportée. Mais cette simplicité a peut-être été choisie pour coller avec un récit qui reste la plupart du temps à hauteur d’enfant, même si c’est l’adulte qui se souvient et qui raconte. J’ai  été très intéressée par cette histoire qui plonge peu à peu mais inéluctablement dans le génocide des Tutsis au Rwanda et au Burundi. Cette histoire liée à la famille du narrateur est poignante, racontée sans pathos, avec immensément de pudeur et un recul remarquable, et courageux. La fin est très belle et terrible, bien trouvée (bien amenée si elle s’inspire du réel), et très romanesque. C’est ce sens du romanesque, que l’on sent dans ce premier roman, qui apparaît extrêmement prometteur.

Pour me documenter afin d’écrire mon roman en cours, j’ai lu Patients de Grand Corps malade, sans savoir qu’il avait été adapté en film, je l’ai su juste avant sa sortie.

 

 

J’ai en effet appris pas mal de choses sur la vie en centre de rééducation. Je pense que ce roman n’a rien de présomptueux et GCM n’avait pas d’autre prétention que d’apporter un témoignage, je crois. On y découvre le sens des mots et le plaisir de les manier, qui se retrouve dans ses textes de rap, mais il y manque un peu ce sens du romanesque qu’a Gaël Faye. Cela donne un livre plaisant, intéressant, et plein de vie et de dérision, voire d’humour.

Et enfin j’ai lu le premier livre de mon grand ami Adda, également sur le thème du handicap, Comme sur des roulettes.

 

 

C’est un bonheur de retrouver par écrit sa verve et sa légèreté, son auto-dérision, son humour et son positivisme. Ce récit a quelque chose de beaucoup plus touchant que Patients et d’encore moins présomptueux, d’abord parce qu’il ne se finit pas « bien », dans le sens où le narrateur ne guérit pas, même partiellement, ensuite parce qu’il recèle une philosophie de vie mieux ancrée et plus vivante. C’est un récit sans doute plus maladroit que Patients, mais en cela plus intéressant, car échappant à tout attente et à tout stéréotype. En bref, j’ai préféré sa posture, avec l’unique prétention d’échapper une bonne fois pour toutes aux regards trop insistants ou dérangeants. Posture digne, courageuse, souvent drôle, et surtout non dénuée de charme.

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J’ai hélas eu peu de temps pour lire dernièrement. Je n’ai lu que des romans dits pour la jeunesse, et ce sont de belles lectures, d’autant plus qu’elles font suite à de belles rencontres (merci les salons du livre).

Pour commencer, désir de louer le roman absolument magistral de François Place, La douane volante.

Ce fut un très grand plaisir de lecture. Le grand François Place (dont j’avais déjà beaucoup aimé les illustrations toutes en retenue dans Tobie Holness) est un formidable conteur, maniant tour à tour poésie et précision scientifique. La douane volante est un pur roman initiatique que j’ai envie de conseiller à tous les adolescents (je l’ai mis entre les mains de mon fils de 12 ans avec le grand espoir qu’il le lise). Ce qui est formidable c’est qu’il montre le monde tel qu’il est, avec sa violence, sa dureté, ses déceptions, mais le personnage de Gwen est si lumineux qu’on sort de ce roman empli d’espoir. J’ai tout bonnement adoré les personnages, tous dépeints avec tendresse, même les plus durs. Rien n’est manichéen. Chaque personnage peut tour à tour être bon et mauvais, et c’est particulièrement vrai pour le personnage incroyablement juste et frappant qu’est Jorn. L’oiseau pittoresque qui accompagne Gwen apporte une touche de gaieté quand le tour des événements en manque. Une touche de fantastique nous permet de supporter la noirceur, parfois, mais ce monde parallèle vit bien sous l’ombre de la première guerre mondiale. Et pour finir j’ai aussi adoré la fin, surprenante et pleine de possibles.

Je n’ai qu’une envie désormais : me précipiter sur les autres romans de François Place (c’est extra qu’il y en ait d’autres).

Ensuite j’ai lu Le livre de toutes les réponses sauf une de Manon Fargetton. C’est un roman assez court pour Manon qui peut écrire de gros pavés ! J’ai hâte de lire ses thrillers chez Rageot et pourquoi pas ses romans de fantasy (même si je ne suis pas particulièrement fan du genre). Celui-ci fut pour moi un amuse-bouche.

J’ai pu déjà avec ce roman me rendre compte de l’attention portée aux personnages et à leurs différences, et au souci d’accrocher un jeune lecteur pour qu’il tourne les pages. Mission réussie ! Cette histoire est particulière, naviguant entre le récit de vie quotidienne et le roman fantastique. Ce fut une lecture très agréable, au creux d’une belle amitié entre 3 ados atypiques.

Et enfin pour les plus jeunes (dès 9 ans, je dirais), j’ai beaucoup aimé Le choix de Sam de Eward Van de Vendel.

Bon d’abord, j’avoue, j’adore les histoires de chien. Oui, d’accord, j’aime les chiens ! J’en avais un petite, et – même si dans mon cas c’était un tout petit caniche nain un peu ridicule – il peut se créer des liens forts avec cet animal. En table ronde avec Edward Van de Vendel, j’ai appris que son roman était tiré d’une histoire vraie vécue par les enfants de son frère. Elle m’a beaucoup touchée et c’est raconté avec grande humilité (il en faut toujours énormément quand on s’adresse aux enfants). Très beau roman donc, qui fait réfléchir sur les hommes (comme dans La Douane Volante, ils ne sont ni totalement bons ni totalement mauvais)… N’hésitez pas à l’offrir aux enfants autour de vous.

J’ai encore une grande pile de romans d’amis ou de connaissances auteurs jeunesse à lire, j’en ai très envie mais le temps me manque atrocement. Et j’ai aussi envie de lire des romans qui ne sont pas estampillés jeunesse, comme ma lecture actuelle. Mais c’est génial d’avoir tant à lire devant soi…

En attendant je retourne dans la bulle de mes propres personnages et de leurs sauts dans la vie, à pieds joints ou sur la pointe des orteils. Portez-vous bien…

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Uniquement des romans publiés en littérature jeunesse, cette fois (ça tombe bien, juste avant Montreuil).

Je commence par l’excellent roman Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte de Annet Huizing, parce que j’aurai la grande chance de débattre avec elle, entre autres, dans la résidence de l’ambassade des Pays-Bas (oui madame), le jeudi 1er décembre à 18h. Vous saurez tout en suivant ce lien. Venez !

comment-j-ai-ecrit-un-roman-sans-m-en-rendre-compte

Pour commencer, même si j’adore le travail du directeur artistique de chez Syros, j’avoue trouver la couverture originale beaucoup plus représentative du contenu :

9789047701590

Car les smileys laissent croire à un roman léger, bourré de typographies propres aux réseaux, et bien sûr avec un titre pareil on peut s’attendre à un roman écrit par un (grand) ado, sur un téléphone portable, par exemple.

Or, c’est beaucoup plus intéressant et profond que ça. D’abord l’héroïne est plus jeune que ce que j’avais cru avec cette couverture française : elle a 12 ans. Et la métaphore du roman que l’on cultive, qui pousse, mûrit, grandit et sort de terre est admirablement bien mené. Eh oui, écrire un roman c’est plonger les mains dans la terre, fouiller, se salir un peu, émerger plus clairement. Mais surtout, surtout, chaque chapitre donne lieu à un véritable conseil d’écriture, très mais alors très juste et pertinent. La petite fille finit en effet par écrire un vrai bon roman (sans aucun smiley, précisons-le), aidée par de vrais ateliers d’écriture informels donnés par sa voisine écrivaine. C’est passionnant, tout simplement, et j’apprécie vraiment l’écriture simple, très adaptée à une enfant de cet âge, mais qui laisse transparaître tant de profondeur dans le non-dit, qui m’a fait penser au style d’une Jacqueline Wilson (je pense surtout au fabuleux Kiss). Les auteurs français, je trouve, délaissent un peu cette tranche d’âge, préférant ces temps-ci s’adresser à de jeunes adultes dans un style et un contenu proches de ce qu’on offrirait en littérature générale. Notons que du coup les médias parlent en ce moment davantage de cette littérature-là (pour jeunes adultes), sans doute parce que ce sont des adultes qui écrivent les articles. Les éditeurs, aussi, mettent moins en avant ces romans aux héros plus jeunes, au profit d’une littérature plus « coup de poing », pour plus grands. Or la vraie difficulté, selon moi, c’est d’atteindre la simplicité profonde et sensible d’un roman comme celui-ci. C’est l’essence-même de la littérature dite pour la jeunesse. Ne la perdons pas sur notre route de volonté de reconnaissance et de réhabilitation.

Autre excellente lecture, pour le coup davantage orientée « jeunes adultes » : Golden Valley de Gaël Aymon (- très bonne – collection Scripto chez Gallimard)

aymon

J’ai beaucoup aimé cette belle évocation d’un jeune homme en pleine mue vers l’âge adulte, et toutes les désillusions qui l’accompagne, aussi via sa première véritable histoire d’amour. Gaël Aymon a réussi de très belles scènes, sur un fil, toujours en équilibre, où chaque sens est convoqué avec sensibilité mais aussi avec toute l’évidence du désir brut que peut ressentir un jeune garçon de cet âge. J’ai aussi appris beaucoup sur la Birmanie, dont on peut sentir la moiteur et l’étrangeté. Au final l’intrigue sur fond de conflits d’intérêt apparaît comme un prétexte pour mettre en valeur la prise de conscience et de responsabilité du héros. Bref, un très beau roman initiatique. Et je vous assure que je ne dis pas ça parce que Gaël est un copain !

Et puis, autre très bonne lecture (bonne pioche décidément) : De cape et de mots, de Flore Vesco.

vesco

Grand plaisir que de se laisser embarquer dans cette folle histoire ébouriffante ! J’ai beaucoup pensé à La Passe-Miroir de Christelle Dabos, pour le caractère fort de l’héroïne en apparence effacée au début, l’ambiance de cour toute en complots, le style enthousiasmant. Flore Vesco nous offre en prime de beaux néologismes, et un travestissement en bouffon carrément jouissif. Il serait dommage de se priver des aventures de Serine : foncez !

Ne me dites pas que vous ne savez pas quoi lire, après ça 🙂

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