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Archives par tag livre jeunesse

parution aujourd’hui de L’été où je suis né (Gallimard Jeunesse)

Le titre hyper explicite, là au-dessus, c’est tout exprès pour être bien comprise sur twitter (voyez combien je suis calculatrice). Donc voilà, toute bonne librairie qui se respecte devrait l’avoir en rayon, que dis-je, en vitrine, que dis-je, en panneau publicitaire ! (voyez combien je suis présomptueuse).

Trêve de modestie…

La présentation de l’éditeur, c’est ici.

La quatrième de couverture, c’est là :

La vie est belle pour Léo. Entre sa passion pour le rafistolage des motos, son meilleur ami Jason, ses merveilleux parents adoptifs, et les vacances d’été qui s’annoncent… tout va bien ! Jusqu’au jour où il tombe amoureux de Xavière. Et tout ce bel équilibre bascule.

Comment ne pas avoir peur de l’amour quand on ne sait rien de sa vraie mère ? Un roman tout en délicatesse sur la découverte des sentiments et les incertitudes de l’adolescence.

Et enfin pour l’image inouïe, rarement saisie ainsi sur le vif, un scoop en somme, de romans tout juste nés et si pressés de s’envoler loin de leur auteure, attention attention, regardez bien, regardez vite, c’est ici :

Ouuups, voilà, ils se sont échappés…


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lecture pour enfants

L’autre jour, j’ai lu ce livre à mes enfants :

Et j’ai été charmée autant par le texte que par les illustrations qui propulsent directement dans le monde merveilleux et très moelleux du rêve, du grand Claude Ponti.

Dernièrement je suis tombée sur des romans didactiques pour l’âge de mes enfants – 7 et 10 – qui m’ont paru complètement à côté (genre le petit enfant suprêmement intelligent et sensible qui se pose des questions philosophiques avec une clarté expressive étonnante – cela part d’une bonne intention mais je trouve ça très lourd et souvent ça sonne très faux).

Heureuse surprise donc avec Pochée qui évite cet écueil, d’abord parce qu’il s’agit de l’histoire d’une tortue. L’animisme naturel du jeune lecteur est flatté,  et l’identification peut se faire avec une distance confortable (enfin on connaît le truc depuis l’origine des contes animaliers). Mais surtout on peut se permettre davantage de finesse. Il y est question de deuil (encore une fois, j’ai pas fait exprès, je ne savais pas que ce livre en parlait), du sens de la vie, de ce qu’est qu’être « une fille bien » (il y a quelque chose de très drôle derrière ça vu qu’aucune réponse n’est donnée et ça tombe bien : on s’en moque), et des choix possibles pour un bonheur singulier (une parenthèse pour rien mais juste parce qu’aujourd’hui j’aime les parenthèses).

Mes enfants ont été passionnés par le destin de la petite tortue Pochée, mais la fin les a laissés un peu interloqués (alors qu’elle m’a beaucoup plu). Mais la réussite est là : ma fille de 10 ans a fini par dire : « et si c’était une histoire normale, cela se serait fini comme ceci, comme cela. Dans une histoire normale, quand elle rencontre l’autre tortue, elle aurait fait ceci, cela… ».

Pochée n’est donc pas une « histoire normale », dans le sens pas du tout « dans la norme », l’air de rien, avec tous les ingrédients du conte « normal », et c’est assez philosophiquement profond pour l’âge donné.

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un courant d’air frais

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Le plus beau roman pour ados sur le deuil que j’aie lu. Il dépasse toute moraline sur le sujet, avec beaucoup de sensibilité et une psychologie très fine. De beaux éclats de vie avec la mort chevillée au coeur, aux pulsions un peu désordonnées et très bien décrites. Au final un bel optimisme très loin de la niaiserie ambiante.

Roman hyper régénérant.

 

 

 

 

 

 

 

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rouge mémoire

Lu dernièrement deux romans très complémentaires, l’un pour ados, et l’autre a priori pour adultes mais que tout ado peut lire. Les deux racontent, avec de nombreux points communs, combien être ado dans la Chine de Mao Zedong pouvait être schizophrène. Tout adolescent a tant le désir de coller aux idéaux d’une société qui les exalte qu’il lui est immensément difficile d’en percevoir la perversité.

 

44497206.jpgJ’ai rencontré la sympathique Anne Thiollier lors d’un salon du livre. Je signais à ses côtés et entre deux vagues de hordes de fans en folie nous avons  trouvé le temps d’un peu discuter (bon OK, c’était hyper calme). Elle a vécu longtemps en Chine, et maîtrise donc bien son sujet. On le sent, tout est très bien documenté. Elle suit deux adolescents, un garçon et une fille. Leur parcours n’est pas censé démontrer quoi que ce soit de manichéen, il est juste décrit afin de montrer la complexité du désir d’oeuvrer pour le bien de la collectivité, et celui de ne pas s’oublier soi-même (ne pas oublier l’humain, parmi les hommes).

Des parcours initatiques qui sonnent juste, sans morale inutile et de toute façon impossible dans le contexte. C’est très bien mené, bien écrit, et les personnages sont très attachants.

 

Je suis allée écouter l’auteure de La Rivière et son secret lors d’un récital de piano, il y a quinze jours (dans le lieu hélas très inapproprié de l’étang des Aulnes de Saint Martin de Crau).la-riviere-et-son-secret.jpg

 

Elle était au tout début de l’adolescence lorsque Mao Ze Dong a pris le pouvoir. C’est donc cette fois une histoire vraie. Zhu Xiao Mei était une enfant pianiste prodige qui se produisait déjà en concert vers 5 ans. Soudain, elle doit comprendre que le plaisir de jouer du piano est un sentiment bourgeois donc proscrit. Jouer Bach, Mozart, Beethoven, bref toutes ces engeances occidentales, devient criminel. Posséder même un piano est dangereux (sa mère le cachera sous des couvertures, avec la précaution d’y accoler un dazibao, petite affiche proclamant sa honte d’en posséder un). Zhu Xiao Mei passera dix ans dans un camp de rééducation, car bien peu docile (elle s’en est évadée trois fois, et s’est même débrouillée pour y faire acheminer son piano, faisant croire que c’était pour jouer de la musique de propagande chinoise). A la mort de Mao, il lui faudra rattraper son retard, s’inscrire dans des écoles de musique pour lesquelles elle est désormais trop vieille, fuir de Chine, galérer aux Etats-unis, et enfin trouver de précieuses aides en France.

Elle commencera sa carrière internationale à quarante ans.

Un parcours passionnant.

 

Deux livres à lire pour tenter de comprendre les profonds écueils (pléonasme) auxquels peut mener toute idéologie aux valeurs si louables au départ.

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lectures, encore suite

Celui-là est tout simplement magistral, et surpasse même de pas mal les deux précédents de Meg Rosoff. Alors là, total respect.

Un magnifique roman, parfois aux allures de Grand Meaulnes, maîtrisé de bout en bout, d’une intelligence rare, et, surtout, si le thème vous paraît banal au début, n’abandonnez pas avant la fin, qui vous réservera une surprise de taille (qui a fait mes délices !).

A glisser entre toutes mains d’ados ballantes, et je dirais aussi d’adultes à qui ça ne ferait aucun mal.

Il n’y a plus qu’à s’incliner, et tenter d’en tirer quelques leçons d’écriture si possible.

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lectures, suite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je découvre Meg Rosoff qui a parait-il bénéficié d’un large succès dans les pays anglo-saxons (ça ne risque pas, en France, un bouquin jeunesse encensé comme cela, malgré de nombreux exemples de grande qualité). Que ce succès soit ou non mérité, j’ai bien du mal à en juger. Généralement je me demande : pourquoi celui-là et pas tel autre tout aussi bon ?

Je peux dire cependant que j’ai beaucoup aimé. Meg Rosoff dans ces deux romans que j’ai lus joue avec cet âge-clé, 15 ans, où subsiste la pensée magique de l’enfance et où s’ouvre en même temps l’infinie possibilité de la vie d’adulte. Le plus séduisant dans ces histoires est que l’auteure manifestement aime ses personnage enfants et adolescents, et qu’elle a un respect infini pour leur schizophrénie. Le fantastique n’est jamais loin dans le poids du réel, (et même la SF dans le premier : et si l’Angleterre entrait en guerre ?) et sans cesse l’on se demande : les choses se passent-elles réellement ou simplement dans la tête de l’héroïne ou du héros ? On se rend vite compte que : bah, peu importe. Le réel est ce que l’on en fait, et ces adolescents s’en sortent élégamment. Leur charme puissant en découle. Tout est dans ce jeu perpétuel au fil du réel et la façon dont les choses sont traitées. Pour le reste, hors personnages veux-je dire, Meg Rosoff sait mener son récit aux péripéties plus conventionnelles, hélas souvent racoleuses et parfois même piquées ailleurs (Un long dimanche de fiançailles pour Maintenant c’est ma vie, par exemple). Pour autant on ne boude pas son plaisir, car autant l’avouer : on aime le sensationnel surtout quand le héros y est héroïquement perdu. On est si attaché aux personnages et à leurs singularités qu’on est prêt à gober n’importe quoi, tout ce qu’on veut c’est rester avec eux et les voir évoluer.

Me suis demandé par moments si l’auteure préparait ses jeunes lecteurs davantage aux livres de Marc Lévy  (le style est simple) qu’à ceux de Marie N’diaye. Je penche finalement plutôt pour la seconde solution, pour la finesse, un style plus recherché qu’il n’y parait au premier abord, l’absence d’explication du réel, et le refus de faire croire aux ados que le monde est rose bonbon.

Grand plaisir de lecture, donc, pour un récit très bien mené, dont toute la force réside dans la folie des personnages, et rien que ça, c’est génial et nouveau en littérature jeunesse.

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