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Archives par tag enfants

l’une des nouvelles qui vont vite

Voici l’une des nouvelles du recueil Les nouvelles vont vite écrite par l’un des groupes de Cm2 de l’école Pin Vert d’Aubagne. Ici, ils ont choisi d’explorer la relation frère-soeur. Cet exemple pour monter que rien n’est gnan-gnan dans leur petit monde, et leur proposer des histoires qui le sont, quand on voit ce qu’ils sont capables d’exprimer, est une véritable insulte à leur faire (et encore je ne vous copie-colle pas la nouvelle avec le père en hôpital psychiatrique et la mère dépressive !)

Jimmy Tri : 1er janvier

Le journal intime


Le réveillon était très chouette mais le premier jour de la nouvelle année ressemble à tous ceux de l’année dernière.

Pour que les choses changent enfin, je décide, pour la nouvelle année, de prendre de bonnes résolutions concernant ma sœur Laura et moi. Alors j’écris sur mon journal intime ce que j’aimerais résoudre avec elle : je voudrais qu’on joue et qu’on rigole ensemble. Cela me rend malheureux quand je sors dans la rue et que je vois tous ces frères et sœurs s’amuser et rigoler, alors que nous ne faisons que nous disputer. Je me répète : mais pourquoi eux sont heureux et pas nous ?

Nous sommes dans le salon à regarder Canal+family. Bien que nous n’ayons pas très faim après le festin du réveillon, nous nous rendons quand même à table après que ma mère nous a appelés.

Je fais de gros efforts. Je donne à ma soeur ma part de foie gras alors que j’adore ça, mais elle le prend mal :

– T’es débile ou quoi ? C’est pour me faire grossir ?

Aujourd’hui c’est au tour de Laura de débarrasser la table. Je le fais à sa place, pour lui faire plaisir, mais elle a l’air de ne pas s’en apercevoir.

Après le repas, pour poursuivre mes efforts, je monte dans la chambre de Laura et je la lui range. Je décide même de lui faire son devoir de français que je vois traîner sur son bureau. Même si je ne comprends pas grand-chose, ça ne peut que l’avancer si je coche une case ici ou là. J’ai toujours eu beaucoup de chance ! J’espère qu’elle aura une bonne note… Laura entre soudain et dit :

– Mais Jimmy, que fais- tu ?

– Ben, ton devoir de français.

– Mais qui t’a dit de toucher à mes affaires ? Sors de ma chambre tout de suite ! J’en ai trop marre de ce monstre !

On dirait qu’elle va pleurer, mais moi aussi j’en ai marre ! Elle me soule, mais au fond, je l’aime. Cependant, sa colère semble monter jusqu’à exploser. De rage, elle se précipite dans ma chambre. Elle s’y enferme. Qu’est-ce qu’elle va faire ? J’ai l’idée de l’espionner à travers la serrure et je la vois lire mon journal intime. Je crie :

– Arrête ça tout de suite !

J’ai une très forte envie de pleurer. Je la vois devenir toute rouge et s’approcher de la porte pour l’ouvrir. La voilà devant moi qui tremble de tous ses membres.

– Excuse moi, dit-elle doucement. Je viens de lire que tu voulais faire des efforts avec moi. Que tu avais envie de mieux t’entendre avec moi. Ça te faisait du mal, c’est vrai ?

Je hoche la tête. Elle poursuit :

– Je suis désolée, Jimmy. Je n’avais rien compris.

Un long silence s’écoule avant qu’elle murmure :

– On fait la paix ?

J’hésite quelques instants, mais je ressens trop de tristesse.

– C’est beaucoup trop tard, Laura… Tu m’as fait trop de mal, alors que j’ai fait une tonne d’efforts. Tu n’as pas arrêté de me rejeter. Je me dis que ce que je fais ne sert à rien…

Plusieurs secondes encore s’égrènent, durant lesquelles nous restons immobiles. Puis Laura m’ébouriffe les cheveux, et me sourit.

– Mais si, ça a servi.

Je lève vers elle mon regard humide. Le sien l’est aussi. Jamais je ne lui ai vu tant de douceur. Peut-être que cette nouvelle année sera tout de même différente ?

 

Nicolas, Yassine, Alicia, Maryline, Alexandre, Eric

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les nouvelles vont vite à Aubagne !

Hier soir retour à l’école Pin Vert d’Aubagne, pour la remise des recueils aux enfants. J’ai découvert moi aussi avec eux « l’objet » livre, résultat d’un très gros travail en ateliers d’écriture, et dont on est tous très fiers ! Dix nouvelles qui s’entrecroisent (un peu sur le même principe que Ligne 15 mais dans une classe de CM2), et des choses très fortes qui se sont exprimées. C’était beau de voir chez les enfants, avec ce livre entre les mains, la même émotion qu’est la mienne lorsqu’un de mes livres voit le jour…

Florence Hinckel, auteur jeunesse

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Vanilles et chocolats : prix Valdegour Pissevin Wallon

… qui sont 3 quartiers de Nîmes, mais excentrés (contraste fulgurant avec la joliesse proprette du centre), de ces quartiers où j’aime me rendre car je m’y sens utile, car le regard des enfants y est direct, profond, aux aguets, où les paroles roulent plus vite qu’ailleurs, et râpent parfois. Où la frontière entre gentillesse et provocation est parfois difficile à discerner, mais qu’importe je fais toujours comme si j’y croyais fort, à leur gentillesse (et j’y crois), et généralement ça marche, et les défenses tombent, et la gentillesse devient vraie.  Tous m’ont demandé : « c’est vous que vous avez écrit le livre ? » Et souvent à la suite : « Franchement, il était trop bien, madame.  » (on imagine là mon émoi). Un autre, 10 ans : « j’ai trouvé que c’était quand même bien de lire. » Et alors que je le félicite pour sa découverte, il prend un air paternel : « Faut continuer à écrire des livres, m’dame ».

Journée très riche, hier, donc, très énergisante.

(cliquer pour agrandir)

Florence Hinckel, auteur jeunesse

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trésor épuré

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J’ai réalisé très récemment l’influence qu’exerce encore sur moi, inconsciemment, les romans d’Henri Bosco empruntés à la bibli et lus quand j’étais petite. L’enfant et la rivière… On retrouve le rêve de rivière par moments dans L’été où je suis né.

Mais surtout, je m’étais toujours demandé où j’avais pu pêcher le prénom de Hyacinthe, dans ma toute première histoire écrite, enfant. C’est, certainement, encore, Henri Bosco (L’âne culotte fait partie du cycle de Hyacinthe).

Juste pour le plaisir, voici un extrait très beau de L’enfant et la rivière. Je ne peux pas m’empêcher de penser à quel massacre il serait soumis par les diktats éditoriaux d’aujourd’hui (phrases trop longues, dites alambiquées, répétitions, points-virgules, etc…). On n’a plus le droit aujourd’hui d’écrire ainsi pour les enfants :

....mais n’empêche que d’être là à flotter sur ces quatre planches légères, en pleine matinée de soleil et de brise, m’emplissait d’un bonheur vivant, d’un vrai bonheur… J’en avais sur la peau, j’en avais dans la chair, j’en avais dans le sang ; il descendait jusque dans l’âme. Je ne savais pas ce qu’est l’âme. A cet âge là on est ignorant. Mais je sentais bien que ma joie de vivre était plus grande que mon corps, et je me disais : « Pascalet, c’est l’ange du Bon Dieu qui remue de plaisir en toi. Traite-le-bien. »
Je le traitais bien mais assez familièrement.

En ce temps là, dans nos villages, les gens avaient encore l’esprit simple et, quand ils prenaient du plaisir, ils le prenaient bien. Cette simplicité d’esprit leur permettait de comprendre tout de suite le sens profond des contes ; et s’ils étaient ravis de leur naïveté, c’est qu’elle s’accordait à leur propre sagesse. Réduite à quelques pensées claires, cette sagesse peut nous sembler courte ; et cependant elle est le trésor épuré d’une antique expérience.
Ce vrai savoir, s’il vit réellement n’est pas morose. Il appelle souvent et inspire la fantaisie des hommes. Alors il devient, comme dans ce conte, un divertissement, et ce qu’il enseigne est si beau que la sagesse nous enchante.

 

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de chats en chats

Le Chat Pitre est sélectionné pour le Prix graine de lecteur du Séronais 2012.

J’en profite pour vous faire savoir que l’illustratrice du Chat Pitre, Joëlle Passeron, a un super blog, où elle parle beaucoup de… son chat (cette image est évidemment sous copyright de l’illustratrice et tout. J’espère qu’elle n’en voudra pas à l’auteure du Chat Pitre de la publier ici !) :

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