A toi : le rapport au réel

Publié sur 2 min. de lecture

Sur un forum du Net pour ados, que me signale mon fureteur Google Alerte, je lis ceci à propos de A toi lu par la jeune Lovi’y :

« J’ai beaucoup aimé ce livre, même si il y a des passages où je comprends vraiment pas c’est quoi le rapport avec l’histoire. C’est pas souvent que je trouve des livres comme ça, c’est assez triste en fait. »

Hé hé. Là voyez-vous, je me sens assez fière de moi à la lecture de cet avis un peu déconcerté (et stylistiquement un brin déconcertant, je vous l’accorde).

Pour information, les passages en question ont un rapport avec l’histoire. Mais, certes, il n’est pas immédiat. Ce sont des rêves faits par l’héroïne, avec les détours et l’aspect décousu propres aux rêves, souvent sous forme de prose poétique ou de calligrammes. Ce sont aussi des réflexions sur son devenir. Je me suis longtemps demandé si j’avais bien fait de laisser ces passages ponctuer (et ralentir) la progression de l’histoire proprement dite. Si je les avais ôtés, le roman aurait sans doute beaucoup mieux accroché de plus nombreux lecteurs. Mais ils ont du sens, même si les ados ont peut-être du mal à le percevoir dans l’instant de leur lecture, et je les assume désormais complètement.

Cependant je conseille tout de même toujours ce roman aux vraiment grands ados. Peu de chance (hélas) que des collégiens puissent le comprendre et l’apprécier. Récemment par exemple, une jeune fille de 5e m’a expliqué avoir été très déconcertée par d’autres aspects de l’histoire, dont un vol de nuisette à la suite duquel je ne dis pas clairement en tant que narratrice que c’est mal de voler, chers petits enfants. Alors cela, je l’assume encore mieux et depuis le début. Mais ça a été sacrément difficile de faire comprendre à cette jeune lectrice que je ne faisais pas pour autant l’apologie du vol.

Dans le même forum, il est ensuite question de Hunger Games, Uglies, Conspiration 365 et Cherub 100 jours en enfer. Et, si je n’ai rien contre ces romans (hormis peut-être le dernier que j’ai trouvé un peu trop racoleur), je suis assez heureuse que ces jeunes gens aient la curiosité de lire ce qui diffère. J’avoue que j’aime beaucoup la phrase : « c’est pas souvent que je trouve des livres comme ça » et on se demande si c’est le livre ou bien ce constat qu’elle trouve triste…

Florence Hinckel, auteur jeunesse

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