Sauvegarde de mon ancien blog sur hautetfort.

15 février 2009

Les cartons aux trésors

Deux grands cartons sont arrivés il y a quelques jours. Remplis de merveilles !

Finalement, c’est bien que cela mette aussi longtemps, par bateau : quand cela arrive, les souvenirs remontent avec encore plus de bonheur (un grand merci à Nicole de Livre mon ami, je sais que c’est elle qui s’est occupé d’envoyer tout ça, tout ce que je n’avais pas pu prendre dans l’avion).

Les odeurs de la Nouvelle-Calédonie s’échappent du carton ouvert : vanille, bois, sable, coquillage.

Les cadeaux ! Bois flotté sculpté par élèves ou parents, fleurs de panganus tressés, chapeau ou couronne qui en sont décorés (on m’ornait souvent de ces couronnes quand j’arrivais dans une école), quantité de manous (larges tissus qui s’échangent lors du geste d’accueil dans une tribu), magnifique calendrier de l’igname (encore une fois merci Nicole !), les programmes scolaires de là-bas (heureux gens qui ont choisi de garder ceux de 2002 d’ici en l’accomodant à leurs spécificités, donc qui sonnent ici comme une certaine relique de bon sens), et surtout, surtout, une tonne de productions d’élèves, souvent grand format… Touchantes, talentueuses, colorées… Des visages, des voix, des sourires se sont rappelés à moi.

Un exemple parmi des dizaines et des dizaines d’autres. Imaginez… Vous arrivez dans une école, et des enfants tout sourire sont alignés devant vous, et commencent à vous chanter cela d’une voix claire (les paroles faisaient partie des trésors du carton, sur une large feuille cartonnée, décorée, colorée, signée d’émouvante façon) :

Bienvenue Florence dans notre beau pays

Et merci, et merci

D’être ici

« Nous les vanilles ! » « Et nous les chocolats !’

Nous sommes très heureux

Que vous soyez là !

Ici, c’est le paradis : la Calédonie

Pour les grands, pour les grands et les petits

Dans cette école remplie de gaieté

Ton ouvrage nous a bien amusés

On te félicite tous de ce bon travail

Entre nous, entre nous, filles et garçons

Tu réussis à calmer la bataille

Maintenant

Fini ! Plus de tension !

Tu viens de Marseille

Ville de merveilles

Dans ton coeur, dans ton coeur

Plein de soleil

Prends avec toi

Tous nos souvenirs

Garde-les au loin

Vive l’avenir !

(Ecrit par la classe de CM2A de l’école Y. Dupont)

Oui tout cela dans mon coeur, même si au loin…

Et merci Brigitte pour les nouvelles, la photo, la chaleur… La nouvelle édition de Livre mon ami est en route. Voici l’affiche de cette année, réalisée par Bernard Billot alias Papou, illustrateur et artiste (la marionnette en bois, à la charmante tête en noix de coco, qu’il m’a offerte, me regarde, adossée à une rangée de livres). Le découpage-collage te réussit, cher Bernard ! Cela stylise ton trait et c’est très beau. Vous pouvez ainsi découvrir la nouvelle sélection :

Je me demande si les présélectionnés (Marie-Aude Murail, Claudine Jacques, Marie-Claude Bérot, Pierre-Marie Baude, Lénia Major, Florence Reynaud, Roselyne Bertin, Yaël Hassan, Françoise Laurent et Pierre Bottero) réalisent la chance qui les attend peut-être !

13 février 2009

Equilibre

Elle va basculer

Celle du dessus

Regardez bien

Au premier choc dans l’étagère

Hop.

Fallait s’y attendre.

Contre le raisin.

11 février 2009

Und jetzt : Ständchen

Am meer (sehr langsamm)

Das Meer erglänzte weit hinaus
Im letzten Abendscheine;
Wir saßen am einsamen Fischerhaus,
Wir saßen stumm und alleine.
Der Nebel stieg, das Wasser schwoll,
Die Möwe flog hin und wieder;
Aus deinen Augen liebevoll
Fielen die Tränen nieder.
Ich sah sie fallen auf deine Hand
Und bin aufs Knie gesunken;
Ich hab von deiner weißen Hand
Die Tränen fortgetrunken.
Seit jener Stunde verzehrt sich mein Leib,
Die Seele stirbt vor Sehnen;
Mich hat das unglücksel’ge Weib
Vergiftet mit ihren Tränen.

Heinrich Heine, Franz Schubert, Franz Liszt et Friedrich Caspar David

08 février 2009

Tout est vrai

Après avoir nourri et torché Tamara, Théo et Tantale, massé le ventre de Tom et Titus constipés, écrasé par mégarde les doigts de Tatiana rampant par là, fourré la tutute dans le museau de Tristan hurlant (à moins que ce ne soit Théodule ?), la maîtresse utilisa un pavé de Prouprou pour caler la porte où Topaze se pinçait les orteils régulièrement, tout en corrigeant les textes libres de ses élèves ayant tous pour ce faire recopié une leçon de morale du XVIIIe siècle en se gavant de fraises de février récoltées dans une école privée catholique les traîtres. Ce fut à ce moment-là que la porte sonna d’être frappée. La maîtresse des nonuplés moins un (le petit dernier qui mourut de trop attendre son tour) demanda à son chat rescapé d’un orage fameux à Souitte sur l’île d’Orseland d’aller tirer la bobinette. La chevillette cherrée, il revint l’air penaud, suivi d’un dénommé Ronaldigno parfaitement ridicule dans son costume de Schtroumpf ayant eu une forme de varicelle en bandes. Il annonça piteusement qu’il était tombé sous le charme de Marie Laurencin. La maîtresse de Ronaldigno le chassa en faisant rouler deux ou trois bébés dans ses jambes, qu’il savait moins bien esquiver qu’un ballon, le lâche. La fureur octuplée de la mère maîtra longtemps à décroître : elle avait toujours détesté les silhouettes pâles, fantomatiques et languides de cette peintre qui jamais ne milita pour le droit des peuples à disposer de chaussons blancs en peau de daim communiste. Les dauphins en dansent encore.

07 février 2009

Encre noire ancre noire gouttée perlée tracée noire

(Robert Motherwell)

Tendres plaintes

06 février 2009

Anna Bilinska

C’est elle, par elle-même :

Ce qu’elle a peint :

05 février 2009

En vrac

3. L’animal humain mâle de huit ans est présomptueux

Portrait chinois :
« Si j’étais un homme, je serais moi ».

*********

A-t-on osé demander à la mère des octuplés si elle souhaitait allaiter ?

Le nom du père étant Froid, elle décida d’appeler les sept premiers Sylvie, Aude, Anne, Marc, Sanson, Gilles et Laura. Mais en cherchant le prénom du huitième, elle se ravisa enfin. Elle venait de se souvenir que c’était l’année des T.

Alors qu’elle donnait les biberons à Tom et Tatiana, qu’avec les orteils elle changeait la couche de Timothée, qu’avec le coude elle essuyait le renvoi de Tarzan, et que de la joue elle consolait Tarama alors que les trois autres hurlaient de faim et de caca, elle réalisa qu’elle n’aurait plus jamais le temps de lire Proust. Mais cette seule pensée ne put durer que 2 centièmes de seconde, si bien qu’elle n’eut pas le temps d’en concevoir quelque tristesse. Comme quoi la vie est bien faite.

04 février 2009

Réflexion inutile

Je me sens extrèmement soulagée ce soir de ne pas être la mère des octuplés.

L’étude sociologique

La maîtresse cette année ayant une classe à dominante masculine, elle se propose de débuter une étude sociologique des individus mâles de huit ans.

1. Le spécimen mâle de huit ans est très à cheval sur la prononciation des mots importants

La maîtresse, à un enfant plongé constamment dans une anthologie de foot : T, la vie ne se résume pas aux exploits de Ronaldhino…

Eclat de rire général.

T, empli de commisération : Maîtresse, on dit Ronaldigno.

(« Chuis sûr que la maîtresse, elle sait même pas faire ça. »)

2. L’individu mâle de huit ans a un esprit critique très développé

La maîtresse : vous allez maintenant dessiner le portrait d’un camarade, en ne levant à aucun moment le crayon de la feuille. Regardez, comme ça.

La maîtresse tente un exemple au tableau.

– Maîtresse, dès que t’as le dos tourné y’a Truc qui me fait des grimaces.

La maîtresse : Truc, je t’ai à l’oeil, toutes les maîtresses ont des yeux dans le dos.

Truc : Pfff, c’est même pas vrai.

Machin : Han, c’est vrai ?

Machine : Mais taisez-vous !

Truc : Oh toi ta bouche.

Truque : Mais c’est pas moi, j’ai rien dit !

Machine : Mais chuttttteeee !

La maîtresse : Bon maintenant ça suffit !

Un monstre de huit ans : Maîtresse, t’as levé la craie du tableau.

(à suivre…)

03 février 2009

Slim Aarons

Un regard…

Une jet-set épinglée :

Ou admirée…

Quelque amertume dans l’insouciance :

Et des gangsters aux empires étendus :

… What else ?

Le recul

Des associations appellent à la mobilisation pour le respect des droits de l’enfant en France


Paris, le lundi 2 février 2009 – En ce début 2009, année du 20ème anniversaire de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, Défense des Enfants International-France (DEI-France), France terre d’asile et le Conseil français des associations pour les droits de l’enfant (Cofrade) lancent un cri d’alerte quant au respect par la France de ses engagements internationaux.

La Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée par l’assemblée générale des Nations unies le 20 novembre 1989, ratifiée par la France le 7 août 1990, est un traité international juridiquement contraignant qui, d’après l’article 55 de la constitution, a valeur supérieure aux lois françaises.

En juin 2009, le gouvernement doit être auditionné, en séance publique, par le Comité des experts constitué spécialement aux Nations unies pour contrôler le respect des engagements de chaque Etat ayant ratifié la Convention. A ce titre, l’Etat français a rendu un rapport officiel en septembre 2007. A-t-il tenu compte des observations que lui avait formulées le Comité en 2004 lors de son dernier examen  ? A-t-il progressé dans la mise en œuvre effective des droits de l’enfant ?

DEI-France, France terre d’asile et le Cofrade n’en sont pas convaincus. Ils ont rendu, en tant qu’ONG, des rapports alternatifs au Comité des droits de l’enfant des Nations unies pour faire part de leurs points de vue et de leurs préoccupations, très vives pour certaines, quant au respect de la Convention par la France[1]. Ils rediront leur inquiétude, le 4 février prochain à Genève, lors d’une audition par le Comité en séance préparatoire.

Si la situation des droits de l’enfant en France est globalement plus favorable que dans la plupart des pays du monde, DEI-France, France terre d’asile, le Cofrade et leurs partenaires[2] sont néanmoins inquiets de son évolution. La France fut un pays précurseur dans bien des domaines des droits de l’enfant : dans sa volonté d’instituer un dispositif national de protection de l’enfance, dans son système public d’éducation, dans sa façon de traiter la délinquance juvénile ou encore dans sa tradition d’offrir l’asile à tous ceux qui sont persécutés dans leur pays. Aujourd’hui, après une phase de progrès durant les années 90, la France marque le pas, et même régresse dans certains domaines, que ce soit par des dispositions législatives récentes ou des  politiques mises en œuvre pour appliquer la loi. La crise économique mondiale laisse présager une aggravation du sort fait aux enfants, alors qu’aujourd’hui, 2 millions d’enfants vivent déjà sous le seuil de pauvreté en France. Quant au droit des enfants à être eux-mêmes acteurs de leur vie et associés aux décisions les concernant, alors même que de nombreuses initiatives, associatives ou locales, existent dans ce sens, les pouvoirs publics n’ont pas encore montré une réelle volonté de le mettre en œuvre, évoquant même la « crise de l’autorité » pour justifier un retour à une éducation autoritaire.


C’est pourquoi DEI-France, France terre d’asile et le Cofrade invitent tous les mouvements, institutions et associations soucieux du bien-être des enfants à les rejoindre pour appeler les pouvoirs publics et les parlementaires à ouvrir en 2009 un débat national sur la situation des enfants en France. Il est grand temps de s’inscrire à nouveau dans une démarche de progrès pour le respect de tous les droits de tous les enfants[3].


[1] Ces rapports ainsi que celui du gouvernement sont disponibles sur

http://www.dei-france.org/rapports/2008/index_rapport2008.html

http://www.france-terre-asile.org/positions/802-rapport-mie-onu

http://www.cofrade.fr/

[2] D’autres associations telles que la FCPE, l’AFMJF, l’ANAFE, l’OCCE, l’ICEM pédagogie Freinet, la FNAREN  ou ATD Quart Monde ont contribué et/ou soutenu le rapport de DEI-France.

[3] Ils peuvent se rapprocher de l’une ou l’autre des 3 organisations pour participer à la rédaction d’un appel commun.

01 février 2009

Le détail

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