Sauvegarde de mon ancien blog sur hautetfort.

31 janvier 2009

« J’ai dessiné follement pour que, quand je n’aurais plus d’yeux, j’en aie au bout des doigts »

Suzanne Valadon, vous l’avez toujours connue sans le savoir. Regardez, c’est elle, là, qui danse avec Paul Lhote sous les yeux de Renoir :

C’est aussi elle sur ces photographies ou portraits :

Mais que fait-elle de ce côté-ci de la toile ?

Hé bien, cela :

30 janvier 2009

Cette fois vous êtes arrivé à temps pour les voir…

… Mais vite vite, c’est que ça file les dauphins angolais !

(images perdues)

S’amuser ? Dans l’eau ? Tout nus ? Ah ah !

A British policewoman chasing after a group of naked street boys by the Serpentine in Hyde Park, London. (Photo by Reg Speller/Fox Photos/Hulton Archive/Getty Images)

29 janvier 2009

Sur la grève

Et une citation spéciale pour instits en crise de foi (ou pour garder courage après la grève) : « Le plus souvent l’autorité de ceux qui enseignent nuit à ceux qui veulent apprendre. » Cicéron (-44 aC), De la nature des dieux, I, 5.

28 janvier 2009

Elodie

(Elodie, quai de Jemmapes, Paris, en 1973, photographies de Jean-Francis Fernandes)

23 janvier 2009

Après la pluie

(Photographie de Dora Maar)

Pensées pour un papillon poète

Huile sur toile, 1930. Musée National d’Art Moderne, Paris. Donation Sonia Delaunay et Charles Delaunay 1964.

22 janvier 2009

Lignes croquées

On parle à des lignes

Celles tracées l’aimant

Mais parfois

Filent trop vite

Filent

pull trop grand

Ou trop petit

Ne s’effleurent

Ne se suivent, se superposent

Se coupent et font des noeuds

Se dirigent –> désirs communs

Au sens opposés

<–>

Jusqu’au sens arrêt.

Suivre

Fils des visages

Aveugle

Entendre

Son des voix

Intonation des joies

Raccrochés,

croquis inachevé.

Manque oeil ou nez

Car esquissé en premier

aile de l’âme

sur front

Perte se dessine dans Coeur.

Vagues échouées.

Défaire sel brûlant.

Oeil rond soleil.

Chercher sur île

autres lignes

à croquer.

20 janvier 2009

Musette de BachHHHHHh

On continue dans l’expérimentation musicale. Cette fois c’est Yo Yo Ma et Bobby Mac Ferrin. Complètement délirant, ça fait un bien fou !

(vidéo perdue)

Et puis on continue à se faire plaisir, avec Hush Little Baby :

(vidéo perdue)

Et puis Yo Yo Ma tout seul, parce que c’est quand même lui que je préfère des deux, et puis en plus classique mais encore plus beau (on revient à Bach : suite pour violoncelle, et ce morceau-ci, ah là là)…

(vidéo perdue)

Troublemakers

(vidéo perdue)

Citation dans son contexte : Film « Liberté, la nuit » de Philippe Garrel (Un homme pris dans la tourmente des « événements d’Algérie » connaît un bonheur nouveau mais fugace avec une jeune Algérienne (je l’ai pas vu mais la verve unique de JP Léaud, ah agacement et fascination…)).

Troublemakers est un groupe marseillais. Certains morceaux sonnent vraiment trop « électroniques » à mon goût, mais d’autres sont délicieusement groovy. Et certains autres sont des recherches à partir de morceaux jazzy (comme ici « my man’s got a heart like a rock cast in the sea » chanté par Etta James). J’aime leur audace, leurs tâtonnements et leur façon de piocher partout, assaisonner, touiller, (oui oui de la cuisine musicale) sans rien compartimenter. (Marseille !)

19 janvier 2009

Aux aguets

Artnimal aux aguets

Couleurs

Champs ligneux

Postures ligneuses

Comme un artnimal

Aux aguets…

(Pour)

A l’intention de

A la place de

(Et cela, sans réfléchir, instinctivement. C’est en soi. Artnimalement.)

17 janvier 2009

Un groupe de dauphins

Ah, si vous étiez venus trois secondes avant sur ce blog, vous les auriez vus, accompagnés par un banc de petits thons.

(Au large de l’Angola)

16 janvier 2009

Là-haut où tout est haut

Je pense parfois, lorsqu’il fait très froid, aux forges et hauts-fourneaux de tout là-haut. Le ciel gris foncé, c’est peut-être les nuages, mais c’est peut-être aussi ces fines particules carbonisées qui se déposaient sur cheveux et vêtements lorsqu’on sortait. C’était lorsque ça fonctionnait encore. Depuis, certaines usines ont été transformées en musée-salle-des-fêtes-tout-illuminé-joli-ensouvenirde.

Y’avait des grandes villes à côté, pas pour les ouvriers, mais pour les cathédrales.

Plus immenses qu’ailleurs, les cathédrales, me demandez pas pourquoi, peut-être parce que là où on a froid on a besoin de croire que c’est parce que les plafonds sont hauts. Où ptête que si on se rapproche du ciel ça réchauffe le coeur.

(Souvenir soudain de pieds de 8 ans congelés jusqu’à la douleur dans une église comme ça – un mariage -, même pas eu l’esprit de penser au coeur, du coup, mécréante que je suis).

Pourtant les maisons sont petites, plafond-bas, sombres-tapisseries-à-grosses-fleurs-beiges, toits pentus pour ouste-la-neige. On n’y avait pas chaud non plus (histoire d’économies : la preuve que c’est pas nous qu’avons bousillé la planète, alors arrêtez de nous faire porter le chapeau très haut-de-forme).

15 janvier 2009

Anaïs

Elle débuta son journal quasiment avant de savoir parler.

Ce qui ne l’empêcha pas de devenir ravissante à 20 ans.

Rêveuse… Mais toujours pleine de vie. Pour tout dire, elle adorait la vie, lorsqu’elle pouvait l’écrire ensuite.

On peut trouver toutes sortes de photos d’elle, déguisée en danseuse espagnole, en Cléopâtre, en tahitienne… Elle était modèle pour photographes, mais aimait par-dessus tout danser seule sur les plages, en priant pour qu’aucun photographe ne passe dans les parages.

Flûte, raté..

Lorsqu’elle n’avait pas de plage à proximité, elle jouait sirène dans des films.

Son frère Joaquin n’était pas mal du tout :

… Mais un peu triste.

Heureusement, il y avait les autres hommes, souvent bien plus drôles (mais pas toujours) quoique passionnants d’érudition et de talent. Certains acquirent une petite et brève notoriété, mais toujours qualifiés d' »amis d’Anaïs », restèrent dans son ombre large. Que voulez-vous, l’époque était sexiste. Qui se souvient aujourd’hui de noms comme… Attendez, Henri Miller ? (ou quelque chose comme ça). Antonin Artaud ? A moins que ce ne soit Artard ? Bah, peu importe.

(A vous de reconnaître Antonin Artaud, le dr Otto Rank, Henri Miller, Gonzalo More, Ian Hugo…)

Certains d’entre eux avaient des compagnes tout aussi passionnantes, n’est-ce pas, June ?

June Miller collection particulière

Anaïs était belle. Alors on fit d’elle des aquarelles où on ne voyait pas qu’elle était belle, mais ça c’était du Henri tout craché :

Elle tint son journal si longtemps qu’avec tous ces carnets accumulés elle put se construire une maison pour vivre dedans.

Ouf.

13 janvier 2009

Chez Monsieur Srotch

Je te prends en photo, allongé dans un champ. Le lieu me fait irrésistiblement penser à Souitte, de l’île d’Orseland.

Anita…


Ces deux photos d’Anita enfant, je les sors de ma poche et les contemple à nouveau. Elles sont presque semblables. Sur la seconde, cependant, le sourire semble dégringoler. Un éclat dans ses yeux  paraît s’affoler.
Elle m’avait raconté : elles avaient été prises par le libraire, seul détenteur d’un appareil photo à l’époque, dans notre village de Souitte. Monsieur Srotch était un homme maigre et vif, d’une curiosité nerveuse. On reconnaissait à ses impatiences un natif du continent, qui regrettait constamment l’indigence culturelle de notre petite île. Sa librairie se nichait dans l’anfractuosité de l’immense rocher posé sur la falaise de l’Entre-Deux. Nul ne savait comment ce rocher avait pu se retrouver là. Avec le plus grand pragmatisme possible, on pouvait imaginer qu’une armée aux ordres improbables avait hissé ce caillou du bas jusqu’en haut. En effet, si l’on se penchait, les mains posées au bord du gouffre, on pouvait, trente mètres plus bas, contempler de nombreux frères jumeaux du rocher. Anita expliquait en haussant les épaules : c’est simple, il est tombé en haut. Et il n’y avait rien à ajouter.
Anita et moi aimions rendre visite à Monsieur Srotch. C’était le but ou une étape de nos nombreuses promenades. Le rocher était visible lorsque s’éclaircissait la forêt de Belmug, qu’il fallait traverser uniquement en suivant le sentier de Sans-Perte, sous peine de grands dangers. On entendait depuis quelques secondes déjà le bruit de la mer se fracasser contre les rochers. Les arbres, pins, marronniers, cyprès, et autres espèces méconnues s’écartaient pour laisser place à une lande aux hautes herbes vertes et jaunes, balayée par des vents puissants. Devant le ciel changeant, se dressait l’immense roche, qui donnait une impression rassurante : elle était posée là, sûre d’elle-même malgré son incongruité, inamovible bien que lissée par les bourrasques de la saison des vents, et d’un gris bleuté qui ramenait à des souvenirs de douceur maternelle. En effet, les natives d’Orseland avaient toutes cette couleur dans les pupilles plusieurs mois après avoir donné naissance à leurs enfants. Et dans le ventre de la roche, cette cavité à l’éclairage orangé, à l’unique vitrine décorée de lutins en tissu créés par Josh l’artiste, où se tendaient de lourds rideaux d’étoffe rouge : la grotte-librairie était étroite mais chaleureuse. Elle regorgeait de livres de toutes sortes, d’éditions rares et disparues, posées dans un désordre religieux sur des étagères pas toujours horizontales, étant donné la complexité du lieu : tout sauf carré. Mais à six ans, je n’étais pas encore arrivée à Souitte. Anita s’y rendait donc bien avant que j’arrive, je l’appris à l’occasion.
Ce jour-là, Monsieur Srotch était tout heureux d’avoir enfin reçu par le dernier bateau (il n’y en avait qu’un tous les deux mois, à l’époque), son nouveau jouet : le fameux appareil photo. Anita était arrivée à point nommé devant la librairie, au cours de sa promenade : la lumière à ce moment-là était particulière. Les nuages commençaient à s’accumuler et se charger d’un gris électrique. Mais le soleil luttait et les quelques rayons qui perçaient avaient la couleur de la persévérance.
Anita était venue avec son chat noir qu’elle avait nommé Peau. Elle avait pour habitude de le promener en le tenant dans ses bras comme une mère le fait avec son bébé. Peau se laissait faire docilement. Il ronronnait et ses yeux d’agathe brillaient de plaisir. Le libraire aurait aimé saisir la petite fille et le chat, mais Peau prit peur lorsqu’il brandit l’appareil, et se dégagea des bras d’Anita. Tant pis, se dit Monsieur Srotch, et il sortit une chaise qu’il installa sous un marronnier. Les herbes la cachaient presque entièrement et Anita dut tâtonner avant de s’y installer. Une fois assise, elle observait son chat qui bondissait lestement d’une branche à l’autre de l’arbre d’en face. Le libraire s’installa entre les deux marronniers, et fit la mise au point.
Le visage d’Anita Van de Froom se trouva encadré dans la petite fenêtre du tout dernier bijou technologique arrivé à Orseland. Elle portait ce jour-là une robe à col rond, dont les smocks  enserraient son torse d’enfant. Il semblait gonflé de joie et de fierté lors de ce premier cliché.  La photo étant en noir et blanc, je ne m’avancerais pas à donner une couleur à la robe, mais je l’invente bleue. Les cheveux noirs d’Anita, coupés au carré, retenus par une barrette sur le côté, ne parvenaient pas à assagir un visage mutin et déterminé. Clic, fit le premier cliché.
Monsieur Srotch s’apprêtait à prendre la seconde photographie lorsque la luminosité baissa subitement, quelque chose sembla se crever là-haut, puis une lueur forte l’éblouit. Cela le surprit tant qu’il appuya sur le bouton. Le flash s’était-il enclenché bien avant qu’il eut ce geste ? Cela paraissait improbable. Un fracas de fin du monde le fit alors sursauter. Non, ce n’était pas le flash, mais un éclair. Un crépitement : l’arbre derrière lui était en feu. Il craignit soudain pour Anita, assise, insouciante, sous l’autre marronnier. Les gouttes d’eau commençaient à dégringoler, grosses comme des larmes de géant, s’écrasant lourdement sur les joues, accompagnées des hoquets de la peine du monde : les vagues en bas. Monsieur Srotch se précipita vers Anita pour la prendre dans ses bras et l’entraîner à l’abri dans la librairie.
Cela faisait un bon moment qu’elle s’était réchauffée, une serviette sur les épaules, mais elle n’avait toujours pas dit un mot. Son petit nez était collé à la porte-fenêtre, y imprimant une forme ronde auréolée de buée. Elle observait – entre deux affichettes, l’une vantant une exposition sur les rêves épicés, l’autre un spectacle de puces dansantes datant de vingt années plus tôt –  l’arbre se consumer dans des flammes ondoyantes.
– Qu’y a-t-il ? s’enquit le libraire occupé à recopier un livre d’heures en lambeaux.
Anita éclata en sanglots.
Durant la prise de vue, elle avait assisté, à quelques mètres d’elle à peine, au foudroiement de son chat Peau.
Monsieur Srotch retrouva par la suite une sorte de peau noire carbonisée, plate et sèche, mélangée avec les cendres de l’arbre dont il ne restait qu’un moignon noirâtre. Il fut étonné par la forme de la peau charbonneuse : exactement celle d’un chat. Anita était sûre qu’il l’avait gardée quelque part, cachée pour qu’elle n’eut pas de peine.
– Tu vois, m’expliqua gravement Anita après m’avoir offert ces deux clichés. Entre ces deux moments, j’ai vécu le plus grand drame de ma vie.

Puis elle sourit, et me lança un regard bouleversant de confiance amusée.

(détail de Van Dyck)

Je fouille ma mémoire mais oui, c’était bien le jour de mon arrivée : si j’avais tout de suite repéré  la petite Anita dans la foule qui m’observait avec curiosité, c’était parce qu’elle était la seule à porter un couvre-chef. Un chapeau noir, avec deux agathes brillantes cousues sur le devant, et deux oreilles félines fixées sur le dessus.

12 janvier 2009

Sigrid

La meilleure amie d’Anita Van de Froom se nommait Sigrid. Lorsqu’elles atteignirent quinze ans, personne ne put nier que Sigrid était bien plus jolie qu’Anita. Cela provenait du fait qu’enfin Sigrid osait vous regarder dans les yeux. Anita n’avait jamais craint de le faire. Enfant, on trouvait cela charmant quoique parfois dérangeant. Elle fouillait votre âme sans sourire, avant de s’enfuir tantôt en riant, tantôt en pleurant. Adolescente, elle ne perdit pas cette habitude. Mais on décréta que cela n’avait plus rien de charmant. On la disait insolente. Alors elle apprit à regarder à travers vous. Elle vous voyait sans vous voir. Elle ne voyait que votre essence. On la qualifia de fuyante, de petit monstre, d’âme damnée qui ne méritait que les feux de l’enfer.

Sigrid, elle, n’ouvrit les yeux que vers quatorze ans et trois jours. Son regard flou de nouveauté en troubla plus d’un. Sigrid s’émerveillait de vous voir enfin, mais par manque d’habitude ne vous voyait pas vraiment. Ce qui semblait une infinie compassion n’était en réalité qu’un questionnement : cette personne est-elle digne de moi ? Assez belle pour moi ? Me rendra-t-elle heureuse ? Votre lumière se mariera-t-elle bien avec la mienne ?

Sigrid eut une vie si heureuse qu’elle ne mérite que le mépris de la romancière.

(Edouard Boubat)

11 janvier 2009

Lectures

Depuis mon émerveillement face à la poésie de Deguy, je me suis plutôt fourvoyée.

Peu de lectures satisfaisantes, donc.

Pour commencer Où on va, papa de Jean-Louis Fournier (merci Ad ! Je te cite parce que t’as pas aimé non plus). Bon, bien sûr, y’a des passages chouettes, émouvants, parce que l’on sait que tout est vrai. Cela dit, j’ai trouvé ça un peu court, je veux dire pour un roman pour adultes. De plus en plus, d’ailleurs, je lis des romans pour adultes qu’on croirait écrits pour des ados. Autant au niveau du sens que du format. Le jeunisme va loin. Donc oui, intéressant, mais on reste sur sa faim. On aurait aimé davantage de densité. De profondeur ?

Même sentiment, en pire, pour Lorsque j’étais une oeuvre d’art. Ah, Eric-Emmanuel Schmitt que j’aime tant lire d’habitude, que vous est-il arrivé ? (La célébrité ?) Alors y’en a qui disent que c’est une fable philosophique, ce qui excuserait toute incrédibilité (j’ose pas dire médiocrité. Et puis si après tout, je travaille pour aucun média). Parce que vraiment, mais alors vraiment, on n’y croit pas. C’est sans parler des poncifs liés à l’art, avec idées plutôt conservatrices (l’art, le vrai, c’est quand on peint sur une vraie plage sur une vraie toile, avec de la vraie peinture, un vrai chevalet, à l’écoute de la vraie nature quoi). Des poncifs liés aux relations sociales et amoureuses (ah la belle et soumise héroïne, dévouée à son père diminué, capable d’aimer au-delà des apparences, ah, et en opposition les belles avides et bêtes qui se font des crasses, ah les femmes quoi). Des rebondissements qui n’en sont pas (attention pseudo-spoiler, ah ah) : quoi non si, oh, il est aveugle !? Oh, non, si ? Mais on l’avait deviné dès les premiers mots qui l’ont mis en scène… L’auteur, maladroitement (mais je crains que ça ne soit adroitement), tombe dans les travers qu’il dénonce : il impose une autre vue. Bref ça dégouline de morale, berk (pourquoi est-ce que les gens ces temps-ci confondent morale et philosophie ? Cultivons notre jardin, c’est de la philosophie ; notre jardin doit être frais et iodé, c’est de la morale).

Il y en a une qui prend enfin ses lecteurs pour des gens intelligents, c’est Emmanuelle Pagano. Je ne la connaissais pas du tout, et c’est donc la première fois que je la lisais avec Les mains gamines (merci r ! ). J’ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir et d’émotions. La langue est belle, le style très personnel, la structure du récit maîtrisée, les différentes voix justes. Mais immense colère à la lecture du dernier chapitre. Impression d’avoir été emmenée sur un chemin glauquissime sans crier gare. Bon, c’est aussi du talent de balader son lecteur comme ça. Mais là ça touche à l’enfance, et à l’intimité de l’enfance. Rien ne devrait être tabou en littérature, certes, mais j’ai quand même eu un sentiment de révolte et même de dégoût, ce qui m’arrive rarement avec un livre. C’est amoral au possible, ce qui fait du bien certes, après avoir lu le truc du dessus, mais c’était peut-être un trop grand écart. Bon, faut que je lise un autre livre d’elle.

J’ai ensuite voulu me raccrocher à une valeur sûre. Allez chiche un prix Nobel : Ritournelle de la faim de Le Clézio (merci S !). Sans surprise : c’est beau. Le plus émouvant, et le génie de Le Clézio à mon sens dans ce roman, ce sont les deux chapitres de début et de fin. Sans eux ça n’aurait été qu’une simple histoire de jeune fille face à la guerre. Mais ces deux chapitres donnent une dimension magnifique, face à la faim, et face à l’empathie filiale. Cet homme a réussi à se placer dans la tête et le coeur de sa mère âgée de 20 ans, avec ce que l’on imagine d’extrapolation, de romance, d’amour, d’écoute de confidences au cours d’une vie… C’est cela qu’on imagine, qui n’est pas dit, et qui est le plus beau, je trouve. (Ca va, S, comme fiche de lecture ?)

Maintenant je vais me plonger dans 20 projets pour éviter à un élève de cycle 3 toute trépanation sans chirurgie (argh). Pitié, sauvez-moi, conseillez-moi autre chose.

09 janvier 2009

La couleur du jour

Ca commence par un éclat de rire, puis c’est juste beau.

(J’écris avec cette couleur dans l’oreille aujourd’hui).

Ici aussi il pleut et ça a tout lavé, même la neige.

08 janvier 2009

Neijeux (bon j’ai le droit aussi à des jeux de mots pas drôles)

Ah oui, r, à Marseille, ça avait l’air fabuleux !

Pour que la neige continue de faire danser nos coeurs…

… La troisième révolution. Voeux et constats de Fred Vargas :

 » Nous y sommes  »          
par Fred Vargas

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s’est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.
D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille – récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).
S’efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d’échappatoire, allons-y.
Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

Bonne année à tous : dans le respect, la simplicité ,l’amitié,la sincérité et la solidarité…..Et sans fraises du bout du monde en Février!!!!

07 janvier 2009

Boucle d’Or

J’aime beaucoup le conte de Boucle d’Or.

Il est toujours l’occasion de discussions philosophiques passionnantes dans une classe. Lorsqu’on a faim, a-t-on le droit de prendre la nourriture des autres sans leur demander ? Comme toujours, c’est sans solution (bien veiller à ne pas donner de solution, surtout ! On n’est pas au catéchisme).

La Boucle d’or que je connais n’a plus de boucles. Bébé, elle arborait de réelles boucles dorées, puis des anglaises splendides qui auréolaient son visage rond (très rond !). Aujourd’hui, à 8 ans tout neufs de 2009, ses cheveux sont devenus cendrés et juste ondulés. Ce sont ses yeux désormais qui retiennent l’attention : une couleur indéterminée. Noisette dorée, pourrait-on dire, avec des éclats de soleil. Mordorée. En forme d’amande effilée, ils glissent sur les gens et n’en perdent pas une miette. Si vous lui plaisez, elle vous adressera un sourire, puis une blague. Son sens de l’humour est très pointu, et concerne surtout les jeux de mots, qui la font rire aux éclats, tête basculée en arrière. Un rire de goret, heureusement pas encore étudié. J’adorerais qu’elle le garde en grandissant : il est si peu élégant, ce rire, un vrai bonheur !
Boucle d’or est pourvue d’une empathie étonnante, que ce soit envers enfants ou adultes, et d’un profond sens de la justice.
Quoique.
En fin de CP, un petit garçon un peu agité lui a administré un coup qui lui a laissé un oeil au beurre noir et le front enflé durant presque un mois. Aujourd’hui, ils s’envoient des mots doux remplis de coeurs roses. En classe, c’est elle qui a eu la fève. Elle l’a choisi comme roi.
Aucune inquiétude : Boucle d’or, comme dans les contes sans princesse, est déjà reine de sa vie.

Ange

Un ange est amoureux de moi.
Il me répète plusieurs fois par jour qu’il m’aime, et que je suis la plus belle.
Il me couvre de baisers. Parfois il est pris d’une frénésie telle qu’il m’embrasse du haut du front jusqu’au bout des ongles.
Il tente toujours : « je peux t’embrasser sur la bouche ? » Mais toujours, courageuse, je réponds : « non, non, pas sur les lèvres ».
Il arrive souvent que nos regards s’accrochent, cela dure plusieurs secondes, puis un élan le fait courir vers moi et m’enlacer un en câlin féroce.
Il se rassure en collant sa joue contre la mienne. Nos deux fraîcheurs se fondent en douceur. Il ignore pourquoi il a toujours, alors, une subite envie de boire du lait chaud.
Souvent il lisse mes cheveux entre ses doigts délicats, puis examine longuement l’une des mèches : couleur texture odeur, tout le passionne.
J’aime par-dessus tout caresser sa nuque, à la naissance de ses cheveux courts, une courbe émouvante et vivace, fragile et puissante. Son ventre rond et chaud me fait l’effet d’une brioche sortie du four. Je réfrène des désirs de cannibale.
Ange, 4 ans, ne craint pas d’annoncer d’un air candide : « j’aime que toi, maman, j’aime pas papa ». Ou bien ces derniers temps, en me regardant dans les yeux : « nous deux on s’aime, pas vrai ? »
Et sans cesse, avec une régularité calme et obstinée, on le recadre, on lui explique, et il finit par reconnaître d’abord l’existence de son papa, puis qu’il l’aime aussi.
On appelle ça un Oedipe monstrueux. Quelle notion compliquée pour parler simplement de la toute première expérience amoureuse d’un être humain !

(tableau de Emil Nolde)

06 janvier 2009

Va-t-il neiger demain ?

Oh oui oh oui !

Et pour le plaisir d’y enfoncer ses pas comme dans le sable, mais avec le crissement en plus, et puis tout emmitouflés prêts à chavirer comme des bidibules, et puis les joues rouges, et puis même chiche on ferait un bonhomme et une madame de neige, même qu’ils s’embrasseraient et qu’eux ils auraient même pas froid, et pis après on leur balancerait des boules de neige (avec des cailloux d’dans, ah ben oui et même dans les vitres et on piquerait un sprint avec des gloussements fous), et les cristaux dans tes cheveux, tes cils, et je caresserais tes yeux du bout de ma moufle humide, grmfl oh oui oh oui !

En corps de la musique

05 janvier 2009

Lirécouter

Le prix Ados de Rennes est un événement annuel qui permet aux jeunes voyants et non-voyants de voter pour le livre qu’ils ont préféré parmi une liste de 10 titres.

Pour que cela soit possible, le GIAA, Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes, a enregistré chacun de ces dix titres sous le format Daisy (Digital Accessible Information System). Importé du Canada en France pour la 1re fois en 2004, il constitue un nouveau format d’enregistrement élaboré à partir du format MP3.

Ainsi se retrouve La fille qui dort parmi cette bibliothèque d’ouvrages : ici.

Cet enregistrement dure 3 heures et 18 minutes. J’ai hâte de pouvoir l’écouter.

Cela me fera-t-il le même effet que lorsque mon texte Petite avait été lu par une comédienne (Nat Yot) ? Comme si cela avait été écrit par une autre. A proprement parler : mes mots interprétés. Sentiment d’étrangeté.

Quoi qu’il en soit, c’est un grand bonheur que La fille qui dort puisse être accessible à tous.

Hommes

(photos perdues)

Le photographe Juul Hondius a travaillé sur la souffrance au travail.

Ces photographies montrent des hommes qui touchent profondément.

Loin enfin des images stéréotypées d’hommes urbains ou ruraux.

Très difficile de trouver des images d’hommes qui paraissent vraies.

Celles-ci le sont.

Beaucoup, beaucoup, beaucoup d’hommes ont ces regards, ces abandons, ces repos, ces découragements.

Beaucoup, beaucoup, beaucoup d’hommes travaillent trop, trop dur, trop longtemps.

Beaucoup, beaucoup, beaucoup d’hommes ont ce courage-là.

Ce manque de choix, mais ce courage quand même.

On aime ces hommes-là. Ce sont les plus nombreux.

Alors pourquoi ne nous montre-t-on la plupart du temps que des hommes cravatés (non qu’ils souffrent moins, mais…), ou bien des hommes de scène ou de mode ? Déjà objets vous aussi.

Médias, vous mentez aussi par là.

Hommes, heureusement, vous ne travaillez pas toujours. Parfois, vous écoutez, allongé dans les herbes hautes de vos rêves, et c’est le monde entier qui bruisse pour vous, par amour de vous :

Hommes, on aime vous imaginer enfants :

(Koos Breukel)

Ou bien errant sur un quai de la Seine :

(Léo Divendal)

Jouant de la musique :

(photo perdue)

(Pedra Mharby)

Ou endormis :

On aime lire et passer les mains sur les sentiers de vos visages.

Et même absents vous êtes là.

(photo perdue)

04 janvier 2009

Rêve

(Photographies de Juul Hondius et de Elspeth Diederix)

02 janvier 2009

La vie d’Anita Van de Froom

(photos perdues)

Voici deux photos imperceptiblement semblables d’Anita Van de Froom enfant. Ce nom ne vous dit rien et c’est normal : Anita Van de Froom naquit, vécut et mourut dans la plus profonde indifférence.

Anita éprouve une joie incommensurable durant la première prise de vue. Lors de la seconde photo, elle est prête à éclater en sanglots. Entre les deux, son petit chat est mort foudroyé en haut d’un marronnier.

Ci-droite, le visage de sa mère Angela Truitemer, native de l’île d’Orseland où les manchots savent voler. Arbino Van de Froom conquit son coeur en imitant à la perfection la plainte du nuage juste avant évaporation complète. Angela se jeta sur lui pour l’embrasser, de crainte qu’il ne disparût avant son étreinte. Depuis ce jour, elle ne cessa, par impulsions, de poser sa main sur Arbino. Sur son bras, sa cuisse, et souvent sa nuque, elle le palpait un moment avec inquiétude, avant de laisser couler invariablement trois larmes de soulagement.

Ci-bas, le portrait de la meilleure amie d’Anita, à l’âge de 7 ans. Au moment de la photographie, un berger fut déclaré monarque par alliance.

Anita prit son envol pour la première fois à l’âge de 8 ans. Ce fut avec les ailes du papillon géant de l’île de Lormidor, capturé dans le rêve de son meilleur ami imaginaire. C’était sans savoir que le papillon appartenait à la tribu des Zouffles qui poursuivirent sans relâche puis tuèrent le meilleur ami imaginaire d’Anita, qui ne s’en remit jamais. Ni lui ni elle. Elle garda à jamais les ailes du papillon, précieusement conservées dans une cabanette remplie de coton formolisé. Souvent, elle ne pouvait se retenir d’y jeter un oeil afin de se rappeler la présence de son ami qui n’avait jamais existé. On la retrouvait trois jours plus tard, profondément endormie devant la porte qu’elle n’avait pas même eu le temps d’ouvrir, confortablement allongée sur une couche de mousse, le sourire aux lèvres.

Lorsqu’elle était sur terre, Anita était contrainte de danser pour gagner sa vie, car ses parents n’avaient fait que la lui donner. Elle dansait faux, mais c’était par manque de confiance en elle. Elle était cependant applaudie par tous les hommes du voisinage qui fondaient de grands désespoirs en elle.

(photo perdue)

Toutes les nuits, un personnage flou chevauchait la plage de ses rêves, il s’éloignait en criant : Adi, adi, adi, yeux, yeux, yeux.

Jamais aucun psychanalyste ne sut lui expliquer le sens de ces paroles.

Seul le chant des fleurs exprimait une vérité toute nue…

Qu’elle se hâta d’imiter.

C’était à l’adolescence. Elle était devenue une jeune fille parfaitement insignifiante. Voici la seule photographie que l’on retrouva d’elle, prise par erreur par un ethnologue de passage, qui la confondit avec un goéland argenté. Lorsqu’elle osa ouvrir la bouche pour prononcer un mot, il fut si déçu qu’il lui ota la bague qu’il lui avait posé à la jambe pour suivre ses déplacements. Le mot qu’elle prononça reste un mystère, l’ethnologue en question étant parti en lune de miel avec un aigle du Bengale, dont il ne revint jamais.

Tous les jours, elle attendait sur la plage le personnage qui visitait les rêves de ses nuits, en compagnie de son amie d’enfance, qui cherchait aussi quelque chose. Aucune des deux ne sut jamais quoi, mais elles étaient solides-air.

Parfois une adolescente de leur méconnaissance sortait de l’eau pour les observer, moqueuse, d’un regard trop direct.

Au bout de la quarantième apparition, elles décidèrent de l’étrangler, jetèrent son corps dans la mer, et restèrent ensuite longtemps allongées sur le sable, mains jointes, à discuter de ce que le monde attendait d’elles. Leurs rêves connus et inconnus galopaient toujours à leurs côtés mais elles durent se rendre à l’évidence : il leur fallait devenir femmes.

Anita décida pour cela de devenir rousse, et se perdit dans les bars les plus glauques qu’elle put trouver, à cause de la lumière.

C’est là, devant un café noir, qu’elle rencontra Tromi, le premier homme de sa vie.

Il revenait à peine de Suède, où il pratiquait assidument la chasse aux Nubucks (marque déposée) et aux gnous (marqués dès posés).

Les jours de soleil voilés, elle pouvait croire qu’il était ce cavalier sur la plage qui lui parlait de ses yeux.

Mais il ne parlait pas le langage des fleurs, ni celui du mur de verdure, qu’elle visitait alors plus que de raison, par profonde déception et bonheur caché.

Anita et Tromi eurent pourtant un enfant, né de la vague, qu’ils nommèrent Ecume.

Anita Van de Froom l’éleva avec négligence, mais elle n’avait que la main verte hélas. L’enfant, une fille, devint quand même bilingue et se plongeait dans de longues conversations avec les grains de sable de l’île des petits sablés mouillés. C’est là qu’Anita l’abandonna, sans peur et sans reproche.

Ce fut à cette période qu’elle sombra dans la prise d’amants à qui mieux mieux, puis à qui pire pire.  Tromi repartit en Suède,  creuser des tombeaux de fakirs multimillionnaires en crise. L’un des amants d’Anita, magistrat émérite de l’ordre des langues sans salive mais de bois, la noya  un jour de canicule estivale par accident dans un bain de mousse qui cotoyait à ce moment-là par égarement une lampe électrique. Ce fut à ce moment précis que sa fille la retrouva, et assista à toute la scène. C’était déjà une jeune femme, dont on attend depuis des années le témoignage éclairant et primordial…

…concernant la fin de l’insignifiante vie d’Anita Van de Froom, qui ne devint jamais photographe sensible.

(Photographies de Celine Van Balen, Elspeth Diederix, Paul Kooiker, Leo Divendal, Lidwien Van de Ven, Lucien Clergue, Marnix Goossens, Rineke Dijkstra, Tom Sandberg)

01 janvier 2009

Ecoute

Tous les jours seront de l’an

De langueur allongée

Longeant les herbes hautes

Beauté à écouter

Goûter les devenirs

Ni ronds ni à faire

Affaire du cou dévoilé

Vois les baisers qu’il attend

Tant de désirs en un seul champ

Champ, pagne, et hop sur l’horizon

(Z’ont qu’à y danser avec moi).

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