Sauvegarde de mon ancien blog sur hautetfort.
28 mars 2009
Littérature pionnière
Lu sur l’excellent site remue.net :
« Néanmoins, l’écrit sur internet montre que la création artistique ou littéraire n’est pas forcément fonction de la rémunération financière qu’on en attendrait ; en cela, la littérature est aussi pionnière qu’elle le fut lors de l’élaboration des fondements du droit d’auteur actuel. »
Olivier Cazeneuve
La vie moderne
Hier soir, c’était La vie moderne.
Dans l’appellation Film documentaire, surtout ne pas oublier qu’en premier se trouve le mot film.
C’était à mon sens d’abord du cinéma, et du beau cinéma. Et c’est d’abord son coeur qu’a fait parler Raymond Depardon, bien avant une volonté de capter une réalité.
Vie moderne, car modernes sont ces gens, bien plus que nous dans le tourbillon de la vie citadine.
Il ne fallait donc pas vivre ce film comme un « coup de bambou », non non bien au contraire.
Ces personnes issues du passé se trouvent désormais en avance sur leur temps, et actuellement dans une sorte de poche spatio-temporelle où ils vivent leur solitude heureuse, assumée ou résignée.
N’oublions pas le petit garçon au beau milieu du film, qui rêve d’être paysan comme son papa, avec des machines hyper-évoluées.
Et ce sont eux qui incarnent le retour aux valeurs de la terre, à l’écologie, à une vie simple : de quoi parle-t-on d’autre pour le futur ?
Modernes, donc, modernes.
Beauté des plans, des personnes, des silences.
Bonheur d’une caméra plantée devant une personne qui se tait, qui se moque bien d’apparence, et qui lance « je vous le dis pas » (là, nous qui avons jeté nos télés de dépit, on lui sauterait au cou, à cet homme-là).
Bonheur du son d’une pendule se balançant dans l’arrière-plan. D’une cuisine comme chez nos grands-parents. Du sourire de cette petite dame qui propose ses gateaux, son café, à son mari, au cameraman, à tous ceux qu’on ne voit pas et qui font le film, qui regarde celui qui parle, puis regarde son mari en attendant sa réponse, et sourire et lumière chez cette petite vieille superbe. Et puis les doigts, outil de travail, que l’on tord, caresse, regarde sans cesse, les mains, les mains, les mains, sur les toiles cirées où l’on chasse une mouche d’un geste vif.
Les silences.
Les silences.
Les brebis que l’on soigne. La façon d’en parler, on parle de bêtes mais l’on fait sans cesse attention à leur bien-être.
Les découragements. La vieillesse. L’énergie.
La solitude. Extrème.
Les grandes étendues, accidentées.
Le temps qu’il fait.
La vie moderne.
26 mars 2009
Un autre monde
(Photo perdue)
22 mars 2009
Les plages
A peine arrivée chez Aile et Air qu’ils m’emmènent sur leur tapis magique-et-noir vers les plages d’Agnès…

Cette fille-là sait remmailler les filets de pêche, et vivre trois mois entiers avec d’austères marins mutiques.
Cette grande et magnifique dame sait parler d’elle sans parler d’elle, des époques à travers elle, et de pas d’elle à travers les époques (déballer sans dévoiler).
Cléo de cinq à sept, Les palmiers sauvages, l’image du père mort en mouvement sur une charrette, férovipathe, documenteur, Jim Morrisson, Peau d’âne, Jean Cocteau, un cordon ombilical de 90 mètres, pas plus, amour, humanité, générosité, distance, pudeur, montage, gros plan, maladie, mort, vieillesse, jeunesse, enfance, maillots de bain rayés, tente sur la plage, sans toit ni loi, j’ai mal partout, Godard, Truffaut, Harrison Ford, Black Panthers, la plage dans la rue, emprunt sans intérêt, vieillir ensemble, ou ne pas et vague à l’âme, Nouvelle Vague et période hippie, révolte et regards, jardin d’enfance qui ne dit rien, mais happée par couple passionné, cinéma, cinéma, cinéma, Gérard Philippe, Catherine Deneuve, Jane Birkin, Yolande Moreau, Philippe Noiret, Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire, photographie, Chris Marker, le savant fou dans La Jetée, traque des juifs, exode, Les Justes, mai 68, plages, plages, plages, joutes, mer, mer, mer, amour, beauté beauté beauté, vie vie vie, vieille femme nue, Arlette d’Arles, glaner, ce geste un peu compulsif autour de son nez, s’essuyer avec le reste de café (pas mieux qu’un chat), rire et pleurer, mais rire, inconnus magnifiques, la cour, la cour reconstituée, reculer, avancer, s’imaginer très vieille, mais ne plus se voir jeune, la cabane du cinéma, nus dans la piscine, nus à la Magritte, histoire de l’art, Bacon, liens, l’art et la vie, la vie et l’art, Sète, Paris…
Et vernissage le 7 avril au CRAC (Centre Régional d’Art Contemporain) de Sète de l’exposition La mer… ETSETERA (Installations d’Agnès Varda. Merci Manue pour l’invitation, bien reçue !). L’expo durera jusqu’au 14 juin. Aile et Air, venez. Obligé…