Sauvegarde de mon ancien blog sur hautetfort.

31 mars 2010

Un lieu peut-être au moins pour la poésie

A une terre d’aube


Aube, fille des larmes, rétablis
La chambre dans sa paix de chose grise
Et le coeur dans son ordre. Tant de nuit
Demandait à ce feu qu’il décline et s’achève,
Il nous faut bien veiller près du visage mort,
A peine a-t-il changé… Le navire des lampes
Entrera-t-il au port qu’il avait demandé,
Sur les tables d’ici la flamme faite cendre
Grandira-t-elle ailleurs dans une autre clarté ?
Aube, soulève, prends le visage sans ombre,
Colore peu à peu le temps recommencé.

Yves Bonnefoy

30 mars 2010

Au-delà d’ici

Dans ma réflexion sur les outils internautiques, le blog, bien entendu, est en bonne place.

A quoi sert un blog, comment le faire évoluer, comment innover, permet-il des explorations et des recherches ? Permet-il échanges et partages ? Permet-il une véritable expression artistique ?

Ces temps-ci, je me heurte à ses limites et à ses contraintes. Il faudrait un moyen de les faire exploser. Réflexions.

Edit, plus tard : cette réflexion aboutira à l’ouverture d’un blog à plusieurs copains-copines, D’ici et d’ailleurs.

L’extraordinaire leçon

Tout est beau dans ce documentaire sur Ravi Shankar : les personnes, la relation père-fille, le compagnonnage, la transmission, la façon de vivre la musique, et la façon de vivre tout court. Un final émouvant. Et enfin, homme ou femme, comment ne pas tomber sous le charme d’Anoushka ?

Un vivant en ville – perte sur anti-dérapage érodé – échoué sur marches en vagues dures – perte d’une conscience de régularité forcée – cercles du sommeil enfoncés.

(Saul Leiter)

29 mars 2010

Du côté de Toulouse-Lautrec

Albi.

Entre autres très bons moments, le musée Toulouse-Lautrec.

Nous fumes guidés avec beaucoup de gentillesse et de patience. Beau site, et belles oeuvres.

Très peu  de portraits de sa modèle et je crois blanchisseuse Carmen Gaudin, très touchante. Celui-ci, La gueule de bois, y était, sous cette forme d’esquisse. Je pensais qu’il s’agissait de Carmen, mais non, c’est Suzanne Valadon. Une autre rousse.

Cependant deux petites, tout petites peintures sur carton la représentant, comme par exemple :

Tableaux représentant ses proches ou des scènes de maison close (dans la salle close, bien entendu). Et puis la série de dessins des Elles, et des affiches, et des scènes du Moulin rouge… Un beau musée.

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Cependant durant ces quelques jours,  l’enfer continua pour Guilherme et sa famille, à nouveau arrêté, de façon musclée. Ici on peut en savoir plus, et surtout savoir comment agir suivant ses moyens : http://www.gmain.fr/

24 mars 2010

Vers vous

Les copains, le soleil et Nabila a été choisi et lu par des élèves de CM2 et de 6ième de Gaillac, dans le cadre d’un voyage-lecture autour du cinéma. Demain et après-demain, rencontre avec ces jeunes lecteurs, puis prolongement pour ceux qui le souhaitent, et nouvelles rencontres, lors du salon du livre d’Albi. Ce que j’aime dans ces petits voyages, c’est le mot rencontre.

23 mars 2010

Ce champ doit être renseigné, me dit la machine

Un orage hier soir. Au lever douceur et soleil. Une heure plus tard à nouveau ciel voilé. Hé, le temps, cesse de jouer avec notre humeur.

Soleil donc au lever ; la radio en grève laissait jouer New York New York : étrange joie de Minelli pour la colère des revendications. Dans cette joie en-deçà, ou bien au-delà des événements, joie de la lumière, joie de la musique et du chant, on se trouve joyeusement, immensément au monde.

C’est donc à ce moment-là, dans cette joie qui n’a rien d’indécent, qui n’est qu’une joie qu’on s’autorise lucidement, c’est à ce moment-là qu’on pense à des gens comme Guilherme.

Des nouvelles de Guilherme ici.

C’est à ce lien aussi que vous trouverez les détails de l’action « ouvrez vos mains pour Guilherme ». A votre tour, ouvrez la main, dont les doigts symbolisent les quatre enfants et la femme de Guilherme.

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Evénements du monde, temps qu’il fait, joie venue de nulle part, ainsi qu’une barque échouée, abandonnée par deux êtres qui l’avaient reprise il y a peu, avant d’être happés par une tempête. L’une naufragée, remise, réchauffée, contemple pourtant encore la barque, se demandant si l’autre est encore en mer, s’il a réussi à atteindre le rivage. Elle pense que oui, mais vers où est-il allé, vers quoi marche-t-il, reviendra-t-il, se tenant loin, disant non n’approche pas, je repars bientôt, c’est juste pour te dire que nous pouvons laisser la barque ici. Mais les intempéries vont l’abîmer, se dit-elle. Oui, répond-il l’ayant entendue sans mot, mais il nous en restera l’image ainsi que le souvenir des vagues sur nos peaux. Ne sois pas triste, nous existons encore pour quelques temps. Je ne suis pas triste, répond-elle, puisque tu me parles dans ce présent.

22 mars 2010

Errer sans s’égarer

Du temps des lettres postales, les mots étaient aussi loin que les corps. Nous pouvions nous le représenter. L’intégrer par le délai. Nous ne pouvions pas croire réellement les mots reçus, ou bien les croire inscrits dans leur temps : ils avaient été écrits des dizaines et des dizaines d’heures auparavant. Nous savions combien les hommes changent. Combien ils sont impalpables. Nous avions le temps de réfléchir à nos différences.
Aujourd’hui, par voie électronique, tout est brouillé. Le jet des mots sur ce subjectile qu’est notre écran est tout de suite envoyé, tout de suite acheminé, tout de suite reçu. Comment savoir à quel moment cela sera lu ? Cela dépend uniquement d’une présence à un endroit que l’on se représente : notre destinataire devant son ordinateur (pour ceux qui ont un iphone, c’est encore plus complexe). Nous nous représentons les moeurs de celui à qui nous avons écrit, qui détermine la conviction que nos mots seront lus immédiatement, dans une heure, le soir ou le lendemain. C’est une conviction qui n’aime pas être contredite. L’impatience, suivant les degrés d’attachement, peut prendre des formes paranoïaques. Mais surtout, nous perdons le sens des distances, et des différances. Notre devenir-machine est grand. Notre pensée va vite, du cerveau à nos doigts, de nos doigts sur le clavier, du clavier à notre écran, de notre écran à celui du destinataire. Nous oublions facilement tous les mécanismes mis en jeu, en particulier celui du langage. Cerveaux-machines, nous oublions que l’écriture n’est qu’une représentation du langage, et non vraiment le langage. Doigts reliés, nous oublions que nous ne pouvons pas nous reposer dans la sécurité de cette parole que nous croyons présente. Tu oublies que l’écriture est emportée, que la lettre est solitude.
Qui redoute cette différance, qui en souffre à force de l’oublier ? C’est le porteur du désir comme présence.
N’oublie pas l’archi-écriture, celle qui ouvre la temporalisation, le rapport à l’autre et le langage. N’oublie pas que tu peux encore parler, encore écrire, encore communiquer, dans la conscience de la déconstruction, de la distance généreuse, de l’aphorisme.

Celle qui fut

(Klimt et Satie)

(Note : Gymnopédie signifierait littéralement : la danse des enfants nus)

Fleurs d’amandiers

(Van Gogh)

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