Sauvegarde de mon ancien blog sur Hautetfort, Signes

30 septembre 2009

Viens sous le dôme épais…

Nathalie Dessay et Delphine Haidan dans le célèbre duo des fleurs de l’opéra Lakme de Leo Delibes.

 Sous le dôme épais, où le blanc jasmin
 A la rose s'assemble,
 Sur la rive en fleurs riant au matin,
 Viens, descendons ensemble.
 Doucement glissons
 De son flot charmant
 Suivons le courant fuyant:
 Dans l'onde frémissante,
 D'une main nonchalante,
 Viens, gagnons le bord,
 Où la source dort
 Et l'oiseau, l'oiseau chante.
 Sous le dôme épais,
 Sous le blanc jasmin,
 Ah ! descendons ensemble !
 

28 septembre 2009

Ainsi aussi

(Edward Hopper)

27 septembre 2009

étiage

(Sarah Moon)

Aujourd’hui un grand soleil rappelait l’été, avec en soirée une fraîcheur d’automne. Un paradoxe lumière/nostalgie, assise sur un banc, livre sur les genoux, enfants en galipettes dans la pelouse, observant amusée ces jeunes garçons en caleçon de bain s’ébattre dans l’Hérault en étiage. Un dénivellé sous le cours d’eau bordé d’arbres très verts permettait sur sa partie haute de le traverser de part en part, sous le pont de la voie ferroviaire. Les gamins ne s’en privaient pas, courant, plongeant. Le grand jeu fut la bataille de boue, lancers violents et jouissifs,  longues jambes, cris, poursuites bras devant le visage comme pour parer le coup d’un adulte. De temps à autres l’un d’eux se lassait, restait à l’écart, tâtait l’eau du pied avant d’y plonger ou courait main dans l’eau pour en contrarier à son échelle le courant. Un peu plus tard, deux d’entre eux firent la découverte d’un grand filet qu’ils tendirent comme leurs mères tendent les draps pour les plier.

Puis un train passa, emplissant l’espace sonore, figeant le temps de ce passage leurs jeux en contrepoint du paysage. Les enfants et leur bataille ne furent soudain plus que figurants.

Le train, celui de 17h36, allait à Marseille.

Le train disparut, puis il fut temps de partir.

Au revoir canards, cygnes, pigeons à effrayer.

Au revoir jeunes garçons que j’aurais bien voulu rejoindre pour jouer moi aussi.

Au revoir joueurs de pétanque, enfants de goûter d’anniversaire.

Au revoir.

Le parc d’Agde ferme à six heures.

Il fera nuit à l’arrivée du train.

25 septembre 2009

Le temps qu’il faut

Pour ceux qui se poseraient la question : oui, un plein-temps d’écriture, c’est chouette.

A vrai dire, il me semble enfin pouvoir vivre à côté. La semaine dernière, je suis allée écouter Dominique Conil à propos de son roman En attendant la guerre. Elle disait ne pouvoir écrire que le matin, au lever, puis le soir, une fois le monde endormi. Elle ne comprenait pas ceux qui disaient écrire de 9h à 16h00, par exemple. C’est pourtant bien ce que je fais peu ou prou (avec de longues pauses, n’exagérons rien). 9h-17h, c’est non seulement la tranche horaire où mes enfants sont à l’école, donc mon seul très précieux moment de libre, mais aussi celui où j’ai toujours depuis que je travaille travaillé. Avec d’autres enfants. J’ai toujours beaucoup aimé faire la classe, mais j’ai aussi toujours un peu souffert de ne pas pouvoir écrire sur ce temps-là, et de rentrer trop fatiguée pour écrire le soir ou le matin tôt. J’écris donc sur cette tranche horaire avec une sorte de jouissance proche de celle de l’écolière buissonnière. Mais aussi une forme d’obligation : je ne travaille plus tel qu’on l’entend socialement dans ce monde, je ne travaille pas non plus tel qu’on l’entend éthymologiquement (travail vient du latin tripalium, un instrument de torture à trois pieux) , mais je travaille tel qu’on l’entend lorsqu’on travaille sur soi-même, pour soi-même, puis à destination des autres, c’est-à-dire comme il n’est pas très réputé par les temps qui courent de travailler. Mais il me faut travailler, c’est un fait acquis chez moi depuis longtemps.

Lorsque ma tranche de travail se termine, je peux à nouveau voir le monde avec un regard extérieur, je vois enfin la lumière, celle qu’on a du mal à voir lorsqu’on est trop fatigué, ou préoccupé, ou stressé, ou taraudé parce qu’on n’a pas le temps de travailler pour/sur soi. Enfin, je peux profiter de vrais moments avec de vrais gens, et mes vrais enfants (pardon pour les autres, je vous ai beaucoup aimés aussi, mais  de toute façon vous me passez devant désormais comme si on n’avait pas passé de longs mois ensemble, petits ingrats que vous êtes. Allez, sans rancune !). Et enfin, mon esprit est disponible pour ces fameux 9-17h00.

Certes, ça ne nourrit pas encore sa femme, tout ça, mais pour l’instant je ne m’en soucie pas. La série pour ados sur laquelle je travaille avance honnêtement. J’essaie de trouver le bon équilibre entre l’humour et la gravité. Il y a un beau mélange de tout ça à 14 ans, si je me souviens bien.

Et pour tout dire, flûte de zut, je manque encore de temps.

21 septembre 2009

Le dunographe

Soudain au-delà des dunes, une autre dune. Remarquable. Attendez, mais regardez donc sa ligne. Elle continue celle des nuages. Voyez ? Pas de brisure. Pourtant les nuages, eux, viennent de loin, de là où la ligne est celle de l’horizon, où les oiseaux peuvent s’abreuver. Comprenez ? Alors que celle-ci, là, cette dune-là, de quoi est-elle née ? Du vent, uniquement du vent, mon ami. Une infinité de particules de sable ainsi déplacées par lui, puis placées dans cette grâce. Ce mouvement comme une faiblesse. La douceur du hasard, et les ombres qu’elle fait.

Emouvant, n’est-ce pas ?

Oui, le parapluie, un peu plus… Non comme ça, oui merci. Ce soleil…

(Shohi Ueda)

20 septembre 2009

Mosaïque

36 des 138 photos envoyées à cette heure :

Rejoignez-nous.

18 septembre 2009

Ne lâchons pas Chama

Ce diaporama montre des auteurs jeunesse, et d’autres (rejoignez-nous !), tenant Chama dans leurs bras. Voici pourquoi (cliquer pour agrandir) :

Envoyez vos photos à chamadieumerci@gmail.com, et créons la plus grande chaîne photographique et humaine possible sur le web.

http://www.dieumerci.fr

17 septembre 2009

Les paroles du poisson doré

A la piscine, des papillons volaient, des dauphins ondoyaient, et moi pauvre humaine juste brassait.

Pas d’empathie surtout ! m’avertit l’ami connaissant ma tendance à la schizophrénie.

Mais le lendemain je disparus, car je n’étais personne en dehors de vous.

Pour lutter, le soir venu souvent je me prends pour une étoile.

Parfois désespérée de n’avoir jamais réussi à suivre le parcours entier de la lune.

Sans déciller, veux-je dire.

Pourtant jamais voir la lune en face, même plus de trente secondes, n’a rendu aveugle.

Comme quoi on peut être lucide sans perdre la vue.

Ou garder la vue sans lucidité.

Tout dépend du degré de sa mythomanie.

16 septembre 2009

A la manière de…

J’aurais pu écrire ce livre ! s’exclame l’écrivain, soudain attristé que les législateurs sur la propriété intellectuelle ne lisent pas dans les pensées.
Mais acceptant l’idée, il se dépêche d’écrire celui que pourrait écrire son rival.


Des milliers d’emplois supprimés, de sans papiers expulsés, de sans-abris sans abri, et l’hiver qui pointe son nez ! Mais n’ayez crainte : la grippe A, à défaut d’à nouveau renflouer les banquiers, nous aidera à n’y pas penser.

A défaut, on inventera la grippe B.


A l’aide ! cria la fourmi à l’ombre du pied. Par chance, ce dernier était nickelé.
Hélas, il devait bien finir par se poser.

Le libraire-papetier se retient chaque jour de réduire son coin librairie par pure charité : il ne souhaite pas écraser le supermarché d’à côté.

New harmony

(Klee)

Ces temps-ci mon voisin s’entraîne à jouer au piano Le prélude de Bach, ainsi qu’une sonate de Mozart, alla turca.

Il les joue indifféremment lorsque je mange ou dors ou cuisine ou écris ou lis ou téléphone ou règle des factures. Quand crient les enfants, s’appellent les voisins du dessous, aspire l’aspi  de la voisine, happe le rap les jeunes d’en face  ou tentent les martinets, mon poste de  radio, mon imagination de me livrer chants et histoires. Je le soupçonne même de jouer quand je ne suis pas là.

Alors que cet autre, dans une rue plus loin, que l’on peut voir par une petite fenêtre au niveau de la chaussée, atmosphère intimiste (lampe de chevet jaune, alcôve), a la délicatesse d’accompagner le chemin calme et solitaire de mes commissions à l’aller, mais aussi au retour, avec des mélodies que je ne connais pas.

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