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« Mémoire en mi » continue à se souvenir du futur

Quoi de plus normal, lorsqu’on s’intéresse aux progrès scientifiques et que l’on s’est lancé depuis peu dans l’écriture d’anticipation, d’accepter que ses romans soient publiés en version numérique ? Je n’ai jamais éprouvé de réelle crispation à cet égard, même si je suis attachée à l’aspect sensuel du livre papier. Quoi qu’il en soit, je suis curieuse de l’évolution de la lecture et du livre, et j’y porte un regard bienveillant (si et seulement si les droits des auteurs ne sont pas réduits à la portion congrue au passage), quoique toujours sur mes gardes quant aux dérives possibles (si je n’avais pas ce regard critique, je n’écrirais pas de SF).

Voilà pourquoi je suis assez contente que mon roman Mémoire en Mi ait été choisi pour figurer dans cette nouvelle plateforme numérique qu’est Totam, et surtout que ce soit ce roman-là. Il fait partie d’un pack appelé Totam Box du mois d’avril.

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Ce qui est dit sur la fiche Totam de Mémoire en mi, à prendre comme l’avis d’un libraire, fait bien plaisir  : Florence Hinckel signe là un récit de science-fiction bref et intense, qui parvient à faire réfléchir à ces notions clés en quelques mots bien trouvés. Coup de cœur !

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Voilà donc un exemple d’entente éditeur-plateforme numérique qui me paraît judicieuse, avec le mérite d’avoir réfléchi à des moyens de vente et promotion novateurs, en tout cas davantage que de simplement éditer le fichier numérique chez les libraires en ligne.

A suivre, donc.

(on en parle sur Vivrelivre)

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lire ou ne pas lire…

A peu près tout le monde connaît les droits du lecteur énoncés par Daniel Pennac dans Comme un roman, ici illustrés par Quentin Blake.

Cela a certainement déculpabilisé bien des lecteurs et libéré bien des lectures.

Il est réconfortant de constater que ces droits conviennent parfaitement à la lecture de livres numériques. En effet quel que soit le support, lire reste lire. On peut très bien imaginer dans chaque cas une illustration de Quentin Blake avec une tablette au lieu d’un livre. Ça colle.

Et pourtant… De sombres conflits d’intérêt pourraient porter atteinte à certains de ces droits élémentaires et (normalement) imprescriptibles du lecteur. La gestion des droits numériques (DRM), qui contrôle l’utilisation des œuvres numériques, a fait couler beaucoup d’encre à ce sujet, et a provoqué la naissance d’une nouvelle déclaration des droits du lecteur numérique, (ici en français) mais je trouve beaucoup plus clair et complet cet article éclairé, qui s’interroge : le livre numérique est-il un sur-livre (livre augmenté) ou un sous-livre ? Il apparaîtrait évident qu’il soit un sur-livre, avec les possibilités immenses de navigation, d’intertextualité, et d’apport multimédia. Mais pour l’instant, il est un sous-livre car on s’aperçoit que les droits imprescriptibles rédigés par Pennac ne peuvent pas être assurés (droit 4, droit 5), et il faudrait ajouter ces droits qui paraissaient élémentaires du temps de Comme un roman (1992) et qui nous sont aujourd’hui enlevés avec les livres numériques :

droit 11 : le droit de prêter mon livre ou de le transmettre à mes frères et soeurs ou mes enfants.

droit 12 : le droit de lire de façon confidentielle et anonyme.

droit 13 : le droit d’annoter mon livre (ou même de le gribouiller si j’ai envie)

Et adapter le droit 5 : le droit de lire n’importe quoi… sur n’importe quel support.

 

Lire en numérique n’apparaît plus comme un objet d’émancipation, mais comme un lieu d’amoindrissement des libertés : « l’apparition du livre imprimé à la Renaissance est indissociable de l’avènement de l’individu et de la défense de la liberté de pensée et de conscience. Le livre est intimement lié à la liberté, car il garantit à l’individu la confidentialité de sa lecture et l’ouverture d’un espace mental au sein de laquelle il peut renforcer son autonomie et explorer les chemins de son émancipation. Nous avons combattu pendant des centaines d’années pour la conquête d’un espace intérieur, cet espace où nous lisons, pensons, réfléchissions et qui nous donne la possibilité de devenir non-orthodoxe, dans notre propre esprit. C’est cet espace que tout le monde veut supprimer. » (Eben Moglen via le blog S.I.Lex)

Lire ou ne pas lire, telle devrait être toujours l’unique et seule question.

 

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