créateurs de rêve (Hugo Cabret)

Publié sur 2 min. de lecture

On y est finalement allés, par pure curiosité.
Etrange, étrange… C’est la première fois que les défauts d’un film me donnent envie de lire le livre dont il est issu. Car on sent bien que Scorsese avait de l’or entre les doigts, qu’il a hélas très souvent métamorphosé en plomb. Scorsese s’est perdu entre l’onirisme et le réalisme, entre l’hommage vibrant au cinéma et l’histoire individuelle (c’était d’emblée une mauvaise idée d’avoir tout axé sur le personnage d’Hugo Cabret, jusqu’au titre – et surtout la promo monumentale. On se trouve vis-à-vis de lui dans une attente qui n’est pas satisfaite. Le titre du livre L’invention d’Hugo Cabret, est plus juste). Cela ne prend pas, malgré les moyens immenses, malgré la beauté des images et des scènes. On ne décolle pas, bien que séduits par les personnages, la reconstitution, l’ambiance et le propos. Scorsese, en désirant rappeler que le cinéma et a fortiori Melies sont des créateurs de rêve, a échoué à en créer un. Hugo Cabret reste un joli film de Noël (avec de belles séquences sur les Gnossiennes de Satie), mais on est tristes en imaginant la réussite qu’il aurait pu en faire (et agacés par la pub et les critiques qui annonçaient cette réussite).

Il y eut cependant un moment de véritable émotion dans la salle parcourue de murmures, émotion vécue très localement : la scène où le train entre en gare de La Ciotat et effraie les spectateurs… Splendide mise en abyme pour nous qui avons vu cela dans le cinéma Lumière de La Ciotat. Dire que ce film nous venait des Etats-Unis !

Intriguée par le récit, qui aurait mérité plus géniale transposition, je me suis renseignée sur le livre de Brian Selznick, et j’ai très envie de le lire, car il semble qu’un beau travail a été fait avec de splendides crayonnés en noir et blanc, occupant de nombreuses double-pages au cadre noir, qui, tels les différents plans d’un film, forment de véritables séquences cinématographiques muettes qui se déroulent au fur et à mesure que le lecteur tourne les pages…
Ou comment un livre semble avoir mieux qu’un film rendu la magie du cinéma.
Etrange, étrange… N’est-ce pas ?

 

Et juste pour le plaisir :

 


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