Entre overdose et sècheresse : un équilibre à trouver

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Il y a quelques jours j’ai fini de regarder la série british d’anticipation Years and years commencée il y a des semaines. Je n’ai pu en visionner les épisodes que par dose homéopathique, en laissant du temps entre chacun pour pouvoir les digérer. Je pensais que c’était parce qu’ils étaient trop anxiogènes, mais je réalise peu à peu que c’était parce qu’ils étaient juste TROP (tout court). Tous les thèmes abordés m’ont intéressée : transhumanisme, déshumanisation, populisme, révolte populaire, crise financière, climatique, migratoire… Non seulement cela traite de tous ces sujets à la fois mais en plus avec une galerie de personnages castés pour cocher toutes les cases de la diversité, et ce dans une même famille.

Le point fort de la série c’est que chacun de ces personnages est admirablement bien traité (et bien joué), et sans stéréotype, ce qui est rafraîchissant. Le point faible c’est ce trop-plein à la fois au niveau des sujets que du style. Je connais bien cet écueil scénaristique : quand on traite de plusieurs personnages à la fois il est très difficile d’être minimaliste tant l’être humain est riche et complexe. Je ne cesse de me demander, depuis que j’ai fini la série, si tout aurait pu être traité autrement, sans que le spectateur ou la spectatrice n’ait cette impression d’overdose à chaque fin d’épisode. Difficile à dire car en dehors de cela c’est très bien fait, bien vu, intelligent et glaçant, et ce vaste foutoir est aussi le reflet de notre époque et sans doute de notre avenir proche.
Il se trouve que par hasard hier j’ai regardé L’argent de Bresson (1983), que je n’avais jamais vu, et qui est la parfaite antithèse de Years and years. Rien ne les réunit, ni le thème ni le genre ni l’époque, mais ce film a éclairé quelque chose en moi, en réaction au malaise diffus ressenti depuis Years and years.
J’ai été apaisée par la force de la sobriété.


Ah bien sûr au début le (non)-jeu des acteurs est plus que déroutant mais on a déjà vu cela chez Varda et d’autres cinéastes de La Nouvelle Vague, et on est vite pris par la force du propos, l’évidence des plans minimalistes, et au final la sècheresse de l’oeuvre devient captivante. Lumineuse malgré la noirceur. Evidente.

Il y a certainement un compromis à trouver aujourd’hui dans nos façons de raconter les histoires, entre le dénuement et le trop-plein. Une même quête, peut-être, que dans nos vies.

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