« Il y en a un à chaque festival… »

Publié sur 3 min. de lecture

 

Les cadeaux, ça peut servir à découvrir ce vers quoi on ne serait jamais allé, sinon. Si je parle déjà de réception de cadeau avant Noël, c’est que mon anniv a eu lieu il y a quelques jours, et que je fais donc partie de cette cohorte maudite de gens nés moins de 15 jours avant la grande messe des cadeaux, et qui ont eu durant toute leur enfance ce sentiment (justifié) d’en avoir moins ou de moins gros que leurs frères et soeurs nés en milieu d’année. Une minute de silence, s’il vous plaît, pour les victimes de cette injustice discriminatoire proprement scandaleuse.

Bien.

On m’a donc offert cette BD, V pour Vendetta. Moi qui adore les BD et romans graphiques, je n’aurais pourtant jamais choisi ce gros volume-ci, à cause du style des dessins genre Marvel. A vrai dire, l’esthétique me déplaît pas mal. Pourtant, c’est efficace, et pertinent. Les plans et leur enchainement sont tout simplement parfaits, parfois vraiment frappants. Et le scénario est très maîtrisé, et c’est certainement le plus intéressant dans cette BD-histoire. Même si j’avais parfois la nausée tant la partie noire de l’âme des personnages se trouve exacerbée dans la tourmente de ce scénario, je n’avais pas envie de lâcher, et le désir de continuer pour en connaître l’issue (avec l’idée taraudante qu’il n’y en aurait sans doute pas). Bon, c’est pas le truc qui remonte le moral, hein, mais il faut regarder l’humanité en face, même dans ce qu’elle a de moins beau, et un peu de pessimisme ne fait pas forcément de mal, surtout quand il est transformé avec cette qualité et cette originalité. Je vous conseille quand même de lire ça un jour de soleil, sans écouter les infos, pour pas cumuler.

 

 

La postface d’Alan Moore (célèbre scénariste que je ne connaissais pas) a un début qui m’a beaucoup amusée :

Il y en a un à chaque festival, chaque atelier d’écriture ou chaque séance de dédicace. Un jeune novice, naïf, qui, pendant une conférence avec questions et réponses, lèvera une main tremblante et, d’une voix mal assurée, demandera : « Mais d’où tirez-vous vos idées ? » Et vous savez ce que nous faisons ? Nous nous moquons de lui. Nous le ridiculisons devant les autres. En quelques phrases caustiques et bien tournées, nous l’humilions une bonne fois, ce pauvre pleurnichard idiot. Par principe, nous considérons que le simple fait d’avoir posé la question à voix haute et en public le rabaisse irrémédiablement au niveau intellectuel d’un taille-crayon de modèle courant. Puis, quand nous en avons tiré tout le plaisir sadique que nous pouvions en extraire, nous faisons signe à la sécurité de l’emmener pour le finir tranquillement dehors. Je sais, ce n’est pas très sympa. Mais il faut bien qu’on le fasse, quand même.

La raison en est toute simple. Primo, dans la mélasse informe d’opinions bancales et de demi vérités qui sont le cœur de toute théorie artistique et de toute critique, c’est la seule question qui vaille qu’on la pose. Secundo, nous ne connaissons pas la réponse, et nous avons une peur bleue que quelqu’un finisse par s’en apercevoir...

****

Et puis une belle énergie encore et de très chouettes paroles de l’inénarrable Tomi Ungerer dans l’émission Square d’Arte. Ca donne envie de voir le documentaire qui sort ces jours-ci. En ce moment j’aime beaucoup écouter les vieilles personnes intelligentes (faites gaffe, il y en a aussi des bêtes comme leurs pieds).

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Et puis il arrive qu’on meure avant d’être vieux. Cela s’appelle une tragédie. L’auteur illustrateur Mario Ramos est mort… Il a eu le temps de faire rire et rêver beaucoup d’enfants, et ça, ce n’est pas fini.

 

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