lectures : Salammbo, Limonov, Le beau danger, Chroniques de Jérusalem

Publié sur 3 min. de lecture

Longtemps que je n’ai pas parlé de mes lectures. Allez pour une fois je cite aussi ici (normalement je les cite ailleurs, pour ceux qui suivent) mes lectures en littérature « pour adultes » (dans notre petit monde de littérature jeunesse, on parle de littérature vieillesse, histoire de rigoler un peu).

 

Cela faisait longtemps que je voulais le lire. Ors, lumières, éclats, c’est un roman du luxe antique, et de la barbarie. C’est évidemment très beau, mais de la même façon que je n’ai pas accroché à Hérodias, Salammbo ne m’a pas emportée. Certainement ma méconnaissance pour cette période (je n’ai pas lu Plutarque, Hippocrate ou Xénophon), m’empêche d’adhérer aux qualités de cette histoire. Je préfère le Flaubert d’Un coeur simple ou de Saint Julien L’hospitalier (pour ne parler que de ses nouvelles, assez révélatrices dit-on du reste de son oeuvre).

De Carrère j’ai lu Un roman russe et D’autres vies que la mienne, et avec Limonov cela forme certainement une trilogie, avec la Russie comme cadre ou en filigrane. Je voulais lire Limonov, mais une émission sur Arte (Square, très bonne émission), avec Limonov himself comme invité, m’a décidée à ne plus attendre et casser ma tirelire vu qu’un bouquin grand format comme ça, disons-le, c’est chéro. Intrigant, le bonhomme, mystérieux, difficile à cerner. Or Carrère adore tenter de cerner ce qui est impossible à cerner, et ce qui est difficile en général. Cela donne une sorte de biographie lointaine, vraiment passionnante. On a beaucoup parlé de roman époustouflant, mais pour ma part je trouve le qualificatif un peu grand. Si Carrère maîtrise admirablement sa narration, j’ai été un peu déçue par la facilité du style. Certes, un style décomplexé a son charme, il est rafraîchissant de lire une oeuvre porteuse d’une forme d’humilité, sans orgueil, et j’aime l’honnêteté constante de Carrère qui cette fois s’efface presque totalement derrière son héros (par moments son « je » réapparaît et c’est une belle surprise que ces petits éclats du narrateur). Mais j’aurais aimé qu’il n’avoue pas par deux fois je crois, quelque chose du genre « je ne sais pas décrire cela », « je n’ai pas les qualités d’écrivain requises pour expliquer cela ». Trop d’honnêteté parfois nuit, en littérature.

Quoi qu’il en soit, ce fut enfin une bonne lecture (je n’évoque même pas ici la quantité d’autres livres que j’ai tenté de lire et dont je ne pense pas assez de bien). Et j’ai adoré spécialement le passage de Limonov en prison. Carrère donne très envie de lire son Livre des eaux écrit en captivité, hélas pas encore traduit en français.

Tout petit livre absolument passionnant sur le rapport de Foucault à l’écriture. Et puis il répond aux questions forcément pertinentes de Bonnefoy, dont j’aime tant la poésie lumineuse et son expérience de la présence (thème qui me tient à coeur).

Hop, contraste : rappelez-vous, j’aime aussi les romans graphiques, et je me suis régalée avec ces ouvrages de Guy Delisle. Plus besoin de voyager, il l’a fait pour nous :

 

 

Mais aussi l’excellent Kiki de Catel et Bocquet :

Et en jeunesse, poursuivi ma lecture de Jacqueline Wilson, avec le très bon Site des petits soucis. Je poursuis ma réflexion constante sur ce qu’est la littérature jeunesse, et en ce moment je me pose davantage de questions sur la littérature pour grands adolescents (ou jeunes adultes). Je ne parle pas des vampires ou de la chick-lit, hein, mais de la vraie littérature. Je suis tout au bord de la réponse mais je vous en ferai part lorsque ce sera plus clair. D’abord être clair avec soi-même et que les actes suivent.

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4 Commentaires
  • José
    31 mai 2012

    Je découvre avec un peu de retard votre commentaire sur Limonov.     Ce livre m’a également fasciné, et j’ai voule également lire « Le livre des eaux ».  Il a été traduit en italien, je l’ai trouvé sur Amazon. C’est effectivement un chef d’oeuvre…et on y apprend de tas de choses sur la vie de Limonov.Celle ci étonnante : les droits de son premier livre avaient été vendus à Joel Séria ( le réalisateur du film culte « Les galettes de Pont-aven » !) Limonov aurait joué son propre role, et Fanny Ardant celui d’Elena.       Finalement, les producteurs ont renoncé au projet.Quel dommage !

  • florence
    31 mai 2012

    Hélas je n’arriverai pas non plus à lire l’italien (même si je rêve de pouvoir le faire). Ils vont bien finir par le traduire en français, tout de même ! En tout cas merci beaucoup pour ce retour et cet éclairage, cher José.

  • José
    14 novembre 2014

    Chère Florence,
    « Le Livre de l’Eau  » de Limonov vient enfin de sortir aux Editions Bartillat.
    Et je vous signale le site que j’ai consacré à Edouard Limonov, avec quantité d’informations inédites et beaucoup de photos et vidéos plus incroyables les unes que les autres :
    http://www.tout-sur-limonov.fr/
    .

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