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lettre à mon ravisseur

Très grand coup de coeur pour ce thriller psychologique maîtrisé de bout en bout d’une poigne de fer par l’auteure Lucy Christopher. J’aime ces romans à cent lieues de toute moralisation, encore moins moraline, où l’on suit simplement les pensées, sensations et sentiments des personnages. Tout tient en haleine, tout surprend, l’auteure ne nous laisse jamais très longtemps nous couler dans une situation confortable, elle veut nous déranger, nous bousculer, et on aime ça. Même quand l’on pourrait croire à un syndrome de Stockholm caractérisé, elle insiste, non, on ne peut réduire un humain à un syndrome défini par des psys, jamais. Les choses et surtout les sentiments sont beaucoup plus complexes. L’héroïne ne se laisse jamais aller à une autocomplaisance trop facile, et je trouve cela rafraîchissant, jamais elle ne s’arrête à des conclusions trop hâtives, jamais elle ne se fie aux apparences. Elle n’est qu’à l’écoute de ce qu’elle ressent, profondément. Les mots sont simples, très simples, ce sont ceux d’une ado, et pour autant on en est pénétrés, jusqu’à sentir le goût du sable, la brûlure du soleil, les couleurs de sienne, l’éblouissement permanent, la confusion des sentiments. Je tiens cet exploit stylistique pour admirable tant il est invisible à la lecture.

Seul bémol : la comparaison trop facile des deux protagonistes avec les animaux présents dans l’histoire. Mais c’est un tout petit bémol. Il s’agit d’un texte intense, écrit dans un souffle sans aucun découpage sous forme de chapitres malgré ses 340 pages, et dont je me souviendrai longtemps.

 

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c’est la fête !

Dès vendredi, je serai à la fête du livre de Villeurbanne. D’abord discussions avec de jeunes lecteurs, puis dédicaces, débat, en tout cas toujours des rencontres. Je serai la plupart du temps, samedi et dimanche, dans le pré carré de la librairie A Titre d’Aile, si je parviens à ne pas m’envoler.

Si vous cliquez sur l’image, hop vous serez dirigés vers le site de la fête, et vous verrez que ça aura réellement toutes les apparences d’une fête (ce qui est mieux qu’un salon, ou bien si vous voulez, on va faire la fête dans le salon).

Pour moi ce sera d’autant plus la fête que je vais y retrouver pas mal d’auteures et auteurs que j’apprécie beaucoup, et comme on sera 60 il y en aura sans doute d’autres avec qui je vais faire connaissance.

Bien sûr, on vous y attend nombreux, chères lectrices, chers lecteurs ! Au plaisir…

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ouf

La torpeur baby-bluesesque qui suit la fin de l’écriture de La Ligne 15 : j’ai choisi au début de l’assumer complètement, d’en profiter pour lire, lire, lire, regarder quelques bons films, profiter du printemps, la douceur des soirées longues, les amis que l’on voit plus souvent, les enfants qui dorent au soleil en riant… Mais au bout de quinze jours qui parurent quinze ans j’ai réalisé que je ne faisais que me voir vieillir en vivant ainsi, en profitant de la vie simplement ! Dans l’affolement naissant je me suis tournée davantage vers le monde : grands dieux, pitié pour le monde. J’ai esquissé des projets pour m’y jeter davantage : redevenir enseignante ? Je caresse souvent cette idée, car j’aime ce métier, j’aime les enfants, j’aime les ados, j’adore leur énergie, et j’aime transmettre. Mais lorsque je discute avec mes amies instits, épuisées, impuissantes, pleines de bonne volonté écrasée, l’idée me quitte rapidement. Ne serais-je pas plus utile ailleurs, autrement, et en souffrant moins ? (Je ne parle que pour moi, je sais que certains enseignants que je juge super-héroïques se donnent dans leur métier avec une telle foi qu’ils n’en souffrent pas, malgré la très évidente volonté gouvernementale de leur compliquer la vie. Total respect).

C’est à ce moment-là que quelque chose enfle et monte, quelque chose de conséquent à tous ces états-là, accompagné d’une forme de soulagement. Enfin la vie a un sens, ou bien je vais lui en donner un. C’est cela qui monte, le désir de sens et de projection dans le monde, de la façon la plus personnelle qui soit, la plus libre possible, donc la plus heureuse. Les choses montent, il reste à les laisser émerger, y faire le tri, les transformer. Ecrire. Ouf.

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