Lectures #124 : Les loyautés et Le consentement

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Deux livres lus d’une traite, et qui ont (beaucoup) plus de points communs que je ne pensais au départ.
Il s’agit dans les deux cas d’adolescence maltraitée, non pas au moyen de coups ou d’insultes, mais d’inconséquence, d’emprise ou d’incapacité à protéger de la part des adultes.

Avec Les loyautés, Delphine de Vigan ne me déçoit pas. J’aime infiniment cette autrice, qui allie maîtrise du récit, style et pertinence psychologique. A vrai dire, tout ce que je recherche moi-même, en ayant toujours l’impression que l’un de ces 3 aspects souffre de mon attention portée aux deux autres. Respect total, donc, à Delphine de Vigan qui ne tombe pas dans cet écueil. Là encore le (court) récit est nerveux tout en étant subtilement intelligent. On s’attache aux deux personnages féminins adultes (qui se racontent à la première personne) et aux deux personnages masculins adolescents (3e personne, comme par pudeur, comme pour maintenir cette distance respectueuse avec ces êtres fragiles et délicats). Et en suivant ces quatre beaux individus, perdus mais loyaux, on finit, fatalement, en pleurs, la gorge nouée. Tout est si cohérent et implacable qu’on en reste longtemps sonnée, avec quelque chose qui résonne en soi. Merci, ai-je envie de dire.

Le consentement, qu’on ne présente plus, raconte tout le contraire de la distance respectueuse qu’un adulte doit maintenir avec une adolescente qui ne l’est pas encore, adulte. Et raconte la complaisance d’un milieu et d’une époque. Le style cette fois est chirurgical, mais la narration est tout aussi implacable. Et fatale. Et intelligente, car en commençant par l’évocation des contes l’autrice nous fait entrer dans le sien, avec rencontres de l’ogre et tentatives multiples d’évasion et d’appels à l’aide qui ne sont pas entendus. Et c’est tout simplement ahurissant, toutes ces portes fermées qu’on lui oppose, ces sourcils froncés, ces rappels à la soumission… Si l’on a tant soit peu un coeur d’adulte respectueux de l’enfance et de l’adolescence, on a alternativement envie de vomir, de pleurer ou de hurler, autant dire que c’est une lecture éprouvante. J’espère que celles et ceux qui ont un autre coeur, et la preuve est donnée qu’ils et elles existent, liront cet ouvrage et feront enfin preuve d’un minimum d’empathie – et de raison élémentaire. En attendant, quel courage de la part de Vanessa Springora ! Là aussi, respect total. Et là aussi, merci…

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