
Hier et avant-hier : 2 jours complets à parler, réfléchir, expérimenter avec une petite dizaine de médiathécaires, afin de trouver les meilleurs moyens de faire écrire des enfants et des adolescents (formation portée par l’ARL). Ce fut une nouvelle fois nourrissant et vivifiant. Car pendant 2 jours nous étions entre personnes pour qui il ne fait aucun doute que cette mission est primordiale. Nous passons du temps à y réfléchir pour faire au mieux. Mais fatalement, et de manière encore plus aigue quand je mène la même formation à destination des auteurs et autrices, se pose sans cesse la question du budget. A chaque fois, cette question devient plus alarmante.
Nous avions déjà la concurrence des écrans face à la lecture, nous avons désormais celle de l’IA face à l’écriture.
C’est cela dont nous devrions le plus débattre aujourd’hui. Or quel est le débat du moment ? Décider si un auteur primé a utilisé ou non l’IA pour écrire son roman ? Mais pourrait-on se souvenir que c’est l’IA qui imite et pille la création humaine ? Quelle surprise de découvrir que les humains écrivent de la même manière qu’une machine qui imite les humains ! D’autant plus qu’on parle là de style au niveau micro (seuls des extraits ont été analysés… par une machine programmée pour être imbue d’elle-même), et non du propos macro du roman entier, qu’aucune IA n’aurait réussi à imaginer. Laissons plutôt cet excellent romancier savourer son succès, non ? Ou bien y aurait-il comme projet justement de le lui gâcher ?
BREF, faux débat, qui dissimule le vrai, celui dont on parle beaucoup trop peu : la JEUNESSE. Ces jeunes qui gagneraient tellement à lire le roman de Thélyson Orélien, et à apprendre à écrire avec autant d’imagination et de prouesse que lui. En tout cas, essayer de s’en approcher. En découvrir le plaisir et l’émotion. Nous ne devons pas laisser notre jeunesse se laisser déposséder de son pouvoir de création et d’imagination. Nous devons l’aider à le reconquérir. La lecture et l’écriture chez les jeunes : cela devrait être LA préoccupation gouvernementale et sociétale du moment… Avec de vrais moyens pour y arriver (car les idées et la volonté existent à foison).
Alors, on se concentre sur ce qui le mérite ?






