vous prendrez bien une pincée de rouages ?

Publié sur 6 min. de lecture

Tiens ça fait longtemps que je n’ai pas parlé d’ergonomie et d’environnement d’écriture, pourtant ces derniers ont encore évolué chez moi, notamment pour cause de légère fatigue musculaire parfois (qui a dit qu’écrire n’était pas physique ?).

  1. L’ergonomie

Rappelons que j’exerce l’activité d’écriture à plein temps, et que dans un tel cas l’investissement dans un bon matériel est essentiel (qui a dit que l’écrivain n’avait aucun frais de fonctionnement ?).

Voici la position idéale recommandée par tous les ergonomistes :

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Ma loooongue expérience m’a démontré que chacun de ces détails importait (même si j’adorerais avoir un vrai fauteuil ergonomique mais que décidément c’est hors de prix, je n’ai donc pas d’appuie-tête, par exemple, et mon fauteuil est bourré d’autres défauts). Il faut réagir à la moindre alerte un peu douloureuse (personnellement j’écoute beaucoup mon corps, genre j’ai faim je mange, j’ai plus faim je mange plus, j’ai froid je me couvre, j’ai mal j’arrête – je le précise parce que je constate que ce n’est pas si courant que ça et pour souligner combien je suis une fille hyper saine, tout ça pour noyer le poisson parce qu’en vrai j’ai 42 ans et que crotte avant 40 ans je pouvais écrire en position du lotus durant 3 heures sans avoir mal nulle part). Aussi j’ai investi dans ce petit matériel qui est loin d’être uniquement du gadget, quand on a atteint mon grand âge (note à l’attention d’autres écrivains scandaleusement jeunes : ceci est de l’ironie).

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Souris ergonomique sur accoudoir que j’ai fixée à la table, mais qu’on peut aussi fixer à l’accoudoir de son fauteuil.

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Clavier ergonomique. Hélas je n’en ai trouvé aucun qui soit compatible avec mac (j’avoue, je suis une apple-maniaque), d’où mes petits collages sur les touches pour que ça corresponde (pas mal de tâtonnements pour les connaître). Ce clavier, je le pose personnellement sur mes cuisses, c’est pour moi, avec mon installation, la situation idéale pour avoir les bras le long du corps, pliés à 90 degrés. Les accoudoirs de mon fauteuil ne se baissent pas suffisamment pour moi, et surtout sont trop écartés. En outre, je pose mes pieds sur un repose-pieds pour que mes jambes soient également pliées de 90 à 120 degrés, pieds bien posés et pas en extension.

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Je possède un très grand écran, que je peux regarder sans lever la tête, voire en la baissant un peu (voir dessin ergo), relié à mon ordi portable que je ne porte plus du tout (il fait office d’unité centrale, elle-même reliée à un disque externe de sauvegarde grâce à Time machine, d’où ce câblage compliqué – dû aussi à mon bordelisme notoire, d’autres rangent ça hyper bien voire savent le dissimuler, mais bon le bordel ne m’a jusque-là pas encore fait mal, donc…).

J’ajoute que j’écris beaucoup aussi sur ma tablette 9 pouces avec clavier bluetooth. C’est génial pour changer de position souvent (c’est peut-être la clé pour ne pas installer de douleurs). Ecrire couché est peut-être ce qui permet le repos maximal du corps, avec une tablette inclinable (oui, j’ai ça aussi) pour y poser… la tablette (vous me suivez ?), mais personnellement ça me donne un peu trop l’impression d’être en train de mourir, je préfère encore la position debout, qui n’est pas mal du tout pour l’énergie, et j’en ai déjà beaucoup parlé dans ces articles.

 

2. L’environnement (attention ici une publicité éhontée pour certains logiciels payants, essentiellement pour mac, sera faite)

 

J’entends par là, les logiciels que j’utilise. Ca aussi, ça peut couter un peu des sous. Presque tous les logiciels que j’évoque sont payants.

Pendant longtemps j’utilisais Pages sur la tablette, synchronisable avec mon ordi, et j’adore mais alors vraiment cette synchronicité. Cela implique de faire confiance au cloud, cette nouvelle entité proche du divin, et d’accepter de lui confier ses bébés d’écriture, avec le risque que le grand méchant Mac puisse y jeter un oeil quand il veut ; si jamais un jour je suis poursuivie pour mes écrits, je ne pourrai rien nier. Ce jour-là, en même temps, je n’utiliserai plus le cloud. Ni l’ordi. Je redeviendrai vraiment athée. Je retournerai au papier et au stylo. Mais je m’égare.

Depuis quelques temps je teste le logiciel Scrivener. J’ai même fait une formation grâce à l’ARL paca, avec François Magnan, pour maîtriser la bête (en réalité ce n’est pas si compliqué, quand on ne veut pas aboutir à un produit hyper léché destiné à l’auto-édition). Voici ce que j’aime dans Scrivener :

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Une barre latérale permet de rendre visible un découpage en chapitres voire en scènes. Lorsqu’on écrit un texte long, il peut être très pratique de naviguer ainsi facilement d’une scène à l’autre, surtout au moment du retravail. Moi, je ne découpe mon texte qu’après écriture du premier jet, sans doute parce que je suis romancière et non scénariste et que j’ai besoin d’écrire au kilomètre pour sentir à l’intuition l’économie et l’énergie de mon texte. Exception faite de scènes que j’écris parfois avant d’y arriver dans mon écriture. Enfin, chaque roman s’écrit de façon si particulière que sans doute tout est possible. Cette barre contient aussi tout le matériel de recherches, qui peut être sous forme de textes, images, liens internet… Personnellement, moi qui ne fais pas de fiches personnage, cela me permet d’en constituer au fil de l’écriture. Par exemple je décide à un moment donné que Truc a les yeux bleus, je surligne ce détail, clic droit et je l’ajoute à la fiche Truc. Comme on le voit sur l’image, c’est là aussi que je mets les scènes coupées, et toutes autres recherches.

On peut aussi visualiser son découpage sous forme de post-it sur un tableau de liège. Un tout petit résumé de la scène ou du chapitre permet de s’y retrouver. Beaucoup d’autres fonctionnalités existent qui semblent plaire beaucoup à d’autres, mais moi c’est ce que j’utilise le plus dont je vous parle aujourd’hui. Ah, j’oubliais les objectifs d’écriture ! Je rentre la date à laquelle je dois remettre un manuscrit, sa taille en nombre de signes, et chaque jour j’ai mon objectif d’écriture, ce qui me donne une saine pression et une joie incommensurable lorsqu’un petit ding m’indique que je peux avoir fini ma journée.

Bien sûr, on peut ensuite compiler le tout en format word ou pdf, indispensable pour l’envoyer à l’éditeur.

J’aime donc beaucoup Scrivener pour des projets ambitieux, mais pour de petits romans ou des romans qu’on veut écrire dans l’énergie du moment, c’est rédhibitoire et même bloquant. Je le fuis pour ce type d’écriture particulière, et j’utilise alors Pages.

Ce logiciel a un défaut majeur : il n’existe pas pour iPad et je ne peux donc pas avancer un travail commencé sur ordi, sur ma tablette.

C’est ainsi que j’ai découvert, en cherchant une alternative, Storyist. Moins bien et moins complet que Scrivener, mais très ressemblant quand même, il a cette qualité magique : ce que j’écris sur tablette se synchronise automatiquement sur ordi, et inversement. Le bonheur retrouvé. De plus on peut exporter de scrivener à storyist et inversement très facilement, du coup maintenant je jongle de l’un à l’autre, et aussi avec Pages et Open Office.

Et voilà les rouages de ma petite mécanique, hors considération littéraire, vous l’aurez compris (les rouages littéraires, c’est une autre paire de manches, mais j’aime bien démystifier les supports ).

Qui a dit que l’activité d’écrivain n’était pas technique ? Cela dit, j’en connais qui écrivent encore à la main, et ils s’en sortent très bien ! (les pauvres ;-)).

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8 Commentaires
  • Carteron Marine
    19 mai 2016

    Okayyyyyy !!!! C’est donc pour ça que :
    1 : j’ai mal au C… (j’m’écoute pas, me pose n’importe où sur n’importe quoi…)
    2 : j’ai mal au dos (écrire assise dans son lit sur l’oreiller, sur ses genoux, sur le transat pliée en quarantedouze)
    3 : j’ai mal aux mains (mini macbook pas ergonomique du tout avec clavier taille Barbie-écrivain)
    4 : mes fichiers sont en bazar (J’savais même pas qu’il existait autre chose que word !!! )
    Merci Florence, grâce à toi je comprends tout ! J’vais de ce pas m’acheter un coussin pour mes fesses et je retiens les pauses gouters (c’est un début).
    (PS : tu crois que c’est remboursé par la sécu ?) 🙂

    • FH
      19 mai 2016

      A ton service ma chère, et écoute-toi crebleu ! Et puis oui, les pauses goûter, hyper important (six par jour – pas non plus remboursés par sécu, les gouters). Bon après faut faire du sport, et tu vas comprendre là la malédiction de ma destinée : c’est en faisant du sport, moi, que je me suis chopée une tendinite…

      • Carteron Marine
        19 mai 2016

        NEVER SPORT !!!!! Trop dangereux ( sauf un, mais tu vois, là, risque d’y avoir des enfants qui lisent, alors bon, je te laisse deviner 😉 ) Pour les gouters chui justement, crounch, en train, crounch… 🙂

        • FH
          19 mai 2016

          🙂 Moi aussi, c’est l’heure, je scrunch scrunch.

  • pascalemaret
    20 mai 2016

    On est tous « l’écrivain scandaleusement jeune » de quelqu’un : tu es le mien ! mais j’assume d’être la vieille qui écrit au stylo plume dans un cahier et fait des couper-coller avec des ciseaux et du scotch. Ca marche très bien aussi, c’est pas cher et on peut écrire dans son lit ou vautré sur son fauteuil. Ma position ergonomique à moi : assise en travers du fauteuil, les jambes passées sur un accoudoir, le cahier sur les genoux. Ca n’est pas donné à tout le monde, une formation en danse classique est nécessaire.

    • FH
      21 mai 2016

      Voilà donc ce que je répondrai aux enfants ou ados qui me demanderont quelle formation est nécessaire pour devenir écrivain : de la danse classique ! Certes, tu manuscris, mais ensuite il faut bien taper à l’ordi pour envoyer aux éditeurs. J’ai un truc pour toi. Grâce aux commentaires sur fb j’ai appris que (la grande) Marie-Aude Murail manuscrivais aussi et ensuite elle utilise un logiciel, Dragon, de reconnaissance vocale, pour dicter son texte sur l’ordinateur. C’est bien toutes ces pistes et pratiques des uns et des autres ! Je vais m’en inspirer. Bon sinon chère Pascale je te vois très très jeune, moi, et même bien plus que moi quand tu te mets à danser (tu remettras ça à Cherbourg, hein ?).

  • Laure Hinckel
    6 juin 2016

    Oh que voilà un article et des commentaires utiles! La position assise en travers du fauteuil, je connais même si je n’ai pas de formation de danseuse classique (mais il faut un fauteuil bien rembourré)… Et ce que je connais aussi, c’est les douleurs qui s’insinuent si on ne fait rien…. Donc je prends toutes les infos et j’adapte mon bureau… Flo, ce que je ne visualise pas bien, c’est cette chose sur la photo du haut: c’est quoi?

    • FH
      6 juin 2016

      Ah c’est un truc que je n’utilise plus depuis l’article ! (je m’adapte constamment et j’ai baissé mon plan de travail pour pouvoir y poser mes avant-bras). C’est un appuie-bras que se fixe au bureau ou à son accoudoir de fauteuil au choix, avec un tapis de souris au bout. C’est quand même vraiment bien ce truc-là, suivant sa position.

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