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questions-réponses à propos de L’été où je suis né

Lors de mon séjour à Nîmes, la semaine dernière, j’ai rencontré des classes à propos de L’été où je suis né. Hélas le temps manquait pour voir tous les élèves qui l’auraient désiré ! Ceux-là, qui n’ont pas pu me voir alors qu’ils avaient lu le livre, m’ont écrit de très gentilles lettres, avec de nombreuses questions. Ces questions reviennent souvent lors des rencontres. Aussi je choisis de copier ici ce jeu de questions-réponses qui pourrait intéresser tous ceux que je n’ai pas eu et que je n’aurai pas la chance de rencontrer (Les autres, ceux que je vais effectivement voir, bouchez-vous les yeux, hein, sinon on n’aura plus rien à se dire, bigre).
Allez hop, c’est parti.

D’où vous est venue l’idée de cette histoire ?
Certains m’ont aussi demandé s’il s’agissait de ma vie personnelle. Non, et même je ne connais personne qui soit né ou qui ait accouché sous X. Je ne sais pas comment m’est venue l’idée de parler de cela. Je crois que par ce biais, j’ai voulu, surtout, dire aux garçons et aux filles d’aujourd’hui : écoutez-vous, comprenez-vous, ainsi vous pourrez (peut-être) éviter de faire des erreurs qui n’arrivent pas qu’aux autres, et affectent plus que sa propre vie entière. Je garde bien mon « peut-être » entre parenthèses, quand même, parce que souvent rien ne peut empêcher les « erreurs », et même ces erreurs-là peuvent être belles. C’est, après tout, ce qui fait la vie. Je n’ai surtout pas voulu donner de morale à tout ça. Il n’en existe pas.

Vous étiez-vous fixé un nombre de pages avant de commencer ?
Non. C’est impossible de prévoir cela ! Certes on sait plus ou moins si on commence un gros pavé ou une histoire plus courte, mais c’est tout. Et même, on peut être surpris au fil de l’écriture, et se laisser emporter…

Comment êtes-vous devenue célèbre ?
Ah bon, je suis célèbre ?? Mince, et moi qui suis venue à Nîmes sans mes lunettes noires !

Est-ce compliqué d’être écrivain ?
Moins que d’être ouvrier en bâtiment, femme de ménage ou… enseignante ! Cela dit je tiens à ajouter qu’écrire un livre n’est pas magique, même pour un écrivain qui a déjà écrit plus d’un roman. C’est toujours une chose difficile, qui demande de croire beaucoup en ses personnages.

En combien de temps avez-vous écrit ce livre ?
Cela s’est fait en deux temps : très rapidement, en 3 jours pour la version parue dans Je Bouquine. Puis un mois de recherche et réflexion et encore plus d’un mois d’écriture, pour rajouter quelques pages à peine, pour la version Gallimard.

Où puisez-vous cette imagination ?
J’écoute et j’observe beaucoup le monde autour de moi. J’imagine des histoires pour chaque personne que je croise… surtout dans le métro, le train ou le bus !

Avez-vous un endroit précis pour écrire et utilisez-vous toujours le même matériel ?
Oui, j’écris toujours au deuxième étage de ma maison, et toujours sur un ordinateur posé sur un vieux scriban. J’ai une vue sur un tout petit bout de mer, mais surtout une autre, plongeante, sur un commissariat où je vois les policiers travailler. Ce qui est drôle, c’est que depuis que j’habite et travaille là, je n’ai toujours pas eu envie d’écrire une histoire policière !

Avez-vous rencontré des enfants nés sous X, ou avez-vous fait des recherches auprès des DASS ou d’autres associations ?
Même si j’ai des amis qui sont des enfants adoptés, je n’aime pas interroger mes proches. Je les vois vivre, cependant, et cela peut m’inspirer. Et j’ai fait des recherches, oui. Comme lorsque j’ai écrit sur la narcolepsie (La fille qui dort), j’ai contacté des gens sur Internet qui avaient déjà commencé à témoigner sur des forums. Je pense notamment à une jeune fille qui m’a beaucoup inspiré les lettres finales de Sophie.

Est-ce que le métier d’écrivain vous demande des sacrifices ?
Je crois que c’est surtout à mon entourage que cela en demande ! Parfois, je suis présente physiquement mais je suis complètement la tête dans mon histoire. J’imagine que ça ne doit pas être toujours très facile pour les autres !

Y aura-t-il une suite à L’été où je suis né ?
Non. Il m’a déjà été très difficile d’étoffer la version publiée dans JB. Je suis très contente de la version Gallimard, mais il me serait impossible d’aller encore plus loin. J’ai besoin qu’une histoire reste suspendue quelque part, qu’il reste des fils à dérouler dans la tête des lecteurs. J’aime laisser mes personnages toujours sur un sommet ou une brèche.

Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir écrivain ?
Je me demande surtout ce qui a pu me pousser à faire d’autres choses, avant ! Enfin, je le sais. On n’a pas toujours le choix et l’occasion d’exercer sa passion à plein temps. Ou bien, on n’y croit pas encore… Mais quand on le peut et qu’on ose y croire, pourquoi hésiter ?

Ecrivez-vous tous les jours ou seulement quand vous avez des « flashs » ?
J’écris tous les jours, mais pas forcément pour avancer un roman. J’ai besoin d’écrire quotidiennement, cela peut être de petits textes rien que pour moi, ou écrire à des amis. Mais si je suis lancée dans un roman (et cela peut être suite à un « flash », effectivement !), je l’avance un peu (ou beaucoup) tous les jours, c’est vrai. Si je ne peux pas écrire un jour, j’ai beaucoup de mal à reprendre le fil. J’ai besoin de rester dans une forme de bulle.

Comment vous êtes-vous organisée pour trouver la documentation sur la description des lieux ?
Pour L’été où je suis né, je n’ai pas eu besoin de me documenter concernant les lieux. Il m’a suffi de me rappeler ces petits villages que l’on traverse lorsque l’on cherche une rivière pour se rafraîchir, l’été. J’ai toujours beaucoup aimé les rivières, et toute la végétation qui les borde. Et j’adore y voir des enfants ou des plus grands y plonger, y s’amuser, y barboter ou y rêver.

Combien d’années d’études avez-vous dû faire pour exercer ce métier d’écrivain ?
En réalité, j’ai fait des études pour tout autre chose. Je n’imaginais pas du tout pouvoir publier des livres, avant que cela n’arrive un peu par hasard, alors que j’étais professeure des écoles. Je n’ai même pas fait d’études de lettres mais… d’informatique ! J’ai une licence de programmation analytique et d’Intelligence Artificielle, obtenue dans l’université la plus réputée en France dans ce domaine (ça en jette, non ? Mais ça ne me sert pas à grand-chose !).

Pourquoi ce titre ?
Au début, j’avais choisi celui-ci : La fille sur le muret. C’est l’éditrice de JB qui a trouvé le titre définitif, que je trouve très bien. Léo vit comme une seconde naissance, cet été-là.

Quel âge a Léo ?
J’ai fait exprès d’être floue à ce sujet. Disons qu’il a entre 13 et 16 ans. Chacun évolue tellement différemment à ces âges-là. Je ne sais pas à quel âge on peut le plus s’identifier à Léo. Cela dépend de chacun, je crois.

Léo va-t-il rencontrer sa vraie mère ? Va-t-il continuer à vivre chez ses parents adoptifs ou chez sa mère biologique ?
Vous me posez ces questions si souvent que je sens une vraie frustration ! Allez, je vous dis ce que j’en pense : je crois que Léo est si heureux avec ses parents adoptifs qu’il va, bien entendu, rester avec eux. Et je crois qu’il ne va même pas rencontrer sa vraie mère. Pour quoi faire ?
Mais libre à vous d’imaginer tout autre chose ! C’est bien pour cela que je me suis arrêtée là.

Florence Hinckel, auteur jeunesse

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