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Vous regardez autour de mes livres

le métier d’écrivain·e, c’est aussi…

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Le métier d’écrivain·e, c’est aussi, pour écrire une scène d’à peine 15000 signes, faire des recherches pendant 2 jours, et tomber sur des trésors qu’on n’aurait jamais découverts, sinon. 
La scène en question se déroule en 1962 et je n’aurais pas pu mieux tomber que sur ce documentaire de Chris Marker, le réalisateur (oui, celui de ce chef d’oeuvre qu’est *La jetée*…) et de Pierre Lhomme, le cameraman : *Joli mai*. Certes, il dure plus de 2h, mais il m’a donné des indications précieuses sur ce qu’était Paris juste après les accords d’Evian : ambiance, vêtements, coiffure, états d’esprit…
Quelle immersion… J’ai été particulièrement touchée par les mots du jeune ouvrier algérien, et par les propos d’ingénieurs-conseil qui pourraient tenir le même discours aujourd’hui (sur ces métiers qui ne consistent qu’à « tripoter l’information » et sur la difficulté des citoyens à se libérer du travail…).
Allez, il faut l’écrire cette scène, maintenant que j’en tiens l’ambiance, le contexte politique et les décors ; désormais le plus important est de trouver l’angle qui lui donnera toute sa saveur !
(Spoil : c’est pour le tome 2 de la Famille Papillon, dont le tome 1 paraîtra… en mai. Ce sera chez Casterman).


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Un démarrage renversant !

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*Renversante*, publié à l’école des loisirs depuis pas même un mois entier, a le bonheur de se voir proposé dans plusieurs listes d’ouvrages destinées à faire réfléchir à la place des hommes et des femmes dans la société (en excellente compagnie, bien entendu, n’hésitez pas à aller voir). 
Par exemple sur cette très intéressante page bourrée de conseils à destination des enseignant·es, Edumoov : https://blog.edumoov.com/l-egalite-filles-garcons-a-l-ecole/.
Mais aussi sur Lisons jeunesse : http://lisonsjeunesse.fr/…/3055_de-legalite-des-droits-une-….
Ou encore chez NosJuniors.com : http://www.nosjuniors.com/…/les-livres-jeunesse-qui-celebr…/.
Et tout ceci sans compter une quantité incroyable de coups de coeur, sur les blogs ou sur instagram. C’est la première fois qu’un de mes livres bénéficie d’avis aussi unanimes, c’est une très belle surprise ! Tout le monde vante aussi l’efficacité des illustrations de Clothilde Delacroix, ce que je valide totalement.
Merci à vous tous et toutes.

Edumoov
Nos Juniors
Lisons Jeunesse

Tout cela fait que depuis quelques jours, Renversante se trouve dans les 100 premières ventes du panel de librairies représentées par le classement Datalib, youpi !

Classement Datalib du 10 mars
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Vies entières internationales de lutte pour les droits des femmes (et on en a marre)

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« L’expérience d’être une femme, c’est l’expérience de se soumettre aux hommes. » (Manon Garcia)

Je trouve que c’est un bon jour pour vous parler de ma lecture en cours : un livre de philosophie intitulé On ne naît pas soumise, on le devient de Manon Garcia.
Ces derniers temps, les prises de conscience féministes sont nombreuses et fulgurantes, ça fait vraiment plaisir à voir cette évolution – bien qu’on soit vraiment loin de l’égalité, encore, et que tout ça n’est pas suffisant.
Mais une chose ne cesse pas de me stupéfier, c’est la résistance de nombreuses femmes elles-mêmes face à ce vent de libération (je n’y échappe pas non plus, mes propres réflexes acquis m’effraient parfois, m’interrogent souvent). Manon Garcia, en s’appuyant sur l’un des livres de philosophie le plus vendu au monde, le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, explique et démonte avec brio ce mécanisme bien huilé de la domination masculine (comme de toute domination) qui fait que les dominées en viennent elles-mêmes à défendre cette domination, et ce souvent en croyant défendre leurs propres droits.
Elle commence par expliquer que cette soumission « volontaire » est un impensé de la philosophie (seul De La Boétie l’a évoqué, mais sans l’expérience féminine), et que le pouvoir a toujours été pensé du point de vue de ceux qui l’ont.
Or c’est si difficile de comprendre que les dominées soient complices de leur soumission sans en être responsables qu’on ne peut pas se passer de la subtilité de la pensée philosophique, pour en sortir.
C’est pourquoi je trouve cet ouvrage absolument essentiel et fondateur d’un concept nouveau, qu’il faut relayer pour qu’on avance.
« Quand on est une femme, le comportement soumis est le comportement qui nous est prescrit et par conséquent, c’est le comportement pour lequel on est le moins puni socialement. » A méditer, aujourd’hui et tous les autres jours de l’année, pour qu’on n’ait, enfin, plus à lutter.

Si toutes ensemble on ne se laissait plus faire, tout changerait beaucoup, beaucoup plus vite, et on pourrait enfin ranger la journée du 8 mars aux oubliettes et ne plus perdre un temps infini à la lutte féministe, épuisante et chronophage.

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« Autrice », pas « auteure »…

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J’espérais ne plus avoir à en parler mais je lis de nouveau tellement de sottises à propos du mot « autrice » que je partage ceci ici. Il faut être abonné·e mais en résumé :

Il n’y a pas de formes féminines dérivées de substantifs masculins, les deux viennent d’un radical commun. « Danseuse » ne vient pas de « danseur » mais les deux viennent du radical « danse ».

Eliane Viennot

Ainsi, tous ces termes que l’on dit « féminisés », créés de façon aberrante à partir d’un terme masculin (comme si c’était la norme, et comme si les femmes n’en étaient que dérivées) sont d’un sexisme nauséeux, en plus d’être morphologiquement faux.
Le mot « auteure », en cela, est une véritable aberration morphologique ultra-sexiste. Je lis et entends encore que « ça sonne mieux » ou que c’est plus joli que « autrice », de la part de femmes elles-mêmes : réfléchissez plus avant… Songez à cela : les hommes accepteraient-ils d’être désignés comme des « autriceurs » ? C’est aussi aberrant et scandaleux que ça.


Pédagogie : le radical latin « auctor » qui signifie « qui pousse à agir » a donné le substantif masculin « auteur » et le substantif féminin « autrice » (la même racine a donné « acteur » et « actrice »).


Ce dernier terme (« autrice ») ayant été utilisé jusqu’au XVIIe siècle jusqu’à ce que l’Académie française le rejette sans aucune raison valable, il aurait été beaucoup plus élégant de leur part de le réhabiliter entièrement, aujourd’hui, au lieu d’accepter mollement aussi le mot « auteure », impropre à tout point de vue.
De plus, ils auraient dû parler de démasculinisation au lieu de féminisation des noms de métiers. Bref, comment faire un pas en avant mais un pas de crabe, avec leur habituelle mauvaise foi.


Bon, on s’en moque, à nous de nous approprier ce qui nous paraît juste et non-sexiste, au-delà (par pitié) des « c’est moche », « j’aime pas », « c’est pas musical », sentiments uniquement réglés par le manque d’habitude, et dernier argument de tous ceux et toutes celles qui refusent de laisser toute la place et la visibilité qu’elles méritent aux intellectuelles.

Pour prendre conscience de toutes ces absurdités sexistes qu’on accepte et qu’on ne voit même plus et qu’il est temps de combattre, lisez Renversante paru il y a quinze jours à L’école des Loisirs !

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Maîtriser la technique, c’est maîtriser le monde

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Il faut absolument prendre conscience que sans la maîtrise des outils technologiques, les femmes (et les autres populations minorées) se battent en grande partie inutilement pour leurs droits.
Cette maîtrise confère un pouvoir incroyable, que j’ai pu ressentir avec une joie qui m’a moi-même étonnée quand j’ai conçu et partagé mes outils fiscaux pour les auteurs et les autrices (un truc simple : un tableur converti en html, mais que peu d’écrivain·es savent faire), et que j’ai bien sûr veillé à rédiger entièrement en incluant la moitié féminine de l’humanité. J’avoue avoir ressenti une vraie jouissance à imaginer tous ces auteurs et toutes ces autrices que je savais rétives à l’inclusion ou ne serait-ce qu’au terme « autrice » contraintes d’utiliser cet outil inclusif pour pouvoir enfin comparer les régimes fiscaux à notre disposition, ou calculer leurs droits d’auteur ou d’autrice. Je me suis trouvée un peu perverse, profitant de mon pouvoir grâce à une compétence que d’autres n’ont pas, et pourtant c’est ce que font tous les jours depuis des années une bonne partie des 88% d’hommes informaticiens lorsqu’ils créent les logiciels que nous utilisons sans cesse (et devinez quoi, ce n’est pas dans le sens féministe).
Cet article l’explique une fois de plus (ce n’est pas le premier, et il faut qu’il y en ait davantage). Les filles, faites des études scientifiques, le pouvoir de changer les choses est (aussi, beaucoup) là !
Hier, le même Libé (bravo à eux, notamment aussi pour leurs hors-série sur les IA) proposait un autre article passionnant, expliquant qu’il fallait nourrir les IA avec les mythes grecs et toutes les oeuvres de littérature ou de cinéma qui parlent de transhumanisme (qui provient en droite ligne des mythes grecs, sachez-le), si on voulait leur apprendre un tant soit peu une forme d’éthique. Car on ne peut les laisser apprendre de nos seules pratiques. Gardons en mémoire ce chatbot qui en 2 heures de temps sur les réseaux sociaux est devenu affreusement sexiste et homophobe…
L’une des morales de cette anecdote édifiante, c’est que nous aurons toujours besoin de bonnes histoires, intelligentes et aux valeurs pro-humaines, et les IA encore plus que nous.

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** DANS LE MONDE DE RENVERSANTE**

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Suite à l’annonce de l’Académie Française sur la masculinisation des noms de métiers, une petite vague de réactions indignées a vu le jour sur les réseaux sociaux, de la part d’hommes eux-mêmes. 

Un exemple avec Martin, grande reporteuse : « Par pitié ne m’appelez jamais auteur ! C’est trop moche. La langue c’est de la musique, pas de l’idéologie, alors laissez-nous tranquille. Je suis une autrice, parce que c’est ce qui est le plus musical, un point c’est tout. »

Autre exemple avec Bruno, traductrice : « Non mais qu’est-ce qui est le plus réducteur : Jean-Paul Sartre est l’une de nos plus grandes autrices, ou bien Jean-Paul Sartre est l’un de nos plus grands auteurs ? Le second bien sûr, puisque le mot autrice, comme chacun sait, englobe les deux sexes. Donc arrêtons avec tout ça, c’est absurde. #Jesuisuneautrice »

Illustration de Clothilde Delacroix

En privé, Michel, autrice d’essais scientifiques, nous confie : « C’est déjà tellement difficile d’occuper une situation où les femmes sont majoritaires, mieux considérées et mieux payées, on a déjà tellement de mal à faire notre trou, que se faire appeler auteur, c’est suicidaire, vous comprenez. On a envie d’être des autrices comme les autres, pour avoir une chance qu’elles nous acceptent parmi elles. Et puis surtout, je n’ai pas envie de les braquer, vous imaginez, elles pourraient me blacklister si je m’affichais comme hoministe. Alors que quand je revendique le mot autrice pour moi-même, je vois bien leurs yeux qui brillent de contentement, là enfin elles sont prêtes à m’écouter un peu. Nous fondre dans la majorité dominante en la caressant dans le sens du poil, c’est notre seule chance de grimper les échelons».

Cela brisera-t-il le plafond de verre pour autant ? Certains hoministes affirment que ça l’épaissit au contraire. 
En attendant rappelons que chacune (et chacun !) est libre de se faire appeler comme elle le souhaite : autrice bien sûr, autriceur qui est l’acception masculine la mieux acceptée, ou même auteur pour les plus courageux !

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