Vies entières internationales de lutte pour les droits des femmes (et on en a marre)

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« L’expérience d’être une femme, c’est l’expérience de se soumettre aux hommes. » (Manon Garcia)

Je trouve que c’est un bon jour pour vous parler de ma lecture en cours : un livre de philosophie intitulé On ne naît pas soumise, on le devient de Manon Garcia.
Ces derniers temps, les prises de conscience féministes sont nombreuses et fulgurantes, ça fait vraiment plaisir à voir cette évolution – bien qu’on soit vraiment loin de l’égalité, encore, et que tout ça n’est pas suffisant.
Mais une chose ne cesse pas de me stupéfier, c’est la résistance de nombreuses femmes elles-mêmes face à ce vent de libération (je n’y échappe pas non plus, mes propres réflexes acquis m’effraient parfois, m’interrogent souvent). Manon Garcia, en s’appuyant sur l’un des livres de philosophie le plus vendu au monde, le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, explique et démonte avec brio ce mécanisme bien huilé de la domination masculine (comme de toute domination) qui fait que les dominées en viennent elles-mêmes à défendre cette domination, et ce souvent en croyant défendre leurs propres droits.
Elle commence par expliquer que cette soumission « volontaire » est un impensé de la philosophie (seul De La Boétie l’a évoqué, mais sans l’expérience féminine), et que le pouvoir a toujours été pensé du point de vue de ceux qui l’ont.
Or c’est si difficile de comprendre que les dominées soient complices de leur soumission sans en être responsables qu’on ne peut pas se passer de la subtilité de la pensée philosophique, pour en sortir.
C’est pourquoi je trouve cet ouvrage absolument essentiel et fondateur d’un concept nouveau, qu’il faut relayer pour qu’on avance.
« Quand on est une femme, le comportement soumis est le comportement qui nous est prescrit et par conséquent, c’est le comportement pour lequel on est le moins puni socialement. » A méditer, aujourd’hui et tous les autres jours de l’année, pour qu’on n’ait, enfin, plus à lutter.

Si toutes ensemble on ne se laissait plus faire, tout changerait beaucoup, beaucoup plus vite, et on pourrait enfin ranger la journée du 8 mars aux oubliettes et ne plus perdre un temps infini à la lutte féministe, épuisante et chronophage.

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