soyons éclectiques (en toute lucidité)

Publié sur 3 min. de lecture

Petit message avant une pause (toute relative, en tout cas pause internautique), d’abord pour envoyer mes pensées tristes vers Berlin… Ensuite pour vous souhaiter à vous tous qui me lisez d’excellentes fêtes de fin d’année, je dirais même encore meilleures que d’habitude vu le contexte, et puis pour partager avec vous une ode à l’éclectisme. Oui tout à fait. Tout est en lien, d’ailleurs.

Pourquoi ? Parce que l’élitisme me hérisse, m’écrase, et fait passer des chefs d’oeuvre classiques pour des oeuvres inaccessibles et, disons-le, chiantes au possible. Surprise totale quand je m’y suis mise de découvrir combien Flaubert, Balzac ou Proust avaient d’humour, par exemple (qu’on peut nommer « avoir de l’esprit » avec un petit doigt en l’air). Combien Céline parlait au et du peuple (incroyable que ce soient les hautes sphères qui se le soient approprié). Etc, etc, etc… Une forme d’annexion des oeuvres les plus puissantes et passionnantes de notre patrimoine, au profit d’une minorité (qui d’ailleurs en parle beaucoup sans les lire vraiment, qui plus est). Vraiment aucun besoin d’autodafé, hélas…

Mais également parce que d’autres chefs d’oeuvre sont sous-estimés (par les mêmes, d’ailleurs mais comme ils parlent beaucoup on n’entend qu’eux), parce qu’ils sont catalogués en sous-genres, ou à destination des mioches ou ados, vous savez ces catégories de la population qui n’aiment que la nourriture à cochon, c’est bien connu. SF, polar, BD ou littérature jeunesse (qui n’est pourtant pas un genre), même combat.

Mais encore parce que la médiocrité me plombe, m’attriste, me vide. Et qu’au milieu de cet élitisme et de ce mépris, elle fait son lit tout tranquillement. On lui dresse même une voie royale. Et parce que médiocrité peut rimer avec obscurantisme. On y plonge, on y nage déjà, veillons à ne pas nous y noyer.

C’est dans cet esprit que je souhaite une meilleure représentation dans les médias des oeuvres de qualité hélas méprisées, pourtant diablement contemporaines et pour cette raison plus accessibles que les classiques qui peuvent faire peur à certains, et que je me réjouis sincèrement quand c’est le cas, pour que la vraie médiocrité recule, et la pénombre grandissante qui l’accompagne, et dont on voit la grande cape s’abattre en divers endroits du monde, que ce soit à Alep ou à Berlin, ou plus « subtilement » sur la campagne présidentielle de notre pays.

En cette période de cadeaux de Noël, soyons donc éclectiques, mais en toute lumière, avec discernement, et sans jugement a priori de genre ou de classe d’âge. Pour cela, faites confiance à vos libraires physiques plus qu’à vos libraires virtuels (dont les conseils ne se basent que sur les meilleures ventes).

Pour illustrer mon propos, voici les dernières pages de mon Grand Saut, (que vous ne pouvez pas offrir à Noël puisque pas encore paru – flûte, pas vrai ?) où je me suis lâchée niveau citations ! Et j’avoue une certaine fierté de voir côte à côte Blaise Pascal, Atomic Betty, Coldplay et Arthur Rimbaud, entre beaucoup d’autres.

 

 

 

(J’avoue également que c’est un peu aussi pour vous mettre encore davantage l’eau à la bouche avant sa sortie le 5 janvier !)

Profitez bien de vos proches en ce bout d’an…

(Et puis tenez, on parle de Traces dans J’aime Lire Max de décembre 2016)

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1 Commentaire
  • Marine Carteron
    21 décembre 2016

    Un grand merci pour ce billet qui traduit à merveille ce que je pense depuis un moment : Ras-le-bol qu’on (qui que soit ce « on » d’ailleurs) nous dise ce qui « est » ou « n’est pas » littérature, ce qu’on « doit » ou pas, lire et « comment » on doit le lire :-).
    Révolution !!!!

    Plein de bises et bonnes fêtes de fin d’année

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