toute la semaine en Andorre + dernières lectures : ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, La balade de Pell Ridley, Ne t’arrête pas

Publié sur 4 min. de lecture

Demain je passerai la journée dans le train (je devrais compter combien de journées entières je passe dans les trains en une année !), pour me rendre en Andorre, comme en 2013, afin de rencontrer des classes de collège.  L’emploi du temps sera dense ! Et heureuse de retrouver ce beau paysage de montagnes.

Un petit point sur mes dernières lectures.

D’abord The creative writing no-guide de Mat Olbren, traduit par François Bon et publié au Tiers livre. Il s’agit du polycopié distribué aux élèves d’ateliers d’écriture de Olbren. Lecture jouissive, parce que l’homme est fou, de cette folie créative qui permet que l’écriture soit la vie, tout simplement. J’ai souvent ri et souri, et il est toujours intéressant de se pencher sur la façon d’écrire américaine, dont on est assez proches en littérature pour adolescents, en France. Je déplore juste que certains éditeurs résistent encore devant l’évidence que le style doit être aussi vivant et juste que l’architecture du texte, pour les ados, ce qui fait tendre certains textes vers une platitude tristounette, censée être lisible par tous (id est : même par le cancre au fond de la classe, là, yeux vides et bouche ouverte avec bave sur le menton). Mais ça change, ça change, et ça change bien en littérature ado.

(NB : au moins une relecture du traducteur et éditeur aurait dû être opérée pour éviter coquilles et répétitions. Il y a même deux fois le même chapitre. Est-ce le prix à payer pour une lecture numérique – pourtant payante aussi ?)

C’est le point de vue d’une enfant dans ce classique de la littérature américaine que j’ai ensuite dévoré : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee.

 

 Très admirative du tour de force littéraire qui semble sans effort : faire parler une adulte de ses souvenirs d’enfant, tout en étant totalement immergée dans cette enfance d’une justesse absolue, et tout en faisant aussi sentir et comprendre les enjeux adultes qui pèsent sur elle et qui forment une espèce de trame policière. Dans le mélange des genres, on peut difficilement faire mieux. Magnifiques personnages d’enfants et de père. Histoire exemplaire. Humanité à mille pour cent. Comment n’est-ce pas davantage connu en France ?

J’ai embrayé sur de la littérature pour ados, dont je me régale toujours autant. Et d’abord par mon auteur chouchou, Meg Rosoff. La Balade de Pell Ridley.

 

Passionnant et beau. Personnage féminin très fort et tout en nuances. Cruauté, âpreté, et toute une époque restituée. Elle est forte, décidément, Rosoff, et sait écrire toujours un roman très différent de ses romans précédents.

Puis, dans un tout autre genre, Ne t’arrête pas, de Michelle Gagnon.

 

Là, c’est l’efficacité qui prime. Et le pari est réussi. On est accroché jusqu’à la dernière page. En modeste geek, j’ai apprécié que cela paraisse crédible dans le domaine informatique. Les deux personnages principaux sont attachants même s’ils flirtent parfois avec les stéréotypes, et les indices semés sont intrigants. J’ai été ravie sur le moment d’avoir été emportée par cette histoire, puis peu après c’est un peu retombé à cause du dénouement complotiste amené peut-être rapidement (?). L’idée des expériences sur enfants errants, bien exploitée par exemple dans l’excellent A la croisée des mondes, m’est apparue assez gonflée dans un univers réaliste et contemporain. Pourquoi pas ? On a vu pire dans la vraie vie, mais j’aimerais bien que  le tome 2 sache nouer et dénouer l’intrigue avec davantage de… je ne sais pas trop ce qui manquait cette fois… Subtilité et consistance ? Crédibilité ? Difficile de savoir ce qui m’a dérangée, et c’est peut-être subjectif. Je  lirai en tout cas le tome 2 car ce premier tome a réussi à m’accrocher. Dernier bémol : publicité forcenée pour Apple, l’héroïne se rendant à l’Apple Store comme à la boulangerie (une fois, ça va, on comprend pour la crédibilité contemporaine, mais au-delà, hum…). Bref, tout de même un excellent roman de genre, d’après moi.

J’ai fait le lien avec une très bonne série diffusée sur Arte : The Code. Geeks et complot, là aussi, et j’ai adoré même si c’est difficile de rendre les moments passés devant un ordi hyper passionnants et glamour. En parlant de série Arte, j’ai beaucoup ri avec The wrong man’s, la semaine dernière, un bijou d’humour anglais !

 

 

 

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4 Commentaires
  • Gaël Aymon
    11 avril 2015

    Ah la la! Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur! Je l’avais lu en anglais. Un chef d’œuvre dont je suis sûr qu’écrit aujourd’hui, il serait un roman jeunesse!

    • FH
      12 avril 2015

      Ah oui il serait certainement publié en « jeunesse », aujourd’hui en France, en tout cas.

  • Karina
    12 avril 2015

    Bonjour Florence,
    Nous vous attendons avec impatience en Andorre. Nos élèves ont adoré votre roman « L’été où je suis né »!!! Hâte de vous rencontrer et de vous connaitre personnellement…

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