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Vous regardez art

hésitations…

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Sans cesse hésiter entre…

 le retrait…

l’envol…

la provocation…

le témoignage…

la résignation…

l’oubli du monde autour…

le désarroi…

la fuite…

Et un jour…

… rencontrer la dignité.

 

Juul Hondius, Izis, film Le Ballon rouge, Ralph Gibson…

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chut

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Aussi (lisez mes articles comme une frise), cet été sera celui du retour aux sources, reposant et profond, de mon amour pour les images. Ce blog sera le temps d’une vacance un atelier au repos. Un repos illusoire et faux, bien entendu.

(Atelier de Saul Leiter)

C’est toujours un regard au travers de la lucarne (même si ce terme de lucarne, qui était utilisé pour la télévision, n’a pas trouvé de justification pour les réseaux sociaux qu’on pratique pourtant toujours face à un écran aux contours définis. C’est qu’ils n’ont jamais été seulement un oeilleton, ils se veulent la vie même, souhaitant nous happer pour qu’on fasse tomber la cloison autour du trou).

(Nan Goldin)

Faire demi-tour, tourner le dos à la fascination, courir et plonger dans un espace qui crée un vrai choc thermique et corporel. Eprouver qu’il existe encore une pratique de l’immersion air/mer où les appareils technologiques ne résistent pas, rouillent, s’enrayent, s’abîment, paraissent si petits soudain, dérisoires. Qui sait si ce n’est pas ainsi que nous tombons dans le monde d’Alice, en tournant le dos au miroir au lieu de l’enjamber ? Quel est le monde rêvé ?

(Narelle Autio)

Ne rien dire, ne rien attendre. Juste entendre le vent et la mer. Le grondement du monde au loin. Dire au revoir aux petitesses de la vraie vie de l’autre côté du miroir.

 

S’éloigner sans prévenir. Pour se rapprocher.

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cadrages et regards

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De la photo prise le jour de son mariage, en 1931,

 

le photographe André Kertesz a choisi, pour qu’elle soit exposée, de recadrer l’image…

… afin de n’en garder que sa main posée sur l’épaule d’Elizabeth, sa femme, mais aussi la moitié de son regard à elle, qui le regarde lui de façon indirecte (photographie prise au retardateur), de façon amoureuse, et nous regardant nous public de la photo, troublé par cet amour. Le regard du photographe est absent du champ, car déjà tellement présent, dans ce recadrage ; regard amoureux, aussi, troublant, également.

(Tout se mélange un peu en moi, il y a aussi les représentations amoureuses de Monet pour Camille, jusqu’à sur son lit de mort aux mouvements semblables à ceux de la débâcle, et souvenirs aussi de la femme de Bonnard, tant aimée également, assoupie, indolente, dans son bain, toujours jeune.

 

)

Je regarde l’image entière,

… un peu artificielle parce qu’endimanchée, dans laquelle transpire pourtant tout cet amour, qu’André a choisi de recadrer, suivant ce qui le touchait le plus, très certainement. Il existe plusieurs épreuves où l’on voit le tâtonnement des recadrages successifs, jusqu’au définitif, le plus efficace selon lui. Mais même le tâtonnement est beau : que garder de nous, mon amour ? Mais peut-être encore davantage : qu’en montrer au reste du monde ?

Je regarde ces images, tout en me disant que ce qui me touche moi dans l’image initiale est différent de ce qui le touchait lui.

Ce qui me touche infiniment, personnellement, c’est l’expression du visage d’André. Le regard, le sourire doux. Le double regard (photographe et sujet). Le double regard d’Elizabeth, qui porte davantage une intention, qui plonge dans André l’artiste, celui qui a appuyé sur le bouton du retardateur, l’André d’il y a dix secondes, dégagé de son enveloppe charnelle, qui désormais l’enveloppe de son bras. Elle sent son corps posé sur elle, mais elle voit aussi l’homme en dedans, celui d’avant, celui d’après, ses fantômes passés et futurs (c’est cela, l’amour). Mais on lit aussi dans son regard une ironie, un jeu de non-dupe : « je sais que tu risques de nous montrer au monde entier« , et dans le même regard : « j’entre chez vous, et en vous, ô public », reflétant ainsi avec bravoure la problématique constante de tout proche d’artiste, sous forme de douce résistance, ou de ferme docilité… car tout artiste est cannibale… ou vampire.

Touchée également par la naissance de ses cheveux à lui, et par le soin qu’il mit, auparavant, à les coiffer. (La naissance des cheveux des hommes est émouvante, je trouve, leur implantation, l’idée qu’ils poussent à chaque minute un tout petit peu, l’idée que le cheveu vit, et qu’il meurt, aussi – l’absence de cheveux peut ainsi, aussi, être émouvante).

Il me vient des idées de cadrage toutes personnelles (qui trahissent son discours, livré via son choix de cadrage à lui) :

Car il y a aussi la courbe de cette épaule, ronde, enveloppante et tournée vers elle. Accueillante, abandonnée, sans défense, sans méfiance. Et puis l’oreille aussi : je t’écoute, aimée.

Même sentiment très exactement avec la jambe fléchie, passée sous l’autre, qui menace de le faire basculer. Vers (sur) elle.

Dans la pose un peu factice, les deux mains prennent pourtant cet abandon naturel et confiant, dans la même direction. La main d’André frôle la cuisse d’Elizabeth. Il la caresse peut-être du pouce, doucement.

Il y a enfin les boutons soigneusement boutonnés. Et la cravate. Tout ce qui, après la photo, dans l’intimité, se dénouera, et tombera enfin à terre, en une pose désordonnée…

… tout comme l’état d’esprit dans lequel nous laisse son cliché.

(Elisabeth and I, série de photographies d’André Kertesz, souvenirs d’une exposition, et échos d’une réflexion sur le cadrage d’une oeuvre, et la lecture qui en est faite – réflexion sur la photographie applicable à la littérature)

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par la fenêtre

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« Et voilà l’histoire de saint Julien l’Hospitalier, telle à peu près qu’on la trouve, sur un vitrail d’église, dans mon pays.  » Gustave Flaubert

Déjà, à Assise, j’avais été beaucoup amusée, en plus d’éblouie, par la « bande dessinée » de Giotto, qui raconte sous forme de fresques la vie de Saint-François. Vous savez, Saint-François, celui qui parlait aux oiseaux (mais oui, vous savez, enfin il n’y a pas que Virginia Woolf qui était en entente spéciale avec les oiseaux).

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Lui c’est Saint François par Giotto

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Elle c’est Virginia Woolf

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Ca c’est un oiseau

 

Mais si vous suivez ce lien vous pourrez suivre une autre « bande dessinée », relatant l’histoire de Saint Julien L’Hospitalier, sur un vitrail de la çathédrale de Rouen : c’est ici. C’est très bien fait.

Cela dit, Flaubert s’est peut-être davantage inspiré pour son conte (lisez Les trois contes, c’est merveilleux) d’un vitrail de l’église de Caudebec-en-Caux. On n’est pas sûrs.

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Savoir que Julien, d’après Flaubert, n’était pas spécialement l’ami des oiseaux (ni d’aucune autre bête), lui :

« Un matin, comme il s’en retournait par la courtine, il vit sur la crête du rempart un gros pigeon qui se rengorgeait au soleil. Julien s’arrêta pour le regarder; le mur en cet endroit ayant une brèche, un éclat de pierre se rencontra sous ses doigts. II tourna son bras, et la pierre abattit l’oiseau qui tomba d’un bloc dans un fossé. 

Il se précipita vers le fond, se déchirant aux broussailles, furetant partout, plus leste qu’un jeune chien. 

Le pigeon, les ailes cassées, palpitait, suspendu dans les branches d’un troène. 

La persistance de sa vie irrita l’enfant. Il se mit à l’étrangler; et les convulsions de l’oiseau faisaient battre son coeur, l’emplissaient d’une volupté sauvage et tumultueuse. Au dernier roidissement, il se sentit défaillir. »

Sinon, pour revenir de façon anarchique à Saint François, ça aussi c’est à lire, je vous assure que c’est souvent drôle (même pour une athée comme moi), surtout l’histoire du loup de Gubbio :

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Quoi qu’il en soit, au terme de cette note-fouillis, ne peut-on pas affirmer qu’après les bisons et chasseurs des peintures rupestres, se sont les saints qui furent parmi les premiers héros de bande dessinée, en tout cas par nos contrées ? Et que les oiseaux ont peut-être des choses à dire ? C’étaient mes réflexions du lundi matin, issues d’une errance artistique nécessaire entre deux sessions d’écriture. J’y retourne. Pas exclu que quelques oiseaux figurent dans une scène ou deux.

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l’artiste se vous regarde parle

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Je continue ma déambulation estivale, cette fenêtre ouverte dans la maison de mon blog. Que l’on ne s’y trompe pas, si j’évoque d’autres arts, c’est toujours une réflexion littéraire. Il s’agit toujours de s’adresser au monde et à soi-même tout à la fois. Comment s’y prennent les autres ? Qu’est-ce qui est le plus touchant ? Plus qu’une déambulation, ne serait-ce pas une quête ?

En peinture, cette fois-ci, voici des autoportraits, intenses et étonnants :

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1595, Esther Inglis Kello

 

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1904, Marie Laurencin

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1912, Helene Schjerfbeck

1913-Laura-Knight

1913, Laura Knight

1923-Annie-Hilda-Carline

1923, Annie-Hilda Carline
1924-Andree-Bosquet

1924, Andree Bosquet
1927-Sarah-Afonso

1927, Sarah Afonso

 

1928-Angeles-Santos-Torroella

1928, Angeles Santos Torroella

1928-Maria-Magdalena--Maggie--Laubser

1928, Maria-Magdalena Maggie Laubser

 

1932-33-Charley-Toorop

 

1932-33, Charley Toorop

 

MMT 156737 Self Portrait, 1885 (oil on canvas) Morisot, Berthe (1841-95) MUSEE MARMOTTAN MONET, PARIS, ,

1885, Berthe Morisot

Et ma préférée, Frida Kahlo :
Frida-Kahlo-Autoportrait-1947-01a

1947

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Ici il ne s’agit que de son deuxième tableau, elle avait 19 ans.

« Le surréalisme est la surprise magique de trouver un lion dans un placard, là où on était sûr de trouver des chemises. » Frida Kahlo

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